vendredi 19 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KAB CONSEIL AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 janvier 2024, Mme C B, représentée par Me Yela Koumba, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2023 par lequel la préfète du Loiret a ordonné son transfert en vue de sa remise aux autorités portugaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret d'examiner sa demande d'asile selon la procédure normale et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2023 par lequel la préfète du Loiret l'a assignée à résidence dans le département du Loiret pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle n'est pas entrée irrégulièrement en France, mais le 23 juillet 2023, sous couvert d'un visa Schengen délivré par les autorités belges à Kigali (Rwanda), en provenance du Kenya ; la France est ainsi responsable de sa demande d'asile ;
- le fichier Eurodac n'a pas été consulté ;
- le délai de mise à exécution de la décision de transfert n'est pas précisé ;
- elle est membre de la famille d'un bénéficiaire de la protection internationale en France et les dispositions de l'article 17 du règlement UE n°604/2013 doivent être mises en œuvre, dès lors que son frère a manifesté par écrit sa volonté d'être rejoint par sa sœur ; sa mère, qui est naturalisée française, demeure en France ;
- il n'est pas possible d'identifier le pays vers lequel sa remise doit être effectuée ; ainsi l'assignation à résidence est dépourvue de base légale.
Par des mémoires enregistrés le 17 janvier 2024 et le 18 janvier 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges contre les décisions visées à l'article R. 777-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Yela Koumba, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête avec les mêmes moyens et soutient en outre qu'il y a lieu de respecter la hiérarchie des critères de détermination de l'Etat membre responsable de la demande d'asile, le critère défini à l'article 7 du règlement UE n°604/2013 prévalant sur celui de l'article 12.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante rwandaise née en 1987, déclare être entrée en France le 23 juillet 2023 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa " Schengen " délivré depuis moins de six mois par les autorités consulaires belges à Kigali. Elle a présenté une demande d'asile. La consultation du fichier Visabio a établi que la requérante était titulaire d'un visa délivré par le Portugal depuis moins de six mois. Mme B et a été munie le 22 septembre 2023 d'une attestation de demande d'asile en procédure " Dublin ". Par l'arrêté du 14 décembre 2023, la préfète du Loiret a décidé le transfert de la requérante en vue de sa remise aux autorités portugaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un arrêté du 15 décembre 2023, la préfète du Loiret a assigné la requérante à résidence dans le département du Loiret pour une durée de quarante-cinq jours.
2. Aux termes de l'article 12 règlement (UE) n° 604/2013 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () 2. Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, sauf si ce visa a été délivré au nom d'un autre État membre en vertu d'un accord de représentation prévu à l'article 8 du règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas. Dans ce cas, l'État membre représenté est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / (). 4. Si le demandeur est seulement titulaire d'un ou de plusieurs titres de séjour périmés depuis moins de deux ans ou d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres ".
3. Si Mme B soutient que la détermination de l'Etat membre doit être effectuée sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un État membre, conformément aux dispositions de l'article 7 du règlement (UE) n° 604/2013, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait du fichier Eurodac, que Mme B a présenté une demande d'asile pour la première fois en France, alors qu'elle détenait un visa délivré pour le compte du Portugal par les autorités belges à Kigali. Dès lors, les dispositions du 4 de l'article 12 de ce règlement sont applicables à sa situation, telle qu'elle existait lors du dépôt de sa demande d'asile devant la préfecture du Loiret. Au demeurant, les autorités portugaises, saisies le 13 octobre 2023 sur le fondement du 4 de l'article 12, ont fait connaître leur accord le 12 décembre 2023.
4. Si Mme B soutient que l'accord de représentation relatif à la délivrance par les autorités belges de visas portugais aux ressortissants rwandais n'a pas été produit, les mentions du fichier Visabio font foi jusqu'à la preuve contraire. Le moyen doit dès lors être écarté.
5. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. (). ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 précité, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
6. Dès lors que la fratrie d'un demandeur d'asile majeur ne figure pas parmi les membres de la famille au sens du règlement (UE) n° 604/2013, dont la liste est limitativement fixée au g de l'article 2 de ce règlement, la requérante ne peut utilement se prévaloir des articles 9 et 10 de ce règlement.
7. Si la requérante soutient que sa mère, de nationalité française, réside en France, elle ne produit aucun élément, qu'elle est seule à même de produire, susceptible d'établir l'intensité et la stabilité des relations qu'elle entretenait avec sa parente antérieurement à son entrée en France en juillet 2023. Il en va de même des relations entretenues par la requérante avec son frère, ayant le statut de réfugié. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en ne faisant pas application de la faculté prévue à l'article 17, la préfète du Loiret a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour les mêmes motifs, l'arrêté litigieux ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. L'article 2 de l'arrêté du 14 décembre 2023 précise que le transfert de la requérante vers le territoire de l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande d'asile doit avoir lieu dans les six mois suivant l'accord des autorités portugaises, ce délai pouvant être porté à douze mois. Par le suite le moyen tiré de l'absence d'indication du délai d'exécution doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 décembre 2023 ordonnant son transfert en vue de sa remise aux autorités portugaises. Par voie de conséquence, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé par la voie de l'exception contre l'arrêté du 15 décembre 2023 l'assignant à résidence, doit également être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc A
La greffière,
Nathalie ARCHENAULT
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026