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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400756

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400756

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400756
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantMALIK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 février 2024, M. B A, représenté par Me Malik, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le Sénégal ou tout pays dans lequel il est légalement admissible comme pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) subsidiairement d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation en ce qu'il n'a pas tenu compte de son entière situation et de la poursuite de ses études ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mai 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public, autorisé par Mme Lesieux, présidente de la formation de jugement, a été dispensé, sur sa proposition, d'avoir à prononcer des conclusions.

Le rapport de Mme Bernard a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 10 septembre 1997, est entré en France le 20 septembre 2020 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant, renouvelé jusqu'au 19 septembre 2022. Le 5 septembre 2023, il a de nouveau sollicité un titre de séjour portant la mention " étudiant " sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 janvier 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les motifs de droit et de fait sur lesquels le préfet s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour formée par le requérant, prononcer l'obligation de quitter le territoire français et fixer le pays de renvoi. En particulier, il fait état des conditions d'entrée et de séjour en France de M. A et rappelle que l'intéressé, célibataire et sans enfant, s'est prévalu, au soutien de sa demande de titre de séjour en qualité d'étudiant, d'une nouvelle inscription en 1ère année de Sciences du Langage à l'université de Tours pour l'année 2023/2024. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation en ce que le préfet n'aurait pas tenu compte de la situation personnelle de l'intéressé et de la poursuite de ses études doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

4. M. A fait valoir que ses échecs scolaires s'expliquent par son isolement et sa méconnaissance du système universitaire français ainsi que par le décès de sa mère et de son grand-père qui l'ont beaucoup affecté, qu'il travaille parallèlement à ses études et que sa sœur réside régulièrement en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette dernière vit dans le département de l'Essonne et le requérant ne démontre pas, ni même n'allègue, entretenir des liens stables et réguliers avec elle. Par ailleurs, l'intéressé, entré en France récemment, s'est maintenu en situation irrégulière depuis l'expiration de son précédent titre de séjour, le 19 septembre 2022. Il est en outre célibataire et a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans dans son pays d'origine, où il ne conteste pas ne pas être dépourvu d'attaches privées et familiales. Par suite, et alors même qu'il justifie d'un emploi à temps partiel depuis avril 2019, les décisions en litige n'ont pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels elles ont été prises. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que ces décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 janvier 2024 du préfet d'Indre-et-Loire doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lesieux, présidente,

Mme Bernard, première conseillère,

Mme Dicko-Dogan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

La rapporteure

Pauline BERNARD

La présidente,

Sophie LESIEUX

La greffière,

Emilie DEPARDIEU

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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