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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2401515

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401515

mercredi 31 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2401515
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSELARL FREDERIC ALQUIER

Résumé IA

Voici le résumé de la décision : Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. C..., ressortissant tchadien, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour "étudiant" et l'obligation de quitter le territoire français prise par le préfet d'Indre-et-Loire. Le tribunal a jugé que l'arrêté attaqué n'était pas entaché d'incompétence, le signataire disposant d'une délégation régulière. Il a également écarté les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur de droit, en rappelant que le renouvellement du titre de séjour étudiant est subordonné à la réalité et au sérieux des études, appréciés sous le contrôle du juge. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. C..., sur le fondement des articles L. 422-1 et L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2024, M. A... C..., représenté par Me Alquier, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté en date du 24 janvier 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d’éloignement ;

2°) d’enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « Étudiant » ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que l’arrêté de refus contesté est illégal au motif que :
- il n’est pas établi que l’arrêté ait été signé par une autorité compétente ;
- il est entaché d’un défaut d’examen ;
- il est entaché d’une erreur de droit ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.


Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés.

Par une décision du 22 mars 2024 le bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire d’Orléans a admis M. C... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale et a désigné Me Alquier pour l’assister.


Par ordonnance du 24 juin 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 juillet 2025 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme B... a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

Il ressort des pièces du dossier que M. C..., ressortissant tchadien né le 7 juin 1991 à N’Djamena (Tchad), est entré régulièrement en France le 4 octobre 2019 sous couvert d’un visa long séjour en qualité d’étudiant et à par la suite été muni d’un titre de séjour pluriannuel « Étudiant » valable trois ans du 19 octobre 2020 au 18 octobre 2023. Il a déposé le 4 octobre 2023 auprès des services de la préfecture d’Indre-et-Loire une demande tendant au renouvellement de son titre de séjour. Par arrêté en date du 24 janvier 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a refusé d’y faire droit, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d’éloignement. Par la présente requête, M. C... demande au tribunal l’annulation de cet arrêté.

Sur le cadre juridique applicable :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui établit qu’il suit un enseignement en France ou qu’il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d’existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d’une durée inférieure ou égale à un an (…) ». Pour l’application de ces dispositions, il appartient à l’administration saisie d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour présentée en qualité d’étudiant d’apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies. Le renouvellement du titre suppose que les études soient suffisamment sérieuses pour qu’elles puissent être regardées comme constituant l’objet principal du séjour, établissant une progression significative dans leur poursuite et le caractère cohérent desdites études.

En second lieu, aux termes de l’article L. 411-4 du même code : « La carte de séjour pluriannuelle a une durée de validité de quatre ans, sauf lorsqu’elle est délivrée : (…) 8° Aux étrangers mentionnés aux articles L. 422-1, L. 422-2 et L. 422-5 ; dans ce cas, sa durée est égale à celle restant à courir du cycle d’études dans lequel est inscrit l’étudiant, sous réserve du caractère réel et sérieux des études, apprécié au regard des éléments produits par les établissements de formation et par l’intéressé, un redoublement par cycle d’études ne remettant pas en cause, par lui-même, le caractère sérieux des études ; (…) ».

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, il résulte d’un arrêté du 27 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d’Indre-et-Loire, que le préfet d’Indre-et-Loire a donné délégation de signature à M. D... E..., sous-préfet, secrétaire général de la préfecture d’Indre-et-Loire par intérim, à l’effet de signer « tous arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ». Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté attaquée manque en fait et doit être écarté.

En deuxième lieu, si M. C... soutient que la décision querellée du 24 janvier 2024 serait entachée d’un défaut d’examen de sa demande de titre de séjour et d’une erreur de droit dès lors qu’elle mentionne qu’il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour « dans le cadre des dispositions des articles L. 422-1 à L. 422-6 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile », alors qu’il a déposé sa demande en application des dispositions de l’article L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces dernières dispositions régissent cependant la durée de validité du titre délivré, et non le fondement de ladite demande. Il suit de là que ces deux moyens ne sauraient prospérer et doivent par suite être écartés.

En troisième et dernier lieu, pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. C... en qualité d’étudiant, le préfet d'Indre-et-Loire s’est fondé sur l’absence de caractère réel et sérieux de ses études. Il ressort des pièces du dossier que M. C... s’est inscrit en 1ère année d’Histoire et de sociologie à l’université de Tours pour l’année 2019/2020 qu’il n’a pas validée. Il a ensuite été inscrit en 1ère année de sociologie dans cette même université pour les années 2020/2021 et 2021/2022 puis en 2ème année pour l’année 2022/2023. Si M. C... soutient que ses résultats antérieurs à l’année 2022/2023 ne doivent pas être pris en compte dès lors qu’il a réussi à passer à l’année supérieure, il ressort toutefois de son parcours universitaire que celui-ci a pendant quatre années redoublées à trois reprises et n’a évolué que d’une seule année. Dans ces conditions, et alors que M. C... ne fait état d’aucune circonstance particulière justifiant de son manque de progression, le préfet d'Indre-et-Loire pouvait sur ce seul fondement refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité par M. C.... Dans ces conditions, les moyens tirés de l’erreur de droit ainsi que de l’erreur d’appréciation commises par le préfet d’Indre-et-Loire doivent également être écartés.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. C... doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement qui rejette les conclusions de la requête de M. C... à fin d’annulation n’appelle aucune mesure d’exécution. Par suite, ses conclusions à fin d’injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C... demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par suite, les conclusions présentées par M. C... sur ce fondement doivent être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... et au préfet d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l’audience du 10 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Samuel Deliancourt, président,
M. Jean-Luc Jaosidy, premier conseiller,
Mme Aurore Bardet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2025.

La rapporteure,

Aurore B...

Le président,

Samuel DELIANCOURT

La greffière,



Barbara DELENNE

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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