mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SCP CARIOU LEVEQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2024, Mme A B, représentée par la SCP Cariou-Levêque, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 26 février 2024 par laquelle le département de Loir-et-Cher l'a informée qu'il ne prendra plus en charge ses frais d'hébergement à l'hôtel à compter du
1er avril 2024 ;
2) d'enjoindre au département de Loir-et-Cher de maintenir la prise en charge de ses frais d'hébergement ;
3) de mettre à la charge du département de Loir-et-Cher, au profit de son conseil, la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles ;
- la décision méconnaît l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, le département de Loir-et-Cher, représenté par la Selarl Casadei-Jung, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la demande de la requérante n'est pas fondée.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le
26 janvier 1990 ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Hallé, avocate du département de Loir-et-Cher.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissante de la République Démocratique du Congo née le 28 juillet 1994, est entrée irrégulièrement en France le 13 juin 2018. Depuis le 20 juillet 2022, elle bénéficie d'un hébergement à l'hôtel pris en charge par le département de Loir-et-Cher au titre des dispositions du 4° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles. Par la décision attaquée du 26 février 2024, le département de Loir-et-Cher l'a informée qu'il ne prendra plus en charge ses frais d'hébergement à l'hôtel à compter du 1er avril 2024 au motif qu'elle n'était plus isolée en raison de la naissance le 7 janvier 2024 de son quatrième enfant.
Sur les conclusions en annulation et en injonction :
2. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 4° Les femmes enceintes et les mères isolées avec leurs enfants de moins de trois ans qui ont besoin d'un soutien matériel et psychologique, notamment parce qu'elles sont sans domicile. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les établissements ou services qui accueillent ces femmes organisent des dispositifs visant à préserver ou à restaurer des relations avec le père de l'enfant, lorsque celles-ci sont conformes à l'intérêt de celui-ci () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge sur le fondement des dispositions citées au point 2, ou mettant fin à une telle prise en charge, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance, ou de stipulations internationales applicables, et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
4. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que les moyens de la requérante tiré de ce que la décision n'est pas suffisamment motivée et qu'elle méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne sont inopérants.
5. En second lieu, la requérante soutient que la simple existence du père de son enfant né le 7 janvier 2024 ne suffit pas à établir qu'elle n'est plus une mère isolée, que le père n'a pas reconnu cet enfant, qu'elle élève seule ses quatre enfants, que le père de ses trois premiers enfants ne contribue pas à leurs besoins et qu'elle est sans ressources. En se bornant à soutenir, sans produire de justifications, que la naissance d'un quatrième enfant pendant la période de prise en charge suffit à faire douter de l'isolement de l'intéressée et que cette dernière n'apporte aucun élément d'explication notamment quant à sa relation avec le père de ses trois derniers enfants, le département de Loir-et-Cher n'apporte pas d'éléments suffisants permettant d'établir la fin de l'isolement de la requérante. Par suite, il résulte de l'instruction que la requérante est une mère isolée avec deux enfants de moins de trois ans et qu'elle a besoin d'un soutien matériel et psychologique, notamment parce qu'elle est sans domicile. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, c'est à tort que le département de Loir-et-Cher a mis fin à la prise en charge des frais d'hébergement de la requérante. Il y a lieu, dès lors, d'annuler la décision attaquée du 26 février 2024 du département de Loir-et-Cher et d'enjoindre au département de poursuivre la prise en charge des frais d'hébergement de la requérante.
Sur les frais du litige :
6. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2024. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que la SCP Cariou-Levêque renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge du département de Loir-et-Cher le versement à la SCP Cariou-Levêque de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 26 février 2024 du département de Loir-et-Cher informant
Mme B qu'il ne prendra plus en charge ses frais d'hébergement à l'hôtel à compter du
1er avril 2024 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au département de Loir-et-Cher de prendre en charge les frais d'hébergement de Mme B et de ses enfants, au titre de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, à compter du 1er avril 2024.
Article 3 : Le département de Loir-et-Cher versera à la SCP Cariou-Levêque, avocate de
Mme B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que la SCP Cariou-Levêque renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
Le magistrat désigné,Le greffier,
Jean-Michel DELANDRE Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026