mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | CABINET DUPLANTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2023, Mme D B, représentée par Me Gaëlle Duplantier, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2023 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et fixant le Bénin comme pays de destination de sa reconduite ;
2) d'enjoindre à la préfète du Loiret de l'admettre au séjour le temps de procéder à un nouvel examen de sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard à partir du délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que l'obligation de quitter le territoire est entachée de détournement de pouvoir, d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, la préfète du Loiret, représentée par Me Johan Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 24 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Duplantier, avocate de Mme B, et de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante béninoise née le 17 juin 1991, a déclaré être entrée en France en mai 2023 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 13 mai 2023 au 26 juin 2023. Le 18 octobre 2023, elle a été entendue par les services de la direction interdépartementale de la police aux frontières d'Orléans. Par l'arrêté attaqué du 18 octobre 2023, la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours à destination du Bénin.
2. En premier lieu, la requérante soutient que l'obligation de quitter le territoire est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elle a été convoquée par la police aux frontières le 18 octobre 2023 pour l'entendre sur le projet de reconnaissance de son enfant à naître par un ressortissant de nationalité française et que l'arrêté lui a été notifié le jour même de son audition le 18 octobre 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des motifs de l'arrêté attaqué, que la préfète, en prenant l'obligation de quitter le territoire, a voulu mettre fin à la situation irrégulière sur le territoire national dans laquelle se trouvait la requérante, qui n'avait effectué aucune démarche auprès des services préfectoraux en vue de régulariser son droit au séjour depuis son entrée sur le territoire français, et non faire obstacle à la reconnaissance par le père de son enfant à naître. La circonstance que l'arrêté litigieux a été pris le jour où, à la demande de la procureure de la République d'Orléans, les services de police ont entendu l'intéressée, ne saurait établir à elle seule l'intention de la préfète de faire obstacle à la reconnaissance de paternité. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la requérante, la préfète n'a pas agi dans la précipitation dans la mesure où il s'est écoulé environ trois mois entre la démarche en reconnaissance de paternité engagée le 8 juillet 2023 par M. C A, ressortissant français, auprès des services d'état civil d'Orléans et l'intervention de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir ne peut être accueilli.
3. En deuxième lieu, la requérante ne peut, en tout état de cause, se prévaloir des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que ne peut, sous certaines conditions, faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire l'étranger qui est père ou mère d'un enfant français dès lors que son enfant n'est pas né à la date de l'arrêté attaqué, à laquelle doit s'apprécier la légalité de cet arrêté.
4. Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. En se prévalant de ces stipulations, la requérante soutient qu'elle entretient une relation de longue date avec M. A, ressortissant français, résidant en France, qu'elle a fortuitement découvert lors de son séjour en France qu'elle était enceinte de ce dernier et qu'elle a dès lors vocation à être la mère d'un enfant français et à être protégée contre une mesure d'éloignement. Toutefois, elle est entrée très récemment en France, le 14 mai 2023, et s'est maintenue sur le territoire français à l'expiration de son visa sans chercher à régulariser sa situation administrative. Par ailleurs, elle n'établit pas que sa relation avec M. A, qui entend reconnaître son enfant à naître, est ancienne et stable alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'ils ne résident pas ensemble. En outre, elle ne conteste pas ne pas être dépourvue de liens familiaux dans son pays d'origine dans lequel réside, notamment, son fils mineur et avec lequel elle n'établit pas ne plus avoir de relations. La requérante ne peut utilement se prévaloir de la naissance, prévue au mois de décembre 2023, de son enfant dès lors que la légalité de la décision attaquée doit être appréciée à la date à laquelle est intervenue. Par suite, l'arrêté attaqué ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il suit de là que, compte tenu notamment des conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressée, l'arrêté attaqué ne méconnait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de la requérante.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel DELANDRE
La greffière,
Florence PINGUET-COMMEREUC
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026