mercredi 13 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 6 novembre 2023, le 29 janvier 2024 et le 16 février 2024, M. A C, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire et les décisions de retrait de points qui y sont mentionnées ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconstituer le capital de points de son permis de conduire, dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu l'information préalable des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la preuve du caractère définitif de la condamnation prononcée par jugement du 17 avril 2019 n'est pas rapportée.
Par un mémoire enregistré le 15 janvier 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande au tribunal de constater un non-lieu partiel et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- des points ont été restitués antérieurement à la requête et le capital de points étant positif, l'administration doit être regardée comme ayant retiré la décision d'invalidation du permis de conduire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 27 septembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé M. C de la perte de validité de son permis de conduire. Le requérant demande l'annulation de cette décision et des retraits de points qui y sont mentionnés.
Sur l'étendue du litige :
2. Aucune mention de la décision du 27 septembre 2023 ne figure sur le relevé d'information intégral du permis de conduire du requérant, dont le solde est de cinq points, transmis par le ministre de l'intérieur et des outre-mer avec le mémoire en défense. L'administration doit ainsi être regardée comme ayant retiré la décision litigieuse. Les conclusions aux fins d'annulation de cette décision ont ainsi perdu leur objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
3. Il ressort des pièces du dossier que les points retirés au titre des infractions des 13 avril 2016, 21 décembre 2018, 17 juillet 2019, 28 janvier 2020, 23 octobre 2020, 3 janvier 2021, 24 août 2021 et 22 mars 2022 ont été restitués antérieurement à la requête. Les conclusions aux fins d'annulation de ces retraits de points sont dépourvues d'objet et irrecevables, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction accessoires.
En ce qui concerne la délivrance de l'information préalable :
3. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
4. Dès lors que le contrevenant a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire due à raison d'une infraction au code de la route, il en résulte nécessairement qu'il a reçu un avis de contravention. Eu égard aux mentions dont ces avis sont réputés être revêtus, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartenait à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet. En l'espèce, il ressort des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire que le requérant a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, les amendes forfaitaires dues à raison des infractions commises le 21 juin 2019 et 7 mars 2023, constatées par un radar automatique ou par un procès-verbal électronique. Il ne produit pas les avis de contravention afin de permettre au tribunal de vérifier qu'ils étaient complets et exacts et ne soutient d'ailleurs pas que ces avis étaient incomplets ou inexacts. Par suite, les retrait de points opérés à raison de cette infraction sont intervenus selon une procédure régulière.
5. Il résulte de l'attestation de paiement établie par le trésorier du contrôle automatisé, produite par le ministre de l'intérieur et des outre-mer que le requérant a procédé au règlement de l'amende forfaitaire majorée dont il était redevable à raison du non-paiement de l'amende forfaitaire encourue à raison de l'infraction du 15 août 2021. Ainsi, il a nécessairement été destinataire d'un avis d'amende forfaitaire majorée, sur la base duquel il s'est acquitté de cette amende. Eu égard à ces éléments, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information à l'égard du requérant qui, en ne produisant pas l'avis d'amende forfaitaire majorée émis à la suite de l'infraction relevée à son encontre ne démontre pas avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet. Le moyen tiré du défaut d'information à la suite de ces infractions doit donc être écarté.
6. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer produit les accusés de réception des avis d'amende forfaitaire majorée afférents aux infractions des 20 décembre 2022 (-2 points) et 22 décembre 2022 (-2 points). Ces accusés de réception établissent que ces plis sont revenus à l'administration alors que le requérant ne les a pas réclamés. Toutefois, ainsi que le soutient le requérant, ces accusés de réception ne comportent aucune indication de la date de présentation au domicile. Par suite, l'administration ne peut être regardée comme apportant la preuve de ce qu'elle a fourni au requérant l'information préalable prévue par le code de la route et ces retraits de points sont intervenus selon une procédure irrégulière.
7. L'omission de la formalité de l'information préalable est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal, qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance, et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal de police ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.
8. Le relevé intégral d'information, dont les mentions font foi compte tenu des modalités d'enregistrement des informations relatives au permis de conduire, mentionne que l'infraction du 31 mars 2019 a donné lieu à une condamnation définitive du tribunal judiciaire d'Orléans du 17 avril 2019. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route doit être écarté.
9. En revanche, le ministre ne produit aucun document de nature à établir que le requérant aurait reçu l'information exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la constatation de l'infraction du 26 septembre 2022 (-1 point), relevée par un radar automatique. La délivrance de l'information ne saurait résulter de la seule circonstance qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis à raison de cette infraction et qu'un avis d'amende forfaitaire majorée a été adressé à l'intéressé dès lors que l'administration n'établit pas que le contrevenant a reçu ces documents ou qu'il aurait payé les amendes forfaitaires majorées correspondantes. Si la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation de cette infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, il n'en va pas de même pour l'information portant sur la possibilité d'un retrait de points qui permet au contrevenant de savoir si l'infraction va ou non entraîner un retrait de points et lui permettre, le cas échéant, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis de conduire et de contester l'infraction devant le juge pénal. Dans ces conditions, le ministre ne peut être regardé comme apportant la preuve du respect des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le retrait d'un point opéré à raison de cette infraction est intervenu selon une procédure irrégulière et doit être annulé.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
10. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".
11. Le relevé d'information intégral du permis de conduire du requérant mentionne, d'une part que le requérant a acquitté des amendes forfaitaires, que des titres exécutoires ont été émis pour le recouvrement des amendes forfaitaires majorées qu'enfin l'infraction du 31 mars 2019 a fait l'objet d'une condamnation pénale définitive. La réalité de ces infractions est établie en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de la décision retirant des points de son permis de conduire à la suite des infractions du 26 septembre 2022, 20 décembre 2022 et 22 décembre 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer cinq points au capital du permis de conduire de M. C dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement
Sur les frais de l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie principalement perdante dans la présente instance, la somme que demande le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 27 septembre 2023.
Article 2 : Les décisions retirant des points du permis de conduire de M. C à la suite de l'infraction du 26 septembre 2022 (-1point), 20 décembre 2022 (-2 points) et 22 décembre 2022 (-2 points), sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer cinq points au capital du permis de conduire de M. C dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc B
Le greffier,
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026