mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304817 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | LE BORGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 novembre 2023 et le 8 février 2024, M. B A, représenté par Me Le Borgne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire et les décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 22 mai 2023, 15 mars 2023, 8 février 2023, 4 octobre 2022, 3 octobre 2022, 30 septembre 2022, 23 octobre 2022 à 8h32, 17 mai 2022, 15 septembre 2020 et 17 septembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points retirés dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas commis les infractions des 17 septembre 2022, 23 octobre 2022 à 8h32 et 17 mai 2022 et a présenté des réclamations motivées devant l'officier du ministère public ;
- il n'a pas reçu l'information préalable des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé M. A de la perte de validité de son permis de conduire. Le requérant demande l'annulation de cette décision ainsi que des retraits de points qui y sont mentionnés.
S'agissant de la délivrance de l'information préalable :
2. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
3. En premier lieu, le ministre de l'intérieur et des outre-mer produit les accusés de réception des plis contenant les avis d'amende forfaitaire majorée afférents aux infractions des 15 mars 2023, 8 février 2023, 4 octobre 2022, 3 octobre 2022 et 30 mars 2022. Ces accusés de réception établissent que ces plis ont été régulièrement présentés au domicile du requérant et sont revenus à l'administration revêtus de la mention " plis avisés et non réclamés ". Eu égard aux mentions de ces avis, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe du respect de l'obligation d'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et le requérant ne soutient pas que ces avis, qui sont produits au dossier, seraient incomplets. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le ministre ne produit aucun document de nature à établir que le requérant aurait reçu l'information exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la constatation des infractions des 22 mai 2023 (-1 point), 23 octobre 2022 à 8h32 (-1 point), 17 mai 2022 (-1 point) et 15 septembre 2020 (-1 point), relevées par un radar automatique ou par procès-verbal électronique. La délivrance de l'information ne saurait résulter de la seule circonstance qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis à raison de ces infractions et qu'un avis d'amende forfaitaire majorée a été adressé à l'intéressé dès lors que l'administration n'établit pas que le contrevenant a reçu ces documents ou qu'il aurait payé les amendes forfaitaires majorées correspondantes. Si la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation de ces infractions, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, il n'en va pas de même pour l'information portant sur la possibilité d'un retrait de points qui permet au contrevenant de savoir si l'infraction va ou non entraîner un retrait de points et lui permettre, le cas échéant, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis de conduire et de contester l'infraction devant le juge pénal. Dans ces conditions, le ministre ne peut être regardé comme apportant la preuve du respect des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que les retraits d'un point opérés à raison de ces infractions sont intervenus selon une procédure irrégulière.
5. En troisième, lieu, si le ministre soutient que le requérant a acquitté partiellement l'amende forfaitaire majorée afférente à l'infraction du 17 septembre 2022 (- 3 points), le bordereau de situation des amendes et condamnations pécuniaires produit au dossier établit que le paiement de cent euros comptabilisé le 20 avril 2023 résulte d'un virement bancaire et le requérant soutient sans être contredit que ce virement provient d'une saisie administrative à tiers détenteur. Par suite, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que cet encaissement provient d'un paiement spontané du requérant après réception de l'avis d'amende forfaitaire majorée, l'administration ne peut être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe du respect des dispositions précitées du code de la route et le requérant est fondé à soutenir que le retrait de points est intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur le moyen tiré du défaut de preuve de la réalité de ces infractions, que le requérant est fondé à demander l'annulation des décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé au retrait de points de son permis de conduire à la suite des infractions des 22 mai 2023 (-1 point), 23 octobre 2022 à 8h32 (-1 point), 17 mai 2022 (-1 point) et 15 septembre 2020 (-1 point) et 17 septembre 2022 (-3 points) et par voie de conséquence de la décision du 25 octobre 2023, dès lors que le capital de points de son permis de conduire n'était pas nul à la date de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de créditer le capital du permis de conduire du requérant de sept points, dans la limite du capital maximum, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 25 octobre 2023, ensemble les décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 22 mai 2023 (-1 point), 23 octobre 2022 à 8h32 (-1 point), 17 mai 2022 (-1 point), 15 septembre 2020 (-1 point) et 17 septembre 2022 (-3 points), sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de créditer le capital du permis de conduire du requérant de sept points, dans la limite du capital maximum, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : La somme de 1 500 euros est mise à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc C
Le greffier,
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026