jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KAB CONSEIL AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2024, M. H demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2024 par lequel le préfet du Morbihan lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de six mois et a ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Le requérant soutient que :
- la compétence de l'auteur de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il a été privé de son droit à être entendu, en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en méconnaissance des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa vie privée et familiale,
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en méconnaissance des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration,
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement,
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées en méconnaissance de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- elles sont illégales en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement,
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa vie privée et familiale,
En ce qui concerne le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
- il est illégal en raison de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé,
- que le tribunal peut procéder à une substitution de base légale en substituant les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celles du 1° de ce même article.
Par une décision du 14 mars 2024, le préfet du Morbihan a placé M. C au centre de rétention administrative d'Olivet.
Par une ordonnance du 17 mars 2024, le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. C pour une durée de 28 jours.
Par une ordonnance du 20 mars 2024 la Cour d'appel d'Orléans a confirmé l'ordonnance de prolongation de la rétention de M. C pour une durée de 28 jours.
Vu :
- les pièces remises pendant l'audience,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience :
- le rapport de Mme B,
- les observations de M. C, assisté de M. A G, interprète et représenté par Me Yela Koumba qui, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français précise que la motivation est stéréotypée, soulève les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation, alors qu'il est mesure de compléter son dossier de demande de titre de séjour en produisant des pièces, et de la méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison du caractère caduque de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet en 2023, estime que le préfet ne pouvait régulièrement se fonder sur l'inexécution de l'obligation de quitter le territoire français et de l'assignation à résidence du 13 janvier 2023, et qui affirme qu'il dispose d'un droit à régularisation de son séjour en France. M. C s'est par ailleurs prévalu de son emploi de maçon depuis 2020 et d'une promesse d'embauche.
L'instruction a été clôturée à 16h45 après que les parties ont formulé leurs observations.
Le dispositif du jugement assorti de la formule exécutoire a été communiqué sur place aux parties présentes à l'audience qui en ont accusé réception.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 16 décembre 1989 à Gabès, déclare être entré sur le territoire français en septembre 2020. Par un arrêté du 13 janvier 2023, le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Morbihan l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours. Le 7 mars 2024, M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". A la suite de la vérification du droit au séjour de M. C par les services de la gendarmerie nationale le 14 mars 2024, par un arrêté du même jour, le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de six mois et a ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Par ailleurs, par une décision du 14 mars 2024, le préfet du Morbihan a placé M. C au centre de rétention administrative d'Olivet. Par une ordonnance du 17 mars 2024, le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. C pour une durée de vingt-huit jours. Cette ordonnance a été confirmée le 20 mars 2024 par la Cour d'appel d'Orléans. Par sa requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2024 par lequel le préfet du Morbihan lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de six mois et a ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme E D, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité de la préfecture du Morbihan. Par arrêté du 29 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Morbihan a donné délégation de signature à Mme D, dans le cadre des attributions de son bureau, à l'effet de signer notamment, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F, directeur de la citoyenneté et de la légalité " dans le cadre des attributions et compétences de sa direction, toutes décisions ou pièces ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré du vice d'incompétence doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ;() ".
4. Il résulte de la décision attaquée qu'elle a pour fondement légal les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que M. C ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu sans avoir demandé la délivrance d'un titre de séjour. Les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 peuvent être substituées à celles du 1° de ce même article. De plus, cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
5. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et, notamment du procès-verbal d'audition de M. C par les services de gandarmerie le 14 mars 2024, que M. C a été mis à même de présenter, ses observations sur les conditions de son séjour et sur la perspective de son éloignement à destination de son pays d'origine. La circonstance, à la supposer alléguée, qu'il n'a pas pu compléter son dossier de demande de titre de séjour du fait de son placement en rétention, ne révèle pas qu'il aurait été privé de son droit à être entendu. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".
9. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Morbihan a mentionné les considérations de fait et de droit qui le fondent, en relevant notamment que M. C est entré de manière irrégulière en France, est présent en France, selon ses déclarations, depuis trois ans et six mois, qu'il n'est pas en mesure de justifier avoir respecté l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 13 janvier 2023, et que sa conjointe et leurs deux enfants résident en Tunisie. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.
10. En troisième lieu, alors même la décision attaquée est antérieure à l'arrêté du 16 mars 2024 par lequel le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Morbihan n'aurait pas procédé à un examen attentif et particulier de la situation de M. C.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
12. Alors même que la situation de M. C en France n'a pas changé depuis l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet en 2023, à la suite de son interpellation par les services de gendarmerie le 14 mars 2024, le préfet du Morbihan n'a pas commis d'erreur de droit en prononçant une nouvelle mesure d'éloignement à son encontre, au-delà du délai d'un an fixé par les dispositions précitées, dès lors que par un arrêté du même jour il a placé M. C en rétention administrative.
13. Par ailleurs, la décision attaquée n'est pas motivée par la circonstance que M. C ne s'est pas présentée aux services de la gendarmerie à la suite de la décision d'assignation à résidence dont il a fait l'objet en 2023.
14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
15. Si M. C affirme qu'il réside en France ainsi que toute sa famille, dont trois frères, depuis 2006, qu'il est hébergé au domicile de l'un de ses frères, dont il produit au cours de l'audience une attestation " titulaire de contrat " auprès d'EDF pour un logement situé à Montfort et une copie de sa carte de résident en cours de validité, et qu'il est en couple depuis plus de deux ans avec une ressortissante française, il reconnait que sa conjointe et leurs deux enfants résident en Tunisie, ainsi que ses parents. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
16. En sixième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point précédent, et malgré les efforts d'intégration par le travail de M. C depuis 2020, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa vie privée et familiale.
17. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la demande de titre de séjour de M. C du 7 mars 2024, le préfet du Morbihan a, par un arrêté du 16 mars 2024, postérieur à la décision attaquée, refusé de lui délivrer le titre sollicité, décision à l'encontre de laquelle aucune conclusion à fin d'annulation n'a été présentée dans le cadre de cette instance. L'affirmation selon laquelle il dispose d'un droit à régularisation est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
18. En premier lieu, le préfet a relevé que M. C n'établissait pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée en fait et le moyen doit être écarté.
19. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination ne peut être qu'écarté.
20. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 16, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
21. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
22. En premier lieu, la circonstance que M. C ne justifie pas avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet en 2023 suffit pour regarder comme établi le risque qu'il se soustraie à l'obligation qui lui avait été faite de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait doit être écarté.
23. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ne peut être qu'écarté.
24. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 16, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
25. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ".
26. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
27. Il ressort des termes de la décision que le préfet a notamment relevé le caractère récent de son entrée sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens en France. Par suite, cette décision est ainsi suffisamment motivée, et le moyen doit être écarté.
28. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
29. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 16, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
30. Aux termes du III de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n°2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE)n°1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. "
31. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative informe l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour. La décision portant interdiction à M. C de revenir sur le territoire français pendant un délai de six mois n'étant pas illégale, pour les motifs énoncés ci-dessus, le requérant n'est en tout état de cause pas fondé à exciper de la prétendue illégalité de ladite décision. Par suite le moyen doit être écarté.
32. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H et au préfet du Morbihan.
Copie en sera adressée à la préfète du Loiret.
Rendu sur le siège le 21 mars 2024.
La magistrate désignée,
Séverine DUMAND
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026