vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOURNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 octobre 2023 et le 2 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Tournier, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juin 2023 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de lui renouveler sa carte de résident de dix ans ainsi que la décision par laquelle elle a implicitement rejeté son recours gracieux présenté le 18 juillet 2023 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une carte de résident de dix ans en qualité de parent d'enfants français, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont dépourvues de motivation en méconnaissance de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles méconnaissent la procédure contradictoire ;
- la décision de refus de renouvellement est entachée d'un vice de procédure pour défaut de saisine de la commission du titre de séjour, d'une part, au regard de sa présence en France depuis plus de dix ans, d'autre part, dans la mesure où il remplit les conditions pour se voir délivrer une carte de résident de plein droit en qualité de parent d'enfants français, et enfin parce que le préfet s'est fondé sur le motif tiré de la menace pour l'ordre public ;
- sa demande de renouvellement de carte de résident n'est pas tardive ;
- la menace à l'ordre public n'est pas opposable à une demande de renouvellement de carte de résident ;
- la menace grave à l'ordre public n'est pas caractérisée ;
- il remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit une carte de résident en application de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 17 juillet 2024, la préfète du Loiret, représentée par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Toullec.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, né le 3 avril 1977, est entré en France en 1986, selon ses déclarations, avec l'ensemble de sa famille. Le 11 août 1993, il s'est vu délivrer une carte de résident de dix ans, valable du 3 avril 1993 au 2 avril 2003, renouvelée deux fois et valable jusqu'au 2 avril 2023. Il a présenté une demande de renouvellement de sa carte de résident. Par une décision du 8 juin 2023, la préfète du Loiret a rejeté sa demande mais lui a délivré un titre de séjour temporaire d'un an. M. B demande l'annulation de la décision du 8 juin 2023 lui refusant la délivrance d'une carte de résident de dix ans ainsi que de la décision implicite rejetant son recours gracieux présenté le 18 juillet 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la nature de la décision du 8 juin 2023 :
2. Aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Sous réserve des dispositions des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire () ". Lorsque le préfet est saisi d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour après l'expiration des délais précités, cette demande doit être regardée comme tendant à la première délivrance d'un titre de séjour de même nature que le précédent.
3. La carte de résident, autre que celle délivrée aux étrangers auxquels la qualité de réfugié a été reconnue ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été accordée, ne figure pas dans la liste mentionnée à l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 pris pour l'application de dispositions de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la demande de renouvellement de la carte de résident de M. B devait être présentée dans le courant des deux derniers mois précédents l'expiration de son précédent titre, ce qu'admettent, au demeurant, les parties.
4. Il ressort des pièces du dossier que la carte de résident dont le requérant était titulaire venait à expiration le 2 avril 2023. Le requérant soutient qu'il n'est pas parvenu à obtenir un rendez-vous sur la plateforme en ligne de la préfecture et a écrit directement aux services compétents afin d'obtenir un rendez-vous. Il produit un échange de mail avec la préfecture dont il ressort qu'il a contacté la préfecture le 24 février 2023 et que la préfecture lui a répondu le 28 février suivant lui indiquant regretter la situation dont il faisait part et que " la prise rdv sur le site internet () est gratuite et que de nouveaux créneaux sont publiés fréquemment ". Par un courrier du 28 février 2023, la préfecture a informé M. B que " dans le cadre de sa demande de titre de séjour ", il était invité à se présenter le 6 avril 2023 muni de la fiche de renseignements remplie et signée, jointe au courrier, et des pièces justificatives demandées. Il ressort des pièces du dossier que la fiche de renseignements a été remplie et signée le 4 avril 2023 et le requérant s'est vu délivrer un récépissé de demande de titre de séjour valable du 5 avril au 4 octobre 2023. La préfète ne conteste pas que le requérant s'est manifesté le 24 févier 2023 pour renouveler sa carte de résident. Eu égard aux dates du mail du requérant et du courrier de convocation, alors même que le récépissé de demande de titre a été délivré le 5 avril 2023, soit trois jours après l'expiration de la carte de résident dont M. B était titulaire, celui-ci justifie avoir débuté la procédure de renouvellement de sa carte de résident plus d'un mois avant la fin de sa validité. Contrairement à ce qu'a estimé la préfète, la demande du requérant devait être regardée non comme une première demande de délivrance d'une carte de résident mais comme une demande de renouvellement de sa carte de résident.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 8 juin 2023 :
5. En application de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cité au point 2, une carte de résident est renouvelable de plein droit sous réserve des dispositions de l'article L. 411-5 qui concernent les étrangers ayant quitté le territoire français et résidé à l'étranger pendant une période de plus de trois ans consécutifs, et de l'article L. 432-3, qui, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué, concerne les étrangers vivant en état de polygamie ou ayant été condamnés pour avoir commis, sur un mineur de quinze ans, l'infraction de violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ou s'en étant rendu complice. Il en résulte qu'aucune restriction n'est prévue au renouvellement de la carte de résident tenant à l'existence d'une menace à l'ordre public. Dès lors, la préfète ne pouvait légalement opposer à M. B l'existence d'une menace pour l'ordre public pour justifier le rejet d'une demande de renouvellement de sa carte de résident. Le requérant est ainsi fondé à soutenir que la préfète a commis une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 8 juin 2023 de la préfète du Loiret refusant de renouveler la carte de résident de dix ans de M. B, ainsi que, par voie de conséquence, la décision implicite par laquelle elle a rejeté son recours gracieux doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement implique nécessairement que la préfète du Loiret délivre à M. B une carte de résident de dix ans. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui fixer pour ce faire un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 juin 2023 de la préfète du Loiret refusant de renouveler la carte de résident de dix ans de M. B, ainsi que la décision implicite par laquelle elle a rejeté son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de délivrer à M. B une carte de résident de dix ans dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
Hélène LE TOULLEC
Le président,
Frédéric DORLENCOURTLa greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2304177
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026