lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401412 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 9 avril et 22 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Franck Cohen, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 29 novembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire, les décisions de retrait de points relatives aux infractions commises les 14 mai et 24 août 2022, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu l'information préalable exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la constatation des infractions des 14 mai et 24 août 2022 ;
- la réalité des infractions des 14 mai et 24 août 2022 n'est pas établie.
Par ordonnance du 28 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 décembre 2024 à 12 heures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre le retrait de points relatif à l'infraction commise le 24 août 2022 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- les points retirés à raison de l'infraction commise le 24 août 2022 ont été supprimés du dossier du requérant ;
- le surplus des demandes du requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur l'étendue du litige :
1. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral, extrait du système national des permis de conduire, relatif au requérant que les points retirés de son permis de conduire à raison de l'infraction commise le 24 août 2022 ont été supprimés du dossier du requérant et que son permis de conduire est doté de huit points. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 29 novembre 2023 constatant la perte de validité du permis de conduire du requérant, de la décision de retrait de points relative à l'infraction commise le 24 août 2022 et, dans cette mesure, de la décision implicite rejetant le recours gracieux de l'intéressé sont devenues sans objet ainsi que les conclusions en injonction tendant à la restitution des points retirés à raison de l'infraction précitée.
Sur la décision de retrait de points relative à l'infraction commise le 14 mai 2022 :
2. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
3. Le ministre ne produit aucun document de nature à établir que le requérant aurait reçu l'information exigée par les dispositions des articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route lors de la constatation de l'infraction commise le 14 mai 2022. La délivrance de l'information ne saurait résulter de la seule circonstance qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis à raison de ces infractions et qu'un avis d'amende forfaitaire majorée a été adressé à l'intéressé dès lors que l'administration n'établit pas que le contrevenant a reçu ces documents ou qu'il aurait payé l'amende forfaitaire majorée correspondante. Si la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation de cette infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, il n'en va pas de même pour l'information relative à la possibilité d'un retrait de points qui permet au contrevenant de savoir si l'infraction commise va ou non entrainer un retrait de points et lui permettre, le cas échéant, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis de conduire. Dans ce cas, le contrevenant a nécessairement été privé de la garantie instituée par les dispositions précitées du code de la route alors même qu'il aurait antérieurement commis des infractions de même nature pour lesquelles il a reçu l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités. Dans ces conditions, le retrait de quatre points à raison de l'infraction commise le 14 mai 2022 est intervenu à la suite d'une procédure irrégulière.
4. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de quatre points relative à l'infraction commise le 14 mai 2022 ainsi que, dans cette mesure, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions en injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement que le ministre de l'intérieur restitue au requérant les quatre points retirés de son permis de conduire à raison de l'infraction commise le 14 mai 2022 dans la limite de douze points. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à cette restitution dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 29 novembre 2023 constatant la perte de validité de son permis de conduire, de la décision de retrait de points relative à l'infraction commise le 24 août 2022 et, dans cette mesure, de la décision implicite rejetant son recours gracieux ainsi que sur les conclusions en injonction tendant à la restitution des points retirés à raison de l'infraction précitée.
Article 2 : La décision du ministre de l'intérieur de retrait de quatre points du permis de conduire de M. B relative à l'infraction commise le 14 mai 2022 et, dans cette mesure, la décision implicite de rejet du recours gracieux de l'intéressé sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer, dans la limite du nombre maximal de douze points, les quatre points retirés du permis de conduire de M. B à la suite de l'infraction commise le 14 mai 2022 dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.
Le magistrat désigné,Le greffier,
Jean-Michel DELANDRELaurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026