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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400568

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400568

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400568
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantVIEILLEMARINGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2400568 le 13 février 2024, et un mémoire en réplique enregistré le 12 juin 2024, Mme A C, représentée par Me François Vieillemaringe, demande au président du tribunal :

1°/ de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°/ d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a imposé la remise de l'original de son passeport et tout autre document d'identité et de voyage, ainsi qu'une obligation de pointage ;

3°/ d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité, dans un délai de 72 heures, sous astreinte de 100 euros par heure de retard suivant la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour, dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°/ de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

La requérante soutient que :

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

- il est insuffisamment motivé.

Sur la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

- elle n'a pas donné lieu à un examen sérieux de sa situation ;

- elle est affectée d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité et de l'annulation du refus de séjour.

Sur les décisions relatives au délai de départ volontaire et au pays de renvoi :

- elles doivent être annulées par voie de conséquence de l'illégalité et de l'annulation du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur l'obligation de remise du passeport et des documents de voyage :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité et de l'annulation du refus de séjour, de l'obligation de quitter le territoire français, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays de renvoi.

Sur l'obligation de pointage administratif :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité et de l'annulation du refus de séjour, de l'obligation de quitter le territoire français, de la décision relative au délai de départ volontaire, de la décision fixant le pays de renvoi et de l'obligation de remise du passeport et des documents de voyage ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses modalités.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.

II. Par une requête enregistrée sous le n° 2402782 le 5 juillet 2024, Mme A C, représentée par Me François Vieillemaringe, demande au président du tribunal :

1°/ de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°/ d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assignée à résidence dans le département de Loir-et-Cher pendant une durée de 45 jours et lui a imposé une obligation de présentation les mardis et jeudis, y compris les jours fériés, à 8 h 30, au commissariat de Blois ;

3°/ de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

La requérante soutient que :

- la décision portant assignation à résidence est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle se fonde sur l'article L. 731-1 (1°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version antérieure à la loi du 26 janvier 2024 ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- elle méconnait l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale ;

- elle est affectée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 731-1 (1°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de perspective raisonnable d'éloignement.

La requête a été communiquée au préfet de Loir-et-Cher qui n'a produit ni mémoire ni pièce dans ce dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2400595 du 12 mars 2024 de la juge des référés ;

- les autres pièces des dossiers, en particulier les pièces complémentaires enregistrées les 28 juin et 8 juillet 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique au cours de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

L'instruction a été clôturée à 14h55 après appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction des requêtes de Mme C :

1. Mme A C, ressortissante centrafricaine née le 16 décembre 2002, a déclaré être entrée en France en 2019 alors qu'elle était mineure. Elle a obtenu le 10 octobre 2022 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " dont elle a sollicité le renouvellement le 9 novembre 2023. Par un arrêté du 26 janvier 2024 le préfet de Loir-et-Cher a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme C, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a imposé la remise de l'original de son passeport et tout autre document d'identité et de voyage, ainsi qu'une obligation de pointage. Par un autre arrêté du 4 juillet 2024 le préfet de Loir-et-Cher a assignée à résidence Mme C dans le département de Loir-et-Cher pendant une durée de 45 jours et lui a imposé une obligation de présentation les mardis et jeudis, y compris les jours fériés, à 8 h 30, au commissariat de Blois. Par ces requêtes, Mme C demande au président du tribunal d'annuler les arrêtés du 26 janvier 2024 et du 4 juillet 2024 du préfet de Loir-et-Cher.

2. Les requêtes susvisées n° 2400568 et 2402782 présentées pour Mme C concernent la situation d'une même ressortissante étrangère et présentent à juger des questions connexes. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. /(). ".

4. Dès lors que Mme C a été admise dans l'instance n° 2400568 au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2024, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle a perdu son objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

5. Il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire dans l'instance n° 2402782.

Sur les conclusions en annulation de la décision du 26 janvier 2024 portant refus de renouvellement de titre de séjour :

6. En application de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, si le président du tribunal est compétent pour connaître des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du délai de départ volontaire, détermination du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français, assignation à résidence et obligation de présentation ou de pointage, ainsi que des conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent, il ne lui appartient pas, en revanche, de se prononcer sur les conclusions dirigées contre une décision relative au séjour ni sur les conclusions à fin d'injonction y afférentes, qui relèvent, eu égard au fondement de la mesure d'éloignement, de la compétence de la formation collégiale du tribunal. En l'espèce, il y a lieu de renvoyer à cette formation collégiale les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision de refus d'admission au séjour, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent ainsi que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions en annulation des autres décisions distinctes du 26 janvier 2024 :

En ce qui concerne le moyen commun tiré du défaut de motivation :

7. Les décisions distinctes contenues dans l'arrêté du 26 janvier 2024 comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement au sens des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Elles sont suffisamment motivées même si elles ne reprennent pas l'ensemble des éléments dont Mme C entend se prévaloir. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

- Quant à l'exception d'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de séjour :

8. Il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier de la motivation de l'arrêté du 26 janvier 2024 du préfet de Loir-et-Cher, que celui-ci n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme C.

9. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ".

10. Si Mme C se prévaut de ce qu'elle est entrée en France en 2019 afin d'y suivre une formation en alternance, qu'elle a obtenu un certificat de formation générale en 2019 et un baccalauréat en 2022 et qu'elle s'est inscrite à la Mission locale de Blois le 25 août 2022, il est constant qu'elle a abandonné le cours du BTS en alternance à raison duquel elle avait obtenu un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " le 10 octobre 2022 et elle ne justifie pas qu'elle était engagée, à la date de la décision attaquée du 26 janvier 2024, dans un cycle d'études supérieures au sens des dispositions, mentionnées au point 8, de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se bornant à produire un contrat de formation professionnelle du 8 janvier 2024 pour une préparation aux métiers de la santé et de l'action sociale et une attestation de compétences du 26 avril 2024 en qualité d'agent de service hospitalier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. D'une part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Mme C fait valoir qu'elle est entrée en France en 2019 alors qu'elle était mineure et qu'elle a été alors confiée à une tante à qui la mère de l'intéressée avait délégué l'exercice de l'autorité parentale, qu'elle a obtenu un titre de séjour le 10 octobre 2022, qu'elle a poursuivi une scolarité en France, que sa mère vit aux Etats-Unis et qu'elle ne connait pas son père. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante est majeure, célibataire et sans charge de famille en France à la date de la décision attaquée et ne justifie pas être dépourvue d'attaches familiales en Centrafrique dont elle a obtenu le renouvellement du passeport valable du 6 octobre 2023 au 5 octobre 2028. Si elle fut, un temps, hébergée par sa tante, comme il est dit ci-dessus, elle ne démontre pas, par les seules attestations produites dépourvues de valeur probante, que sa parente lui procure un hébergement et des moyens d'existence suffisants à la date du refus de séjour opposé. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

13. Les éléments invoqués par Mme C, exposées aux points 10 et 12 du présent jugement, ne peuvent être regardées comme caractérisant des circonstances humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que l'exception d'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour doit être écartée.

15. En l'absence d'illégalité établie et d'annulation de la décision portant refus de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas vouée à l'annulation par voie de conséquence.

En ce qui concerne la légalité des décisions relatives au délai de départ volontaire et au pays de renvoi :

16. En l'absence d'illégalité établie et d'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination ne pas sont vouées à l'annulation par voie de conséquence.

En ce qui concerne la légalité de l'obligation de remise du passeport et des documents de voyage :

17. En l'absence d'illégalité établie et d'annulation des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du délai de départ volontaire et détermination du pays de destination, l'obligation de remise de passeport et autres documents n'est pas vouée à l'annulation par voie de conséquence.

En ce qui concerne la légalité de l'obligation de pointage administratif :

18. En l'absence d'illégalité établie et d'annulation des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du délai de départ volontaire, détermination du pays de destination et obligation de remise de passeport et autres documents, l'obligation de présentation au commissariat n'est pas vouée à l'annulation par voie de conséquence.

19. En tant qu'il fixe une obligation de présentation au commissariat de Blois les mardis et jeudis, y compris les jours fériés, à 8 h 30, l'arrêté du 4 juillet 2024 du préfet de Loir-et-Cher ne détermine pas des modalités entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a imposé la remise de l'original de son passeport et tout autre document d'identité et de voyage, ainsi qu'une obligation de pointage, doivent être rejetées.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 4 juillet 2024 :

21. L'arrêté du 4 juillet 2024 du préfet de Loir-et-Cher portant assignation de résidence de Mme C pendant une durée de 45 jours comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement au sens des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il est donc suffisamment motivé même s'il ne reprend pas l'ensemble des éléments dont Mme C entend se prévaloir. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

22. Aux termes de l'article L. 731-1 (1°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de l'arrêté attaqué du 4 juillet 2024 : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; /(). ".

23. La circonstance que l'arrêté du 4 juillet 2024 cite à tort la version de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévalant avant l'entrée en vigueur, le 28 janvier 2024, de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, est dépourvue d'incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué dès lors que la nouvelle rédaction de cet article prévoit, à l'instar de la précédente, que l'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable et fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé, ce qui est le cas de Mme C. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale doit être écarté.

24. Dès lors que l'assignation à résidence prononcée à l'encontre de Mme C le 4 juillet 2024 a pour effet de précipiter la compétence du juge de l'urgence pour statuer dans un délai de 144 heures sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français et des décisions connexes du 26 janvier 2024, Mme C n'est pas fondée à soutenir que son éloignement ne demeurerait pas une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à l'aune des dispositions applicables de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

25. La circonstance que l'arrêté du 4 juillet 2024 mentionne que Mme C n'a pas remis les documents d'identité et de voyage en sa possession, alors qu'elle les a remis ce jour-là en même temps que lui était notifié cet arrêté, est sans incidence sur la légalité de cet arrêté.

26. En alléguant devoir suivre un traitement médical ambulatoire pour soigner des brûlures aux avants bras et en se bornant à produire une convocation pour un rendez-vous médical programmé lundi 15 juillet 2024, Mme C ne soutient pas sérieusement que l'obligation de pointage au commissariat de Blois qui lui est imposée à 8 h 30 deux jours par semaine, les mardis et les jeudis, l'empêcherait de bénéficier des soins médicaux nécessaires et porterait atteinte au droit à la vie protégé par l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

27. Pour les motifs exposés au point 12, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 juillet 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours doivent être rejetées.

29. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions en annulation présentées par Mme C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête n° 2400568 de Mme C dirigées contre la décision du 26 janvier 2024 du préfet de Loir-et-Cher portant refus de renouvellement de titre de séjour et les conclusions en injonction y afférentes sont renvoyées à la formation collégiale du tribunal administratif d'Orléans pour qu'il soit statué.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2400568 de Mme C tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2400568 de Mme C est rejeté.

Article 4 : La requête n° 2402782 de Mme C est rejetée.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de Loir-et-Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le président-rapporteur,

Benoist BLa greffière,

Céline BOISGARD

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°s 2400568

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