mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 janvier 2024 et le 2 juillet 2024 sous le numéro 2400038, Mme E F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a rejeté le recours préalable dirigé contre la décision mettant à sa charge un indu de prime d'activité ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 9 145,02 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision est signée par une autorité incompétente ;
- la commission de recours amiable devait être saisie ;
- le décompte de la créance n'est pas produit ;
- des retenues ont été pratiquées alors que l'indu était contesté ;
- les décisions ne sont pas motivées et elle n'a pu comparaître devant le signataire de la décision, ni n'a reçu communication du rapport du contrôleur ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas établi ; la caisse d'allocations familiales a méconnu le devoir d'information de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;
- à titre subsidiaire, elle demande la remise gracieuse de l'indu ; elle n'a pas tenté de dissimuler des séjours au Portugal ; une erreur affecte la date de ses absences ; elle a résidé hors de France du 21 août 2019 au 20 septembre 2019 et non au 15 octobre 2019.
Par un mémoire enregistré le 28 juin 2024, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II- Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 janvier 2024 et le 2 juillet 2024 sous le numéro 2400040, Mme E F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a rejeté le recours préalable dirigé contre la décision mettant à sa charge un indu d'allocation de logement sociale ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 9 145,02 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision est signée par une autorité incompétente ;
- la commission de recours amiable devait être saisie ;
- le décompte de la créance n'est pas produit ;
- des retenues ont été pratiquées alors que l'indu était contesté ;
- les décisions ne sont pas motivées et elle n'a pu comparaître devant le signataire de la décision, ni n'a reçu communication du rapport du contrôleur ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas établi ; la caisse d'allocations familiales a méconnu le devoir d'information de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;
- à titre subsidiaire, elle demande la remise gracieuse de l'indu ; elle n'a pas tenté de dissimuler des séjours au Portugal ; une erreur affecte la date de ses absences ; elle a résidé hors de France du 21 août 2019 au 20 septembre 2019 et non au 15 octobre 2019.
Par un mémoire enregistré le 28 juin 2024, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
III- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 janvier 2024 et le 2 juillet 2024 sous le numéro 2400041, Mme D F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 février 2023 par laquelle le président du conseil départemental d'Indre-et-Loire a rejeté le recours dirigé contre la décision du 5 décembre 2022 lui notifiant un indu de revenu de solidarité active ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer cet indu ;
3°) de mettre à la charge du département d'Indre-et-Loire la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision est signée par une autorité incompétente ;
- la commission de recours amiable aurait dû être saisie ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée et les droits de la défense ont été méconnus ainsi que l'article 6§1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les éléments retenus par le contrôleur ne lui ont pas été communiqués ;
- le seul fait de constater que l'administré aurait résidé plus de trois mois à l'étranger ne suffit à faire regarder le revenu de solidarité active comme indu ; la caisse d'allocations familiales a manqué à son devoir d'information et méconnu l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;
- elle sollicite à titre subsidiaire la remise gracieuse de l'indu ; elle n'a pas tenté de dissimuler des séjours au Portugal ; une erreur affecte la date de ses absences ; elle a résidé hors de France du 21 août 2019 au 20 septembre 2019 et non au 15 octobre 2019.
Par des mémoires enregistrés le 23 avril 2024 et le 17 mai 2024, le département d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
IV- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 janvier 2024 et le 2 juillet 2024 sous le numéro 2400042, Mme E F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a mis à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- le remboursement de cette prime ne pouvait être effectué par prélèvement sur d'autres prestations, l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles n'étant pas applicable ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- les droits de la défense ont été méconnus en l'absence de procédure contradictoire préalable ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas établi, elle a justifié ses séjours hors de France.
Par un mémoire enregistré le 28 juin 2024, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire informe le tribunal que l'indu a été annulé par une décision du 1er mars 2024.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes présentées par Mme F sont relatives à la situation de la même requérante, présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre afin d'y statuer par le même jugement.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité, d'aide personnelle au logement ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année :
3. La caisse d'allocations familiales fait valoir que l'indu de 152,45 euros mis à la charge de Mme F a été annulé par une décision du 1er mars 2024. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et de remise gracieuse présentées dans la requête n° 2400042.
En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active :
4. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue d'un contrôle de la situation de l'allocataire, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a notifié le 5 décembre 2022 à Mme F un indu de revenu de solidarité active socle, d'un montant de 6 845,33 euros, concernant la période allant de septembre 2021 à novembre 2022, fondé sur l'absence de déclaration de séjours à l'étranger. Le recours préalable présenté par la requérante le 11 janvier 2023 a été rejeté par une décision du président du conseil départemental du 3 juillet 2023. Le département d'Indre-et-Loire soutient que cette décision a été " annulée et remplacée " par une décision du 8 avril 2024, postérieure à l'introduction de la requête, faisant suite à de nouvelles notifications de la caisse d'allocations familiales des 3 juillet 2023 et 1er mars 2024, réduisant le montant de l'indu de revenu de solidarité active socle à la somme de 3 814,70 euros au titre de la période allant de mars 2022 à juin 2022 et d'août 2022 à novembre 2022.
5. En premier lieu, la décision du 8 avril 2024 est signée par M. A B, chef du service de gestion des droits RSA du département d'Indre-et-Loire. Par un arrêté du 20 octobre 2023, publié au recueil des actes du département, le président du conseil départemental d'Indre-et-Loire a délégué à M. B la signature des décisions faisant suite aux recours gracieux ou contentieux en matière de revenu de solidarité active. Le moyen tiré de ce que la décision serait signée par une autorité incompétente doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la décision du 8 avril 2024 vise les articles L. 262-2, L. 262-3, R. 262-5, R. 262-6 et R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles, indique que les absences de la requérante ont été supérieures à trois mois, que ces absences ne permettaient pas le versement de l'allocation, dont l'indu s'élève à 3 814,70 euros au titre de la période de septembre 2021 à novembre 2022. Cette décision est suffisamment motivée.
7. En troisième lieu, il résulte des dispositions du chapitre II du titre VI du livre II du code de l'action sociale et des familles, et en particulier des articles L. 262-46 et suivants, que le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions relatives au revenu de solidarité active. Dès lors, l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait utilement être invoqué à l'encontre d'une décision de répétition d'indu d'allocation de revenu de solidarité active. L'allocataire peut faire valoir ses observations en exerçant devant le président du conseil général le recours administratif préalable obligatoire, à caractère suspensif, mentionné à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires du même code. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la requérante n'a pas bénéficié d'un entretien oral avec le signataire de la décision rejetant sa réclamation et que les droits de la défense ont été méconnus doit être écarté.
8. En quatrième lieu, la caisse d'allocations familiales fait valoir sans être contredite que l'ensemble des documents fondant les indus ont été communiqués à la requérante préalablement à la mise en recouvrement. Le moyen doit par suite être écarté.
9. En cinquième lieu, la convention de gestion conclue entre le département et la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, prévoit en son article 3.4 que la commission de recours amiable de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles n'est pas sollicitée pour avis dans le cadre de l'instruction des recours administratifs relatifs au revenu de solidarité active. Le moyen doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire. ". Aux termes enfin de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
11. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
12. Le rapport de contrôle établi le 29 septembre 2022 mentionne que des transactions en dirhams marocains ont été constatées sur le compte bancaire Transferwise de la requérante. Mme F a expliqué avoir épousé un ressortissant marocain et son passeport mentionne des résidences hors de France du 21 août au 15 octobre 2019, du 6 mars au 20 mars 2019, du 29 octobre au 13 novembre 2019, du 29 septembre 2021 au 7 février 2022, du 9 mars 2022 au 5 avril 2022, du 19 avril 2022 au 11 mai 2022, du 27 août 2022 au 18 novembre 2022 et la requérante a reconnu avoir séjourné au Maroc du 7 février au 26 février 2020. Ces éléments ne sont pas contestés par la requérante et il est constant qu'elle n'a pas informé la caisse d'allocations familiales de ses séjours hors de France et n'invoque aucun motif légitime justifiant cette omission de déclaration. Si Mme F soutient que son premier séjour au Maroc s'est achevé le 20 septembre 2019 et non le 15 octobre 2019, elle ne produit aucun élément, qu'elle est seule à même de produire, au soutien de cette allégation. La décision du 8 avril 2024 mentionne que la période de fermeture des frontières de novembre 2021 à février 2022 liée à l'état d'urgence sanitaire, a été prise en considération par l'organisme payeur et a permis de réduire l'indu à la somme de 3 814,70 euros. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que la caisse d'allocations familiales aurait manqué à son devoir d'information.
En ce qui concerne les indus de prime d'activité et d'allocation de logement sociale :
13. La caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a notifié le 5 décembre 2022 à Mme F un indu de prime d'activité, d'un montant de 183,93 euros, concernant la période de mai à juillet 2022 ainsi qu'un indu d'allocation de logement sociale de 2 184 euros concernant la période de janvier à juin 2022 et d'août à novembre 2022, fondés sur l'absence de déclaration de séjours à l'étranger. Ces montants ont été réduits aux sommes de 143,05 euros et de 1 748 euros au titre de la période de mars à juin 2022 et d'août à novembre 2022 par une nouvelle décision du 1er mars 2024. Le recours préalable présenté par la requérante a été rejeté par une décision implicite de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales.
14. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision implicite rejetant les recours administratifs préalables aurait été prise par une autorité incompétente ne peut qu'être écarté, cette décision étant réputée prise par la commission de recours amiable. Il en va de même du moyen tiré de ce que la commission de recours amiable devait être saisie.
15. En deuxième lieu, si Mme F soutient que cette décision est insuffisamment motivée, elle n'allègue pas en avoir demandé les motifs dans le délai d'un mois courant à compter de sa réception, fixé à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen doit être écarté, ainsi que, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le décompte de la créance n'a pas été produit par la caisse d'allocations familiales.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. " Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". Le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions relatives à la prime d'activité et à l'aide personnelle au logement. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixe des règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de ce code, ne saurait utilement être invoqué à l'encontre d'une décision de répétition d'indu d'allocation de prime d'activité. L'allocataire peut faire valoir ses observations en exerçant devant la commission de recours amiable le recours administratif préalable obligatoire, mentionné par ces dispositions, dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires du code de la construction et de l'habitation et du code de la sécurité sociale. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la requérante n'a pas bénéficié d'un entretien oral avec le signataire de la décision implicite rejetant sa réclamation et que les droits de la défense ont été méconnus doit être écarté.
17. En quatrième lieu, la caisse d'allocations familiales fait valoir sans être contredite que l'ensemble des documents fondant les indus ont été communiqués à la requérante préalablement à la mise en recouvrement. Le moyen doit par suite être écarté.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ".Aux termes de l'article R. 842-1 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 842-1, est considérée comme résidant en France de manière stable et effective la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois ".
19. Aux termes de l'article L. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " I.- Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : / 1° Les personnes de nationalité française ; / 2° Les personnes de nationalité étrangère remplissant les conditions prévues par les deux premiers alinéas de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. / II.- Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale () ". Aux termes de l'article R. 822-23 du même code : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ". Il résulte de ces dispositions que la condition de résidence cesse d'être remplie en cas d'absence se prolongeant pendant plus de quatre mois au cours de l'année considérée.
20. Il résulte de l'instruction, pour les motifs exposés aux points précédents, que Mme F a séjourné hors de France au cours de périodes excédant les limites de trois et quatre mois définies par les dispositions précitées et n'en a pas informé la caisse d'allocations familiales, ainsi qu'elle y était tenue. La requérante ne se prévaut d'aucun motif légitime justifiant cette omission de déclaration.
21. En dernier lieu, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire fait valoir, en tout état de cause, que les prélèvements opérés pour le remboursement des indus ont été restitués à la requérante et Mme F ne conteste pas cette affirmation.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction des requêtes de Mme F doivent être rejetées.
En ce qui concerne les demandes de remise gracieuse :
23. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
24. Il ne résulte pas de l'instruction que la requérante pouvait légitimement ignorer l'obligation de déclarer ses séjours à l'étranger, dont la durée a excédé les périodes définies par les dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, du code de la construction et de l'habitation et du code de la sécurité sociale. Mme F ne se prévaut d'aucun motif susceptible de justifier l'absence de déclaration de ses séjours à l'étranger. Si elle soutient que le formulaire Cerfa de déclaration trimestrielle RSA à envoyer par courriel ou le formulaire en ligne ne comportent aucun emplacement pour les séjours à l'étranger, les mentions de ces formulaires lui permettaient de préciser si sa situation avait changé ou non. Il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu de la réitération de cette omission de déclaration, que la requérante devrait être regardée comme étant de bonne foi. Sa demande de remise gracieuse doit être rejetée, quelle que soit sa situation financière.
Sur les frais de l'instance :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département d'Indre-et-Loire et de la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par Mme F.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et de remise gracieuse de la requête n° 2400042.
Article 2 : Les conclusions des requêtes sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E F, au département d'Indre-et-Loire et à la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc C
Le greffier,
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet d'Indre-et-Loire chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2400038
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026