LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400883

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400883

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400883
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantFRANCE TERRE D'ASILE - CRA OLIVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2024 et un mémoire enregistré le 11 mars 2024, M. F représenté par Me Hajji, avocate, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil conformément aux articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991 sur l'aide juridictionnelle à charge pour lui de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Le requérant soutient que :

- en qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* La décision est insuffisamment motivée ;

* La procédure suivie a méconnu l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et méconnu l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

* La décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

* La décision est entachée d'erreurs de fait quant à sa demande de renouvellement de son titre de séjour et sur son entrée irrégulière sur le territoire français ;

* La décision méconnait son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

* La décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et sur son état de santé ;

* La décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* La décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

* La décision méconnaît l'article 6 alinéa 4 de l'accord franco-algérien : il est père de quatre enfants français, il aurait dû bénéficier d'un certificat de résidence et il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;

* La commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;

- en ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* Elle est illégale dès lors que fondée sur une mesure d'éloignement illégale ;

- en ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* La décision est insuffisamment motivée ;

* Elle est illégale dès lors que fondée sur une mesure d'éloignement illégale ;

* Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

* Il présente des garanties de représentation ;

* Il ne représente pas un trouble à l'ordre public ;

- en ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* La décision est insuffisamment motivée ;

* Elle est illégale dès lors que fondée sur une mesure d'éloignement illégale ;

* La décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

* Il est illégal en conséquence de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Par une décision du 4 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a placé M. C au centre de rétention administrative d'Olivet.

Par une ordonnance du 6 mars 2024 le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. C pour une durée de 28 jours.

Par une ordonnance du 8 mars 2024 le juge des libertés et de la détention à la cour d'appel d'Orléans a confirmé l'ordonnance de prolongation de la rétention de M. C pour une durée de 28 jours.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendues au cours de l'audience :

- le rapport de Mme E,

- les observations de Me Hajji représentant M. C qui reprend les moyens de la requête et du mémoire complémentaire, et de M. C assisté de Mme B, interprète, qui fait valoir qu'il veut reprendre sa vie d'avant et revoir ses enfants.

Le préfet de la Loire-Atlantique n'était ni présent ni représenté.

L'instruction a été clôturée à 11h55 après que les parties ont formulé leurs observations.

Le dispositif du jugement assorti de la formule exécutoire a été communiqué sur place aux parties présentes à l'audience qui en ont accusé réception.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 5 mars 1974, entré sur le territoire français en 2006, alors titulaire d'un certificat de résidence expirant le 12 mai 2023, a été incarcéré le 19 avril 2023 puis condamné le 20 avril 2023 par un jugement du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire à une peine de douze mois de prison pour des faits de menace réitérée de crime contre les personnes commise par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin, ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, faits commis en récidive. Le certificat de résidence de M. C, arrivé au terme de sa validité, n'a pas fait l'objet d'une demande formelle de renouvellement. Par l'arrêté attaqué du 1er mars 2024, notifié le 4 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique fait obligation à M. C de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par arrêté du 4 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a ordonné le placement en rétention de M. C. Par une ordonnance du 6 mars 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné la prolongation du maintien en rétention de M. C pour une durée de 28 jours. Cette ordonnance a été confirmée le 8 mars 2024 par la Cour d'appel d'Orléans. Par sa requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'arrêté attaqué dans son ensemble :

4. L'arrêté attaqué a été signé par Mme D A, attachée principale, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 1er mars 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme A à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant d'accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi, et portant interdiction de retour sur le territoire français en cas d'absence ou d'empêchement d'agents dont il n'est pas établi qu'ils n'étaient ni absents ni empêchés à la date de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué en litige manque en fait.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il ressort, d'une part, des dispositions des chapitres III et IV du Titre I du Livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à un étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, imposant de façon générale le respect d'une procédure contradictoire en préalable aux décisions individuelles soumises à l'exigence de motivation, ne peut être utilement invoqué à l'encontre d'une telle mesure d'éloignement.

6. D'autre part, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. 2. Ce droit comporte notamment : () le droit de toute personne d'être entendu avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Ces stipulations s'adressent non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Il résulte toutefois de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

7. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et, notamment du procès-verbal d'audition de l'intéressé par un agent de la police aux frontières au lieu de sa détention en date du 16 janvier 2024, que M. C a été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur les conditions de son séjour et sur la perspective de son éloignement à destination de son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée. Il ne ressort, par ailleurs, d'aucune pièce du dossier, que le préfet de la Loire-Atlantique ne se serait pas livré à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de M. C avant de prendre la décision attaquée.

11. En troisième lieu, M. C fait valoir que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'il souhaitait effectuer son renouvellement de certificat de résidence arrivant à échéance en mai 2023 mais n'en a pas eu la possibilité, qu'il présente des garanties de représentation et qu'il est entré régulièrement sur le territoire français. Toutefois d'une part, il est constant que M. C n'a pas présenté de demande de renouvellement de son certificat de résidence dont la validité expirait en mai 2023. D'autre part, les certificats d'hébergement présentés par le requérant sont postérieurs à la décision attaquée. Par ailleurs, ainsi que l'a noté le juge de la cour d'appel d'Orléans, des attestations d'hébergement ne peuvent être regardées comme un logement stable et pérenne. Enfin, la circonstance selon laquelle M. C serait entré régulièrement sur le territoire français ne peut pas être regardé comme établie par les pièces du dossier. Le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. M. C se prévaut de ce qu'il est père de quatre enfants français mineurs et que la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, l'intensité des liens entretenus par M. C avec ses enfants ressort insuffisamment des pièces du dossier, l'aîné des enfants de M. C désormais majeur ayant été placé en famille d'accueil et les trois plus jeunes vivant avec leur mère avec laquelle le requérant a interdiction d'entrer en contact. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant participait avant son incarcération à l'éducation et à l'entretien de ses enfants. Il n'est également ni établi ni allégué que le requérant ne conserverait pas d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dès lors, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Si M. C se prévaut également d'une méconnaissance de l'alinéa 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien, il ressort, des pièces du dossier qu'il ne remplit pas les conditions définies par cet article dès lors que l'ordonnance d'orientation et sur mesure provisoire en divorce, prévoit que son ex-épouse dispose de l'autorité parentale exclusive et qu'il n'est pas établi par les pièces du dossier qu'il contribuerait effectivement aux besoins de ses enfants. Par ailleurs, alors même que le requérant est présent sur le territoire français depuis 2006, eu égard aux conditions de séjour de M. C sur le territoire français et des condamnations dont il a fait l'objet, la décision attaquée ne peut davantage être regardée comme entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle de M. C.

14. En cinquième lieu, si M. C soutient également que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé, il ne ressort pas des pièces du dossier que la pathologie dont il souffre l'empêcherait de voyager et ne pourrait être prise en charge dans son pays d'origine.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

16. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13 du présent jugement, la décision attaquée ne méconnaît pas les article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. M. C ne peut par ailleurs pas utilement se prévaloir des termes de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors que ces stipulations conventionnelles prévoient seulement des obligations entre États sans ouvrir de droits aux intéressés.

17. En septième lieu, la décision attaquée ne constituant pas un refus de titre de séjour, M. C ne peut utilement soutenir que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie.

Sur le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

18. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire serait privée de base légale.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : /1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; /2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; /3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".

20. Il ressort des termes de la décision attaquée qui comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent qu'elle est suffisamment motivée.

21. En troisième lieu, pour refuser d'accorder un délai de de départ volontaire à M. C le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur la circonstance que le requérant ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes et qu'il avait explicitement déclaré ne pas vouloir se conformer à l'obligation de quitter le territoire français. Pour ces seuls motifs, qui ne sont entachés d'aucune erreur de fait, le préfet de la Loire-Atlantique qui n'a pas opposé pour cette décision la circonstance que M. C représentait une menace pour l'ordre public, pouvait prendre la mesure refusant d'accorder un délai de départ volontaire à M. C. Une telle décision n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

22. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant un pays de renvoi serait privée de base légale.

23. En second lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que conformément à l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle vise, elle fixe bien un pays de renvoi qui est d'abord celui dont M. C a la nationalité. Elle précise ensuite également que M. C peut aussi être éloigné à destination d'un pays non membre de l'Union européenne et non partie au système de Schengen dans lequel il est légalement admissible. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

24. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire seraient illégales, n'est pas fondé à soutenir que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français serait privée de base légale.

25. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

26. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

27. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

28. L'interdiction de retour attaquée vise les articles L. 612-6, et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle est justifiée par le fait que l'intéressé a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il est en situation irrégulière sur le territoire français, qu'il est célibataire, sans enfant à charge, sans ressources légales et n'établit pas être dépourvu de liens avec son pays d'origine et qu'il constitue une menace à l'ordre public. Ainsi, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

29. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Sur le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

30. M. C qui n'établit pas que la décision portant interdiction de retour d'une durée d'un an serait illégale n'est pas fondé à soutenir que la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen serait privé de base légale.

31. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu sur le siège le 12 mars 2024.

La magistrate désignée,

Armelle E

La greffière,

Céline BOISGARD

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions