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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400646

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400646

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400646
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantGARCIA AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, M. A B, représenté par la Selurl Garcia Avocats, demande au tribunal :

1) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de produire l'ensemble des documents relatifs à la procédure de contrôle ayant précédé la délivrance de l'arrêté du 16 février 2024 ;

2) d'annuler l'arrêté du 16 février 2024 de la préfète du Val-de-Marne l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, fixant la Tunisie comme pays de destination de sa reconduite et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui enjoindre de prendre toute mesure propre à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;

4) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire a été prise à la suite d'une procédure irrégulière en violation du droit à être entendu et des droits de la défense prévu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'est pas motivée, n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire a été prise à la suite d'une procédure irrégulière et elle n'est pas justifiée ;

- la décision fixant le pays de renvoi a été prise à la suite d'une procédure irrégulière et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'est pas suffisamment motivée, doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien né le 10 juin 2002, a été interpellé le 15 février 2024 pour des faits d'infraction à la réglementation routière. Il a déclaré être entré en France le 1er juin 2021 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Par l'arrêté attaqué du 16 février 2024, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

Sur les conclusions tendant à la production des pièces du dossier de M. B :

2. Aux termes des dispositions du 4° de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise () ". Le requérant demande d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de produire le dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. Il appartient, toutefois, au juge administratif, qui dirige l'instruction, d'apprécier s'il est utile, pour la solution du litige dont il est saisi, de faire produire certaines pièces dont la communication est demandée par les parties. La préfète du Val-de-Marne a produit l'arrêté attaqué, la délégation de signature accordée à Mme C qui a signé cet arrêté, les procès-verbaux d'interpellation, de notification de début de garde à vue et d'audition du requérant établis par les agents de la CRS Autoroutière Est Ile-de-France les 15 et 16 février 2024 et le rapport d'identification dactyloscopique de l'intéressé établi le 15 février 2024 par le service régional de police technique et scientifique de Paris. Ces pièces ont été communiquées au requérant. Ce dernier ne soutient pas que d'autres pièces seraient utiles à la solution du litige. Par suite, il n'y a pas lieu de demander à la préfète du Val-de-Marne de produire d'autres pièces.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

3. En premier lieu, si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.

4. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

5. En l'espèce, le requérant soutient que l'obligation de quitter le territoire a été prise à la suite d'une procédure irrégulière en violation du droit à être entendu et des droits de la défense et en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Toutefois, il a été entendu lors de son interpellation et de sa garde à vue et a pu faire valoir tous éléments ou documents qui pouvaient avoir une influence sur le sens de la décision attaquée. Par ailleurs, si le requérant soutient que l'étranger est en droit de bénéficier d'un avocat dans le cadre de son audition administrative préalable à la mesure administrative, il ne justifie pas, alors qu'il a été informé de la possibilité de se faire assister par un avocat, avoir sollicité la présence d'un avocat. Par suite, le moyen tiré de la violation des droits de la défense et de la méconnaissance du principe précité ne peut être accueilli.

6. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".

7. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire attaquée du 16 février 2024 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionne les éléments de fait propres à la situation du requérant, notamment relatifs à sa situation familiale, à raison desquels la préfète l'a obligé à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine. Ainsi, quel que soit le bien-fondé de ses motifs, l'obligation de quitter le territoire est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que la préfète du Val-de-Marne n'a pas procédé à l'examen de la situation particulière du requérant.

9. Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. En se prévalant de ces stipulations, le requérant soutient qu'il justifie vivre en France et exercer une activité professionnelle déclarée lui permettant de subvenir à ses besoins quotidiens et à s'acquitter de son loyer et de ses charges comme tout citoyen français. Toutefois, il est entré récemment et irrégulièrement en France, le 1er juin 2021, et s'est maintenu sur le territoire français sans chercher à régulariser sa situation administrative. Il ne conteste pas être célibataire et sans charges de famille. Il ne justifie pas avoir des liens anciens, stables et continus en France et en être dépourvu dans son pays d'origine. Par suite, l'obligation de quitter le territoire attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Il suit de là que, compte tenu notamment des conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé et eu égard aux effets d'une obligation de quitter le territoire, l'arrêté attaqué ne méconnait pas, en l'espèce, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'obligation de quitter le territoire attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.

Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

12. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 5, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant un délai de départ volontaire a été prise à la suite d'une procédure irrégulière en méconnaissance des droits de la défense et de l'article 41 de la charte européenne des droits fondamentaux.

13. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des motifs de l'arrêté attaqué, que le refus d'accorder au requérant un délai de départ volontaire a été pris sur le fondement des dispositions précitées des 1° et 3° de l'article L. 612-2 et de celles du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'il n'a pu justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et que sa présence en France constitue un risque pour l'ordre public. Contrairement à ce que soutient le requérant, la préfète était en droit, sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L 612-2 et du 1° de l'article L. 612-3, de refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire au motif qu'il était entré et s'était maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 5, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi a été prise à la suite d'une procédure irrégulière en méconnaissance des droits de la défense et de l'article 41 de la charte européenne des droits fondamentaux.

15. En second lieu, si le requérant soutient que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, il n'apporte aucun élément à l'appui de son moyen qui, par suite, ne peut être accueilli.

Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. (). Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 621-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-2 du code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

17. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

18. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

19. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 5, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français a été prise à la suite d'une procédure irrégulière en méconnaissance des droits de la défense et de l'article 41 de la charte européenne des droits fondamentaux.

20. En deuxième lieu, il ressort de ce qui a été dit ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire.

21. En troisième lieu, la préfète du Val-de-Marne, après avoir rappelé les termes des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a estimé que compte tenu de son entrée récente, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de son comportement qui représente une menace pour l'ordre public, la durée de l'interdiction de retour de trois ans ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit du requérant au regard de sa vie privée et familiale. Dès lors qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, la préfète n'avait pas à le préciser expressément. Ainsi, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée.

22. Enfin, le requérant demande d'annuler l'interdiction de retour sur le territoire français de trois ans en faisant valoir qu'il n'est pas allégué que sa présence en France représenterait une menace pour l'ordre public et qu'il a déclaré la présence de membres de sa famille sur le territoire français et qu'en le privant de la possibilité de solliciter un visa auprès des autorités consulaires pendant trois ans pour entrer régulièrement sur le territoire français, la décision porte atteinte à sa vie privée et familiale. Toutefois, il est entré très récemment et irrégulièrement en France, le 1er juin 2021, et s'est maintenu sur le territoire français sans chercher à régulariser sa situation administrative. Il est célibataire et sans charges de famille. Il n'établit pas avoir des liens familiaux anciens, stables et continus en France. Par suite, et même s'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, la préfète du Val-de-Marne n'a pas pris une mesure excessive et porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé en prenant une décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

23. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.

Le magistrat désigné,

Jean-Michel DELANDRE

La greffière,

Céline BOISGARDLa République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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