Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400744

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400744
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLE BORGNE

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Orléans a été saisi par M. B d’un recours en excès de pouvoir contre une décision du ministre de l’intérieur du 28 novembre 2023 annulant son permis de conduire pour perte totale de points. En cours d’instance, le ministre a retiré cette décision en réattribuant quatre points au permis, le 27 février 2024. Le tribunal constate que la requête est devenue sans objet et prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions principales, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du même code sont rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2024, M. A B, représenté par Me Le Borgne, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 novembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'annulation de son permis de conduire pour perte totale de points ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de doter son permis de conduire de quatre points supplémentaires dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer en faisant valoir que la décision attaquée a été retirée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; /() ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; /(). ".

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. Par une décision du 27 février 2024, postérieure à l'introduction de la requête, le ministre de l'intérieur a réattribué quatre points au permis de conduire qui a recouvré sa validité. Ainsi, la requête de M. B est devenue sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B de la somme de 1 500 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Fait à Orléans, le 28 novembre 2024.

Le président du tribunal,

B. GUEVEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.