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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2304827

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2304827

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2304827
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMIMOUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Mimoun, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision du 9 novembre 2023 par laquelle le sous-préfet de Dreux a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de neuf mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée, sa profession de restaurateur nécessite le permis de conduire ;

- les conditions règlementaires de réalisation du prélèvement salivaire n'ont pas été respectées par les services de police puisque cette opération a été réalisée par un agent de police qui a introduit le " bâtonnet " dans la bouche de M. B alors même que l'article 7 de l'arrêté du 13 décembre 2016 impose que ce prélèvement soit réalisé par le conducteur lui-même sous le contrôle de l'agent de police ;

- il conteste la matérialité de l'infraction ; il a été placé en garde à vue le 20 octobre 2023 dans les locaux du commissariat de police de Dreux et a sollicité la mise en œuvre d'un prélèvement sanguin qui a été effectué par les services de l'hôpital de Dreux ; ainsi, à la date de l'arrêté préfectoral de suspension du permis de conduire, le 9 novembre 2023, aucun résultat venant confirmer ou infirmer la présence de THC dans le sang n'était encore intervenu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté du sous-préfet de Dreux du 9 novembre 2023.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Par l'arrêté litigieux du 9 novembre 2023, a été prononcée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-7 du code de la route, la suspension du permis de conduire de M. B pour une durée de neuf mois au motif que celui-ci avait fait l'objet d'un procès-verbal d'infraction le 20 octobre 2023 sur la commune de Dreux, les vérifications prévues par l'article R. 235-5 du code de la route ayant établi l'usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants.

4. Si M. B soutient que cette décision met en péril la survie de son activité de restaurateur et l'emploi de deux salariés, une telle circonstance, à la supposer établie, n'est pas de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence, qui doit être appréciée au regard des exigences de la sécurité routière, compte tenu de la gravité de l'infraction.

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés à l'appui de la requête ne paraît de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 9 novembre 2023. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article R. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Orléans le 22 décembre 2023.

Le juge des référés,

Jean-Luc C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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