LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400213

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400213

vendredi 19 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400213
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSELARL ETHIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 janvier 2023, M. K B C, représenté par Me Gentilhomme, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

* s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- l'arrêté est signé par une autorité incompétente et n'est pas suffisamment motivé, en ne mentionnant pas de considérations de fait actualisées ; il méconnaît les droits d'être entendu de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- il est le père d'une enfant française mineure et la décision méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;

* s'agissant du refus de délai de départ volontaire :

- la décision est signée par une autorité incompétente et insuffisamment motivée ;

- sa situation n'est pas prévue par l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la décision se réfère irrégulièrement à l'article L. 612-3 ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- il invoque l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

*s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision est signée par une autorité incompétente et n'est pas motivée en ne mentionnant pas des considérations de fait actualisées ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il invoque l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

*s'agissant de l'assignation, à résidence :

- la décision est signée par une autorité incompétente et n'est pas motivée ;

- le préfet n'établit pas que son éloignement est une perspective raisonnable ;

- il invoque l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais des pièces le 18 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. F pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- et les observations de Me Gentilhomme, représentant M. B C, qui conclut aux mêmes fins que la requête avec les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. M. A se disant B C K alias L G alias D G alias J se déclarant né le 6 octobre 1994 à Tetouan, de nationalité marocaine, a été interpellé par les services de police d'Indre-et-Loire le 13 janvier 2024 et placé en garde à vue pour violences conjugales. Par un arrêté du 13 janvier 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a obligé le requérant à quitter le territoire français sans délai. Par un arrêté du même jour, le requérant a été assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours, sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Le requérant a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire droit à la demande d'aide juridictionnelle provisoire.

En ce qui concerne les arrêtés du 13 janvier 2024 dans leur ensemble :

3. Par un arrêté du 16 janvier 2023, publié au recueil des actes de la préfecture d'Indre-et-Loire du 17 janvier 2023, M. H E, préfet, a donné délégation à Mme Nadia Seghier, secrétaire générale, " à l'effet de signer tous arrêtés, décisions circulaires, rapports et correspondances relevant de l'Etat dans le département ou de l'exercice des pouvoirs de police administrative, générale ou spéciale, du préfet, y compris : / - les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () ". En vertu de l'article 2 de ce même arrêté, la délégation consentie à Mme I, en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci, sera exercée par M. Guillaume Saint-Cricq, secrétaire général adjoint. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme I n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de ce que les arrêtés auraient été signés par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.

4. L'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays de destination, vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet d'Indre-et-Loire a fait application, notamment les articles L. 611-1 (5° et 7°), L. 612-2 (1°), et indique de manière précise les considérations de fait, propres à M. B C, sur lesquelles le préfet s'est fondé pour lui faire obligation de quitter le territoire français à destination du Maroc et pour lui refuser un délai de départ volontaire.

5. Le principe fondamental du droit de l'Union européenne du respect des droits de la défense n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec le destinataire d'une décision affectant durablement ses intérêts, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que la circonstance que le requérant a valablement présenté une demande de titre de séjour le 4 octobre 2023 aurait pu influer sur le contenu de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français. Le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. Si le requérant soutient qu'il est le père d'un enfant français né le 27 juillet 2023, il n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et l'éducation de celui-ci depuis sa naissance, en produisant seulement un contrat de travail prenant effet le 24 novembre 2023 et une fiche de paie mentionnant une entrée dans l'entreprise le même jour. Le requérant ne produit également aucun élément susceptible d'établir la réalité de la vie commune avec cet enfant, alors que l'arrêté relève qu'il a été placé en garde à vue pour violences conjugales. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant, n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas exécuté les mesures d'éloignement prises par le préfet de police de Paris, le préfet du Nord et le préfet de Maine-et-Loire le 8 juillet 2019, 28 février 2020 et le 22 octobre 2021. Il ne ressort dès lors pas des pièces du dossier, ainsi que pour les motifs exposés aux points précédents, que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

8. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté litigieux est fondé sur les dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes duquel l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire lorsque le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public. L'arrêté litigieux mentionne que le requérant, dont il est établi qu'il a fait usage de patronymes différents lui permettant de dissimuler sa véritable identité, a été placé en garde à vue pour violences conjugales en janvier 2024 et le préfet produit un procès-verbal d'audition daté du 22 octobre 2021, signé par le requérant, pour des faits de violence commises sous l'empire d'un état alcoolique, présentation d'une fausse carte d'identité et d'un permis de conduire espagnols, recel d'un portefeuille volé. Ce même procès-verbal mentionne que le relevé des empreintes du requérant a permis d'établir qu'il avait été impliqué à deux reprises en juillet 2019, d'une part, sous une identité et une nationalité différentes, dans des faits de violence et outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique par une personne en état d'ivresse et, d'autre part, pour des faits de violence par une personne en état d'ivresse. Le requérant, qui soutient, sans l'établir, qu'aucun jugement de condamnation n'a été pris à son encontre, n'apporte cependant aucun élément susceptible de contredire les mentions de ce procès-verbal. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. La circonstance que l'arrêté se réfère également aux dispositions de l'article L. 612-3 du même code, est sans incidence sur la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire.

8. Pour les motifs exposés aux points précédents, le moyen tiré de l'illégalité de la mesure d'éloignement doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

9. Pour les motifs exposés aux points précédents, les moyens tirés de l'illégalité de la mesure d'éloignement et la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

10. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

11. Si le requérant soutient que le préfet devait justifier que son éloignement demeure une perspective raisonnable, cette seule affirmation, dépourvue de toute justification de l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement, n'est pas de nature à établir que le préfet a commis une erreur d'appréciation sur ce point.

12. Pour les motifs exposés aux points précédents, le moyen tiré de l'illégalité de la mesure d'éloignement doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : M. B C est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. K B C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. K B C et au préfet d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Jean-Luc F

Le greffier,

Nathalie ARCHENAULT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions