mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304761 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 8 janvier 2024, M. A C, représenté par Me Fabienne Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de réexaminer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est affectée d'une erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'esprit de l'accord franco-tunisien et de la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012 ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de séjour.
Par une décision du 2 janvier 2024, le préfet de Loir-et-Cher a assigné à résidence M. C pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de Loir-et-Cher où il a déclaré sa résidence au 30 avenue du Président Wilson à Blois (41000).
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
M. C n'a pas été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 octobre 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique où les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience conformément à l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né le 16 mai 1980, demande au président du tribunal d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Il assortit ses conclusions en annulation de conclusions en injonction. Par une décision du 2 janvier 2024 du préfet de Loir-et-Cher, notifié le 3 janvier suivant, le requérant a été assigné à résidence.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-3 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, qu'en cas d'assignation à résidence du requérant, il appartient au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il désigne de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions distinctes portant obligation de quitter le territoire français, déterminant le délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de l'éloignement, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français et portant assignation à résidence. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions à fins d'annulation de la décision distincte relative au séjour dont l'examen relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 septembre 2023 en tant qu'il refuse d'admettre au séjour l'intéressé doivent être renvoyées devant la formation collégiale du tribunal, ainsi que les conclusions en injonction afférentes à cette décision.
Sur les conclusions dirigées à l'encontre de la mesure d'éloignement :
4. M. C doit être regardé comme soulevant à l'encontre de la décision du 7 septembre 2023 l'obligeant à quitter le territoire français le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus d'admission exceptionnelle au séjour qui lui a été opposé.
5. L'arrêté du 7 septembre 2023 est signé de M. Faustin Gaden, secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher, qui a reçu délégation par arrêté n° 41-2023-08-21-00023 du 21 août 2023 du préfet de Loir-et-Cher, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, à l'effet de signer notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Par suite, le moyen d'incompétence doit être écarté.
6. En se bornant à se prévaloir et à produire une facture manuscrite datée du 26 septembre 2018, dépourvue de valeur probante, M. C n'établit pas que la décision portant refus de séjour est entachée d'une erreur de fait déterminante de nature à en affecter la légalité en tant qu'elle mentionne que " l'intéressé n'apporte aucun élément permettant de s'assurer de la véracité de sa date d'entrée en France, la pièce la plus ancienne versée à son dossier datant de la fin de l'année 2019 ".
7. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
8. Si M. C se prévaut de ce qu'il réside en France depuis septembre 2018, qu'il a occupé un emploi salarié dans des entreprises de transports depuis octobre 2019, qu'il a souscrit un bail locatif en mai 2022 et que son frère est régulièrement installé en France, ces seuls éléments ne permettent pas d'établir l'existence de motifs exceptionnels ou de circonstances humanitaires au sens des dispositions mentionnées au point 7 de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation affectant le refus de séjour doit être écarté.
9. Le moyen tiré de ce que le refus de séjour méconnaît " l'esprit " de l'accord
franco-tunisien et de la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012 n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. Il résulte de ce qui précède que l'exception d'illégalité de la décision du 7 septembre 2023 portant refus d'admission exceptionnelle au séjour doit être écartée. En l'absence d'illégalité établie de la décision de refus de séjour, la décision distincte du même jour portant obligation de quitter le territoire français n'est pas privée de base légale.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions en injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative / article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. C dirigées à l'encontre la décision du 7 septembre 2023 portant rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, ainsi que les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent sont renvoyées devant la formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
Le président rapporteur,
Benoist B
[GB1]
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
[GB1]
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026