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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400681

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400681

mercredi 28 février 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400681
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP GERIGNY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2024 à 12 heures 57 minutes, M. A B représenté par Me Dallois Segura, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2024 par lequel le Préfet du Cher lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et interdiction de retour sur le territoire pendant 5 ans, ensemble l'arrêté du même jour notifié à 15 heures 01 minute l'assignant à résidence dans le département du Cher pour une durée de 45 jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Cher de procéder au réexamen de sa situation et de sa demande de délivrance d'un certificat de résidence de plein droit sur le fondement des articles 6.7° de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 et L.425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au vu des pièces produites au soutien de sa requête ;

3°) d'enjoindre au préfet du Cher de procéder au réexamen de sa situation et de sa demande de délivrance d'un certificat de résidence de plein droit sur le fondement de l'article 6.5° de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du Code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire :

- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L.212-1 et L.212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

- alors qu'il peut bénéficier d'un titre de séjour de plein droit au regard des stipulations de l'article 6.7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article L.425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'illégalité ;

- alors qu'il remplit les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour de plein droit au regard des stipulations de l'article 6.5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'illégalité ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît l'article 6.5 de l'accord franco-algérien ;

- l'obligation de quitter sans délai le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le risque de fuite n'est pas établi ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles L.612-3-1° et L.612-3- 8°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il entretient une vie familiale sur le territoire et dispose de garanties de représentation ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé au regard des dispositions de l'article L.612-3-8° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision lui faisant interdiction de revenir sur le territoire pendant 5 ans

- elle devra être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 6 de l'accord franco-algérien.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L.212-1 et L.212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la compétence du signataire de l'acte n'est pas établie ;

- il devra être annulé en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français qui lui sert de base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés à l'encontre des arrêtés contestés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Dallois Segura, représentant M. B, présent.

Le conseil du requérant a repris les moyens de sa requête en insistant sur l'existence de garantie de représentation et l'absence de risque de fuite caractérisé dès lors que M. B dispose d'une adresse stable sur le territoire à laquelle réside son épouse et ses 3 enfants et alors que sa fille souffre d'une pathologie neurologique pour laquelle elle bénéficie d'un suivi à Tours.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 18 février 1990 est, selon ses déclarations, entré en France en 2019. Lors d'un contrôle effectué sur réquisition de la procureure de la République le 18 février 2024 par le comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF), il a été constaté que M. B exerçait sans autorisation le métier de coiffeur. Les vérifications réalisées lors de son placement en retenue ont permis d'établir qu'il ne dispose d'aucun visa d'entrée sur le territoire ni d'aucun titre lui permettant d'y résider et qu'il n'a présenté aucune demande visant à régulariser sa situation au regard de son droit au séjour. Par un premier arrêté intervenu le 18 février 2024, le préfet du Cher lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction du territoire de 5 ans. Par un second arrêté du même jour, il a assigné M. B à résidence dans le département du Cher pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. Le requérant indique que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, qui lui a été notifié le 18 février 2024 entre 15h04 et 15h07 selon les mentions portées sur les différentes pages de l'arrêté, a été signé électroniquement par la secrétaire générale de la préfecture du Cher, Mme D, à 15heures 10 minutes, selon les mentions authentifiant la signature portée sur l'arrêté. Il en déduit que cet arrêté n'était pas signé lors de sa notification, en méconnaissance des articles L.212-1 et L.212-2 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui l'entacherait d'illégalité. Toutefois, le document communiqué par M. B sur lequel est apposé sa propre signature manuscrite comporte tout à la fois les mentions attestant la signature électronique de l'arrêté par la secrétaire générale de la préfecture ainsi que sa signature manuscrite. Il s'ensuit que cette signature était nécessairement apposée sur l'arrêté lorsque l'intéressé l'a signé et que les mentions portées par l'agent notificateur sont erronées et résultent d'une erreur de plume laquelle ne saurait affecter l'arrêté contesté. Par suite, ce moyen doit être écarté.

3. Si le requérant soutient en second lieu que la compétence de Mme D, signataire de l'arrêté contesté, n'est pas établie au regard des mentions apposées à côté de la signature électronique figurant sur l'arrêté contesté, il ressort des pièces du dossier qu'elle bénéficie d'une délégation de signature accordée par le préfet du Cher au termes d'un arrêté du 15 juin 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Cher sous le numéro 18-2023-06-008, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions, contrats et conventions, circulaires, rapports, mémoires, correspondances et saisine des juridictions relevant des attributions de l'Etat dans le département " à l'exceptions des déclinatoires de compétences et arrêtés de conflit, des réquisitions du comptable public et des réquisitions de la force armée. L'arrêté contesté n'entrant pas dans la catégorie des actes exclus de sa délégation, le moyen n'est pas fondé et doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français

4. Le requérant soutient qu'alors qu'il peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions combinées de l'article 6.7° de l'accord franco algérien et de l'article L.425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que sa fille est atteinte d'une maladie neurologique qui nécessite une surveillance régulière, actuellement réalisée au CHRU de Tours, l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français est entachée d'illégalité. Toutefois, alors que le requérant, présent sur le territoire depuis 2019, ne soutient ni même n'allègue avoir déposé une demande de titre de séjour afin de régulariser sa situation, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance par le préfet des dispositions qu'il invoque, le préfet n'étant pas tenu de faire usage de son pouvoir discrétionnaire afin d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation. Le moyen est donc inopérant et doit être écarté.

5. Pour le même motif que celui évoqué au point précédent, le moyen tiré de ce que M. B aurait dû bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6.5° de l'accord franco-algérien est également inopérant et doit être écarté.

6. Aux termes de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ;() "

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré irrégulièrement sur le territoire et y séjourne depuis sans avoir chercher à régulariser sa situation. Il en est de même de son épouse, laquelle est également en situation irrégulière sur le territoire et de ses trois enfants mineurs dont la situation est indissociable de celle de leurs parents. En outre M. B n'établit pas ne pas pouvoir reconstruire la cellule familiale en Algérie, pays dont lui-même, son épouse et leurs enfants ont la nationalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français qui lui est faite porte atteinte à sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 6.5° de l'accord franco algérien, non établi, doit être écarté

En ce qui concerne l'absence de délai pour quitter le territoire français

8. Aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'sile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;/2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ;/ 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L.612-3 de ce même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;(.) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

9. En l'espèce, le préfet du Cher a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à M. B en se fondant sur le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cité au point précédent, aux motifs qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, bien qu'il soit présent sur le territoire depuis 2019, et qu'il ne justifie pas de garanties de représentation suffisantes, n'ayant pas présenté de passeport en cours de validité lors de son interpellation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B qui dispose d'un diplôme de coiffeur, exerce ce métier sur le territoire depuis août 2019 et bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 17 octobre 2023, qu'il justifie d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale où réside également son épouse et ses trois enfants, âgés de 9, 7 et 4 ans lesquels sont régulièrement scolarisés et que la plus jeune bénéficie d'un suivi médical au centre hospitalier de Tours. Alors qu'au regard de l'ensemble de ces éléments le risque de fuite n'est pas caractérisé, nonobstant la circonstance que M. B est entré irrégulièrement sur le territoire et n'a pas présenté de demande de titre de séjour, le refus du préfet du Cher de lui accorder un délai de départ volontaire est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des éléments de sa situation personnelle.

10. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point précédent, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre le refus d'accorder un délai à M B pour quitter le territoire français, doit être annulé.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

11. Aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans ses dispositions applicables au litige : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. (.) ".

12. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. B, son épouse et deux de ses enfants sont présents sur le territoire depuis près de cinq ans, certes en situation irrégulière, et que sa plus jeune fille est née sur le territoire, que l'intéressé travaille depuis son arrivée sur le territoire pour subvenir aux besoins de sa famille et a entrepris d'apprendre la langue française afin de s'intégrer, et qu'en outre, ainsi qu'il a été dit aux points 9 et 10, la mesure d'éloignement contestée est entachée d'illégalité en l'absence d'octroi d'un délai de départ volontaire, en édictant à l'encontre de l'intéressé une mesure d'interdiction du territoire de cinq années, le préfet du Cher a, dans les circonstances de l'espèce, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

13. Il résulte de ce qui vient d'être au point précédent, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre la décision faisant interdiction de retour sur le territoire à M. B pendant un délai de cinq ans, doit être annulée.

14. Eu égard à l'ensemble de ce qui vient d'être dit, les décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B et fixant à cinq ans le délai d'interdiction de retour sur le territoire doivent être annulées

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

15. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 2, la décision contestée ne méconnaît pas les dispositions des articles L.212-1 et L.212-2 du code des relations entre le public et l'administration

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 3, l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté n'est pas établie.

17. En troisième lieu, alors ainsi qu'il vient d'être dit aux points 4 à 7 que les irrégularités soulevées à l'encontre de la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français ne sont pas de nature à affecter sa légalité, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant assignation à résidence par la voie de l'exception d'illégalité de la décision obligeant l'intéressé à quitter le territoire français doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B dirigées contre la décision l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

19. Eu égard à tout ce qui vient d'être dit, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.

20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B et fixant à cinq ans le délai d'interdiction de retour sur le territoire contenues dans l'arrêté du 18 février 2024 sont annulées.

Article 2 : L'état versera à M. B la somme de 800 (huit cent) euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Cher.

Copie en sera adressée pour information à Me Dallois Segura

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.

La magistrate désignée,

Hélène C

La greffière,

Nathalie ARCHENAULT

La République mande et ordonne au préfet du Cher, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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