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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400507

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400507

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400507
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantSCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 février 2024, M. A B, représenté par la SCP ABCG, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 14 novembre 2023 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire ;

2) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire avec un capital de points reconstitué dans le délai de huit jours suivant la notification du jugement ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est fondé à invoquer l'illégalité des différentes décisions de retrait de points ;

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 223-1, L. 223-3 et R. 233-3 du code de la route ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision 48SI et contre les décisions de retrait de points relatives aux infractions commises les 30 avril et 23 mai 2023 et au rejet du surplus des conclusions.

Il soutient que :

- le solde de points du permis de conduire du requérant est redevenu positif en cours d'instance ;

- les points retirés à raison des infractions commises les 30 avril et 23 mai 2023 ont été restitués en cours d'instance ;

- les points retirés à raison des infractions commises les 8 septembre 2021 et 4 février 2022 ont été restitués au requérant avant l'introduction de sa requête ;

- le requérant a payé l'amende forfaitaire majorée due à raison de l'infraction commise le 17 août 2022.

Par une ordonnance du 19 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au

21 octobre 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

Sur l'étendue du litige :

1. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral, extrait du système national des permis de conduire, relatif au requérant que les points retirés de son permis de conduire à raison des infractions commises les 6 septembre 2021 et

4 février 2022 ont été restitués à l'intéressé antérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation des deux décisions de retrait d'un point relatives à ces infractions sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables ainsi que ses conclusions en injonction relatives à ces deux retraits de points.

2. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral, extrait du système national des permis de conduire, relatif au requérant que les points retirés de son permis de conduire à raison des infractions commises les 30 avril et 23 mai 2023 ont été restitués à l'intéressé en cours d'instance. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions de retrait d'un point et deux points relatives à ces infractions sont devenues sans objet ainsi que ses conclusions en injonction relatives à ces deux retraits de points.

3. Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral, extrait du système national des permis de conduire du requérant, que son permis de conduire est doté de sept points. Ainsi, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant retiré la décision d'invalidation de son permis de conduire du 14 novembre 2023. Par suite, les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cette décision sont devenues sans objet.

Sur les conclusions dirigées contre la décision de retrait de trois points relative à l'infraction commise le 17 août 2022 :

4. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 225-1 du code de la route que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, soit la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les trente jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, soit la mention d'une condamnation pénale devenue définitive.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral extrait du système national des permis de conduire relatif à la situation du requérant et produit par

le ministre, que l'infraction du 17 août 2022 a fait l'objet d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les mentions du relevé d'information intégral. Notamment, il n'établit pas avoir présenté une requête en exonération ou formé une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire. Dans ces conditions, la réalité de l'infraction précitée doit être tenue pour établie au sens de l'article L. 223-1 du code de justice administrative.

6. En second lieu, la délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et

R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

7. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Avant même qu'elles ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration était revêtu des mentions qui permettaient au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et qui portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Il en va autrement si le contrevenant, qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public chargé du recouvrement de l'amende forfaitaire produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public. Le ministre de l'intérieur produit le bordereau de situation en date du 7 mai 2024 de la trésorerie Essonne-Amendes relatif aux amendes et condamnations pécuniaires du requérant selon lequel l'intéressé a payé l'amende forfaitaire majorée due à raison de l'infraction commise le 17 août 2022. Le requérant ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les mentions du bordereau de situation et n'établit pas, ni même n'allègue, que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagé par le comptable. Ainsi, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve de la délivrance des informations requises préalablement au paiement de l'amende pour l'infraction commise le 18 août 2022. Dans ces conditions, il résulte des principes ci-dessus rappelés que l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée de l'obligation qui lui incombe de délivrer préalablement au paiement de l'amende forfaitaire les informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route dès lors que le requérant n'a pas produit au juge administratif l'avis en cause afin de démontrer que cet avis était incomplet ou inexact. Dès lors, le retrait de trois points opéré à raison de cette infraction est intervenu selon une procédure régulière.

8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de points relative à l'infraction au code de la route commise le 17 août 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions en injonction tendant à la restitution des trois points retirés à raison de cette infraction doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 14 novembre 2023 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité de son permis de conduire et des décisions de retraits de points relatives aux infractions commises les 30 avril et 23 mai 2023 ainsi que sur ses conclusions en injonction relatives à ces décisions.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

Le magistrat désigné,Le greffier,

Jean-Michel DELANDRE Laurent BOUSSIERES

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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