mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VIEILLEMARINGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 et 24 janvier 2024, Mme C A, représentée par Me Vieillemaringe, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 20 décembre 2023 pris à son encontre par le préfet d'Indre-et-Loire ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de la décision au fond, ce dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par heure de retard ;
3°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de condamner l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, à verser une somme de 1 500 euros à son conseil.
Mme A soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en l'espèce : contrairement à ce qu'indique l'arrêté litigieux, elle n'a pas présenté sa demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire le 1er août 2023, mais le 10 mars 2023 ; dès lors, la décision de refus de titre de séjour modifie sa situation juridique en la plaçant en situation irrégulière ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de titre de séjour : cette décision, qui n'expose sa situation de famille que succinctement et ne précise pas en quoi elle ne justifierait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, est insuffisamment motivée ; le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux et approfondi de sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " ; le préfet, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a entaché son appréciation d'une erreur manifeste, dès lors qu'elle justifiait de motifs exceptionnels au sens de ces dispositions ; le préfet, qui a commis des erreurs de droit en ajoutant une condition à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en s'abstenant d'apprécier la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine, a méconnu ces dispositions ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 25 janvier 2024, le préfet d'Indre-et-Loire demande au juge des référés de rejeter la requête de Mme A.
Le préfet soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que Mme A ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer une carte de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2400125, enregistrée le 11 janvier 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de l'arrêté pris à son encontre le 20 décembre 2023 par le préfet d'Indre-et-Loire.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés présentés sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 à L. 521-4 de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 26 janvier 2024 à 15 heures, le juge des référés a présenté son rapport et entendu les observations de Me Vieillemaringe, avocat de Mme A, qui persiste dans les conclusions de la requête, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 15 heures 15.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sierraléonaise née le 3 avril 2003, est entrée en France au mois d'octobre 2019 et a été prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance de Maine-et-Loire. Elle indique qu'à sa majorité une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " lui a été délivrée par le préfet de Maine-et-Loire. Elle était, en dernier lieu, titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " valable du 11 mai 2022 au 10 mai 2023, délivrée par le préfet d'Indre-et-Loire. Par un arrêté du 20 décembre 2023, le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Mme A, qui a présenté une requête à fin d'annulation de cet arrêté, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision portant refus de titre de séjour.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 susvisé : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Mme A a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, en application des dispositions citées au point précédent, d'admettre la requérante à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
6. D'une part, Mme A soutient qu'elle a, avant l'expiration de sa carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire ", demandé le renouvellement de ce titre de séjour, et que c'est en cours d'instruction de sa demande de renouvellement qu'elle a en outre demandé la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle produit une copie de la demande de renouvellement rédigée en son nom le 7 mars 2023 par la référente socioprofessionnelle du service d'insertion sociale du centre communal d'action sociale de Tours, ainsi que la copie d'un formulaire de demande de titre de séjour, daté du 1er mars 2023 et signé par elle, qui précise qu'elle demande le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire ". Le préfet d'Indre-et-Loire ne conteste pas que ce formulaire était joint au courrier du centre communal d'action sociale, dont les services de la préfecture ont accusé réception le 10 mars 2023. Par suite, la décision doit être regardée comme portant refus de renouvellement du titre de séjour détenu par Mme A. Le préfet d'Indre-et-Loire ne fait valoir aucune circonstance de nature à faire échec à la présomption d'urgence qui existe en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour.
7. D'autre part, en l'état de l'instruction le moyen tiré de ce que le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas examiné la demande de Mme A sur le fondement invoqué par la requérante est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de titre de séjour litigieuse.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 20 décembre 2023 susvisé du préfet d'Indre-et-Loire jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. La présente ordonnance implique nécessairement que le préfet d'Indre-et-Loire réexamine la demande de titre de séjour présentée par Mme A et qu'il la munisse, dans l'attente de cette nouvelle décision ou à défaut jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond sur les conclusions de la requête n° 2400125 dirigées contre la décision de refus de titre de séjour, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de délivrer cette autorisation provisoire de séjour à la requérante dès la notification de la présente ordonnance et de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois suivant cette notification. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
10. La présente ordonnance admet Mme A à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à Me Vieillemaringe dans les conditions prévues par ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 20 décembre 2023 susvisé du préfet d'Indre-et-Loire est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond sur les conclusions de la requête n° 2400125 dirigées contre cette décision.
Article 3 : Il est enjoint au préfet d'Indre-et-Loire de délivrer à Mme A, dès la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de cette notification.
Article 4 : L'Etat versera à Me Vieillemaringe, avocat de Mme A, une somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 30 janvier 2024.
Le juge des référés,
Frédéric B
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026