mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401146 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | CABINET MALLET-GIRY ROUICHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 et 21 mars 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 20 février 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Loiret a rejeté sa demande de remise gracieuse de la somme de 1 240 euros d'aide au logement indûment perçue au titre de la période de mai à septembre 2021.
Il soutient qu'il ne peut rembourser la somme réclamée car il est dans une situation économique compliquée depuis novembre 2022 et n'est plus en mesure de se verser un salaire.
Par un mémoire, enregistré le 29 octobre 2024, M. A, représenté par Me Christophe Rouichi, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 20 février 2024 précitée ;
2) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 1 358 euros ;
3) à titre subsidiaire de lui accorder la remise totale de sa dette ;
4) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Loiret la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 28 avril 2023 de la caisse d'allocations familiales méconnaît les dispositions de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale et qu'ainsi la décision est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière ;
- il a déclaré ses ressources en toute bonne foi ;
- sa situation actuelle ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 septembre et 30 octobre 2024, la caisse d'allocations familiales du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Rouichi, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à la décharge de l'indu :
1. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur () ". En vertu de ces dispositions, la personne qui entend contester une décision relative à l'aide personnalisée au logement doit former un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur. A défaut d'un tel recours, la contestation portée directement devant le juge administratif est irrecevable. En outre, la décision prise sur un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale et est seule susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux. Par suite, seule la décision du 20 février 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Loiret a rejeté le recours administratif préalable obligatoire du requérant dirigé contre l'indu d'aide personnelle au logement contesté est susceptible de faire l'objet d'un recours. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale soulevé contre la décision du 28 avril 2023 de la caisse d'allocations familiales notifiant l'indu est, en tout état de cause, inopérant.
Sur les conclusions tendant à la remise gracieuse de l'indu :
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvres frauduleuses ou de fausses déclarations. () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé aux allocations ou à leur montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité d'un montant initial de 1 358 euros s'établit à ce jour à la somme de 1 240 euros. Le requérant soutient qu'il ne peut rembourser la somme réclamée dès lors que sa situation financière a changé et qu'il n'arrive plus à se verser un salaire, qu'il bénéficie du revenu de solidarité active et qu'il est hébergé par son père. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment, de l'avis d'imposition sur le revenu de l'année 2021 de l'intéressé que ce dernier a déclaré des revenus d'associés et gérants. Dès lors, l'indu a pour origine la circonstance qu'il s'est toujours déclaré auprès de la caisse d'allocations familiales comme travailleur non salarié alors qu'en réalité, il était gérant depuis la création de son entreprise en mai 2013. Ainsi, compte tenu de la nature du manquement relevé et du caractère réitéré de l'omission de déclaration, il y a lieu de retenir l'existence d'une omission déclarative délibérée et, dès lors, l'absence de bonne foi du requérant, faisant obstacle à toute remise de dette. Le requérant ne peut par suite se prévaloir de la précarité de sa situation financière au demeurant non établie dès lors qu'il ne produit pas de justifications de l'ensemble des ressources et des charges de son foyer à la date du présent jugement alors qu'il indique, dans son mémoire enregistré le 29 octobre 2024, être hébergé par ses parents. Il suit de là qu'il n'est pas fondé à demander la remise gracieuse de la dette de 1 240 euros d'aide au logement.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2024.
Le magistrat désigné,La greffière,
Jean-Michel DELANDRENathalie ARCHENAULT
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026