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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400981

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400981

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400981
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantALAGAPIN-GRAILLOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, M. A C, représenté par Me Alagapin-Graillot, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 26 décembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire, ensemble les retraits de points qui y sont mentionnés ;

2°) à titre accessoire, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les cinq points retirés, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a pas commis les infractions du 13 juillet 2023 à 21h21 et 20h06 et en a désigné l'auteur ; les amendes ont été annulées et la réalité de ces infractions n'est pas établie ;

- la décision est insuffisamment motivée au sens de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il n'a pas reçu l'information préalable des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire enregistré le 17 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande au tribunal de constater un non-lieu à statuer partiel et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- les points retirés à l'occasion des infractions du 13 juillet 2023 ont été restitués et le capital du permis de conduire s'établit à cinq points.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 26 décembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé le requérant de la perte de validité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul. Le requérant demande l'annulation de cette décision, ainsi que des retraits de points qui y sont mentionnés.

Sur l'étendue du litige :

2. Le relevé d'information intégral du permis de conduire du requérant, produit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, ne comporte aucune mention de la décision du 26 décembre 2023 et des retraits de points afférents aux infractions du 13 juillet 2023 à 20h06 et 21h21. Le capital du permis de conduire s'établit à cinq points. L'administration doit par suite être regardée comme ayant retiré sa décision 48 SI ainsi que les retraits d'un point et de quatre points afférents aux infractions du 13 juillet 2023. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, dépourvues d'objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions restant en litige :

3. Les décisions " 48 ", portant retrait de points sont établies sur des formulaires types qui comportent les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des retraits de points opérés sur le permis de conduire du contrevenant. La décision " 48 SI " en date du 26 décembre 2023 récapitule les infractions ayant donné lieu à des pertes de points et comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des retraits de points opérés sur le permis de conduire du contrevenant. En outre, les mentions inscrites dans le relevé intégral d'information, document nominatif dont l'accès est librement et personnellement réservé au titulaire du titre de conduite, récapitulent la date, l'heure, le lieu, la qualification de l'infraction, les mentions relatives au caractère définitif de l'infraction par le paiement de l'amende forfaitaire, l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou le prononcé d'une condamnation définitive, le nombre de points retirés et réattribués. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions de retrait de points susmentionnées doit être écarté.

S'agissant de la délivrance de l'information préalable :

4. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

5. Dès lors que le contrevenant a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire due à raison d'une infraction au code de la route, il en résulte nécessairement qu'il a reçu un avis de contravention. Eu égard aux mentions dont ces avis sont réputés être revêtus, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartenait à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le requérant a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire due à raison de l'infraction commise le 21 novembre 2023, constatée par radar automatique, Il ne produit pas l'avis de contravention afin de permettre au tribunal de vérifier qu'il était complet et exact et ne soutient d'ailleurs pas que cet avis était incomplet ou inexact. Par suite, le retrait de deux points opéré à raison de cette infraction est intervenu selon une procédure régulière.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête doivent être rejetées pour le surplus.

Sur les frais de l'instance :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 26 décembre 2023 et les décisions portant retrait de points à la suite des infractions du 13 juillet 2023 à 20h06 et 21h21.

Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Jean-Luc B

Le greffier,

Laurent BOUSSIERES

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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