lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304274 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL JF MORTELETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Mortelette, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2023 du préfet de Loir-et-Cher portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois, fixation du pays de destination et fixation des obligations de présentation aux autorités de police ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 du préfet de Loir-et-Cher portant assignation à résidence à son domicile, interdiction de quitter le territoire du département et fixation des obligations de présentation aux autorités de police ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer, sous astreinte, le titre de séjour sollicité ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros au titre de ses frais de défense.
Il soutient que :
- l'arrêté du 1er août 2023 n'émane pas d'une autorité compétente ;
- cet arrêté ne lui a pas été notifié ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché l'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de son état de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lacassagne, président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1 à L. 777-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lacassagne a été lu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant centrafricain, est entré en France le 29 septembre 2018 et a sollicité l'asile. Après le refus de la protection asilaire, il a bénéficié d'un titre de séjour en raison de son état de santé pour la période du 20 décembre 2021 au 25 octobre 2022. Il a sollicité, le 8 novembre 2022, le renouvellement de ce titre de séjour puis, dans le cadre d'une réponse à l'invitation de l'administration à présenter ses observations sur l'avis défavorable des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, M. B a sollicité le 21 févier 2023 un changement de statut au profit de celui de salarié. Par un arrêté du 1er août 2023, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de délivrer un titre de séjour, fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois, fixé le pays de destination et fixé des obligations de présentation aux autorités de police. Puis, par un arrêté du 13 octobre 2023, le préfet de Loir-et-Cher a assigné M. B à résidence à son domicile, fait interdiction de quitter le territoire du département et fixé des obligations de présentation aux autorités de police. M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
La compétence du magistrat désigné :
2. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. B a fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et assignation à résidence. La formation de droit commun du tribunal reste saisie des conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, des conclusions accessoires à ces dernières ainsi que de celles relatives au frais de l'instance.
La fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision () ".
4. Il est constant que l'arrêté du 1er août 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et fixation du pays de destination, a rappelé à l'intéressé, en application de ces dispositions, que le délai de recours à son encontre était de trente jours. Il ressort, par ailleurs, des pièces versées au dossier par le préfet de Loir-et-Cher, que cet arrêté a été notifié, accompagné de la mention complète des voies et délais de recours, à l'adresse indiquée par M. B dans sa demande de titre de séjour et dans sa réponse du 21 février 2023. Si le pli a été retourné à l'administration par La Poste avec la mention " Pli avisé non réclamé ", la notification doit être regardée comme régulièrement délivrée à M. B le 2 août 2023, date de présentation du pli à son domicile. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et fixation du pays de destination, qui n'ont été enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Orléans que le 19 octobre 2023, sont tardives et donc irrecevables. Elles ne peuvent donc qu'être rejetées.
Les conclusions dirigées contre l'arrêté portant assignation à résidence :
5. M. B n'articule aucun moyen à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 octobre 2023. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le rejet des conclusions du requérant à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et fixation du pays de destination ne peut qu'être sans incidence sur la régularité et le bien-fondé de l'arrêté portant assignation à résidence à son domicile, interdiction de quitter le territoire du département et fixation des obligations de présentation aux autorités de police. Les conclusions dirigées contre cet arrêté ne peuvent donc qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. B tendant, d'une part, à l'annulation de l'arrêté du 1er août 2023 du préfet de Loir-et-Cher en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois, fixation du pays de destination et fixation des obligations de présentation aux autorités de police et, d'autre part, à l'annulation de l'arrêté du 13 octobre 2023 du même préfet portant assignation à résidence à son domicile, interdiction de quitter le territoire du département et fixation des obligations de présentation aux autorités de police sont rejetées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est renvoyé en formation de droit commun.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
Denis LACASSAGNE
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026