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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2400983

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400983

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400983
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPASSY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2024 et un mémoire enregistré le 12 mars 2024, M. A C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer sans délai sous astreinte de 100 euros par jour de retard une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation.

Le requérant soutient que :

- en qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* La décision est insuffisamment motivée ;

* La procédure suivie a méconnu l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et méconnu l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; elle a méconnu son droit à être entendu ;

* Il a vocation à se voir délivrer un titre de séjour à titre exceptionnel ;

* La décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;

- en ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* Elle est insuffisamment motivée ;

* Elle est illégale dès lors que fondée sur une mesure d'éloignement illégale ;

- en ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* La décision est insuffisamment motivée ;

* Elle est illégale dès lors que fondée sur une mesure d'éloignement illégale ;

* Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

* Il n'est pas établi que le signataire de la décision disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

* La décision est insuffisamment motivée ;

* Elle est illégale dès lors que fondée sur une mesure d'éloignement illégale ;

* La décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

* Il est insuffisamment motivé ;

* Il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par une décision du 7 mars 2024, le préfet du Nord a placé M. C au centre de rétention administrative d'Olivet.

Par une ordonnance du 10 mars 2024, le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. C pour une durée de 28 jours.

Par une ordonnance du 12 mars 2024 la Cour d'appel d'Orléans a confirmé l'ordonnance de prolongation de la rétention de M. C pour une durée de 28 jours.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendues au cours de l'audience :

- le rapport de Mme E,

- les observations de Me Passy représentant M. C qui fait valoir qu'elle a demandé un renvoi d'audience qui ne lui a pas été accordé. Elle reprend les moyens de la requête et du mémoire complémentaire.

Le préfet du Nord n'était ni présent ni représenté.

L'instruction a été clôturée à 11h25 après que les parties ont formulé leurs observations.

Le dispositif du jugement assorti de la formule exécutoire a été communiqué sur place aux parties présentes à l'audience qui en ont accusé réception.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 12 juillet 1982 est entré sur le territoire français le 13 décembre 2015 selon ses déclarations. Il a bénéficié d'un certificat de résidence d'un an entre le 24 juin 2020 et le 23 juin 2021 à la suite de son union avec une ressortissante française. Divorcé, il n'a jamais sollicité le renouvellement de son certificat de résidence et s'est maintenu sur le territoire français. M. C a été interpellé lors d'un contrôle exercé dans la rue par les forces de police, dans le cadre d'une opération de prévention et recherche des infractions liées à la criminalité transfrontalière. Son droit au séjour a alors été contrôlé. Par l'arrêté attaqué du 7 mars 2024, le préfet du Nord fait obligation à M. C de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par arrêté du même jour, le préfet du Nord a ordonné le placement en rétention de M. C. Par une ordonnance du 10 mars 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné la prolongation du maintien en rétention de M. C pour une durée de 28 jours. Cette ordonnance a été confirmée le 12 mars 2024 par la Cour d'appel d'Orléans. Par sa requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Sur l'arrêté attaqué dans son ensemble :

2. Par un arrêté du 5 février 2024, publié le même jour au recueil n° 2024-064 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer, en particulier, les décisions attaquées. Le moyen d'incompétence de la signataire des décisions litigieuses, qui manque en fait, doit donc être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, il ressort, d'une part, des dispositions des chapitres III et IV du Titre I du Livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à un étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, imposant de façon générale le respect d'une procédure contradictoire en préalable aux décisions individuelles soumises à l'exigence de motivation, ne peut être utilement invoqué à l'encontre d'une telle mesure d'éloignement.

4. D'autre part, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. 2. Ce droit comporte notamment : () le droit de toute personne d'être entendu avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Ces stipulations s'adressent non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Il résulte toutefois de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

5. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C, notamment lors de son audition par les services de police le 6 mars 2024, a été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur les conditions de son séjour et sur la perspective de son éloignement à destination de son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

9. En troisième lieu, il est constant que M. C n'a pas sollicité le renouvellement de son certificat de résidence à l'échéance de la date de validité de celui-ci et n'a pas plus sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement. Il ne peut donc utilement à l'appui de la décision attaquée se prévaloir de ce qu'il a vocation à se voir délivrer un titre de séjour.

10. En quatrième lieu, M. C se prévaut de ce qu'il travaille en qualité de coiffeur et qu'il est présent depuis 2015 sur le territoire français. Toutefois, l'intensité, la stabilité et l'ancienneté des liens qu'il aurait en France ne ressort d'aucune pièce du dossier alors qu'il n'est ni établi, ni allégué qu'il ne conserverait pas d'attaches dans son pays d'origine. Dès lors la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle de M. C.

Sur le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire serait privée de base légale.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : /1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; /2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; /3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".

13. Il ressort des termes de la décision attaquée qui comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent qu'elle est suffisamment motivée.

14. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. C le préfet du Nord s'est fondé sur les circonstances selon lesquelles M. C n'a pas sollicité le renouvellement de son titre et s'est maintenu sur le territoire français et ne présente pas de garanties de représentation, et qu'il a indiqué clairement ne pas vouloir retourner en Algérie. Pour ces motifs le préfet du Nord pouvait prendre la mesure refusant d'accorder un délai de départ volontaire à M. C. Une telle décision n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

15. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant un pays de renvoi serait privée de base légale.

16. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que conformément à l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle fixe bien un pays de renvoi qui est d'abord celui dont M. C a la nationalité. Elle précise ensuite également que M. C peut aussi être éloigné à destination de tout pays dans lequel il est légalement admissible. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

17. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire seraient illégales, n'est pas fondé à soutenir que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français serait privée de base légale.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

20. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

21. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

22. L'interdiction de retour attaquée vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle est justifiée par le fait que l'intéressé fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai et ne présente pas de circonstances humanitaires propres à empêcher une interdiction de retour. Ainsi, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

23. En troisième lieu, la nature et l'ancienneté des liens noués en France par M. C ne ressortant pas des pièces du dossier, la durée d'interdiction de retour d'une durée d'une année n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Sur le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

24. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision portant interdiction de retour d'une durée d'un an serait illégale n'est pas fondé à soutenir que la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen serait privé de base légale.

25. En deuxième lieu, la décision est motivée en fait et en droit.

26. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006.Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ".

27. Le requérant s'étant vu notifier une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet du Nord était tenu de prendre à son encontre la décision de signalement dans le système d'information Schengen. Le moyen tire du l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision doit être écarté.

28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Nord.

Rendu sur le siège le 14 mars 2024.

La magistrate désignée,

Armelle E

La greffière,

Céline BOISGARD

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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