mercredi 24 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401521 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MAMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 avril 2024 et le 19 avril 2024, M. B C, représenté par la société d'avocats Deverge et par Me Mamet, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2024 par lequel la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret, à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que :
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier de la part de la préfète ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
Sur la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
Sur la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement et de l'illégalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision de signalement aux fins de non-admission dans le système informatique Schengen :
- l'annulation de la décision portant interdiction de retour doit entraîner l'effacement de ce signalement.
Par un mémoire enregistré le 23 avril 2024, la préfète du Loiret, représentée par le cabinet d'avocats Actis, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Par un arrêté du 15 avril 2024, la préfète du Loiret a prononcé le placement de M. C en centre de rétention administrative.
Par une ordonnance du 18 avril 2024, le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. C pour une durée de vingt-huit jours.
Par une ordonnance du 21 avril 2024, le premier président de la cour d'appel d'Orléans a confirmé l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du 18 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Mamet et de Me Deverge, représentant M. C, et de M. C, assisté de Mme A, interprète, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et précise qu'il n'a plus de famille dans son pays d'origine et qu'il n'est venu en France que pour se faire soigner et non pour s'y installer dès lors que son épouse se trouve en Espagne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 10 heures 43.
Le dispositif du jugement assorti de la formule exécutoire a été communiqué sur place aux parties présentes à l'audience qui en ont accusé réception.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 30 juillet 1984, est, selon ses déclarations, entré sur le territoire français en 2017. Interpellé le 26 février 2019 par les services de police de Marseille pour vérification du droit au séjour, il a fait l'objet, le même jour, d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour pour une durée de deux ans auquel il n'a pas déféré. Le 11 janvier 2023, il a été interpellé par les services de police d'Orléans et a fait l'objet, le 13 janvier suivant, d'un nouvel arrêté de la préfète du Loiret lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai. S'étant maintenu irrégulièrement sur le territoire français, il a été une nouvelle fois interpellé par les services de police d'Orléans le 22 juin 2023. Par l'arrêté attaqué du 15 avril 2024, la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour. Par un arrêté du même jour, la préfète du Loiret a prononcé son placement en rétention administrative.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Stéphane Costaglioli, secrétaire général de la préfecture du Loiret. Selon l'article 1er de l'arrêté n° 45-2023-10-23-00002 du 23 octobre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 45-2023-325 et mis en ligne sur le site de la préfecture, la préfète du Loiret, a donné délégation de signature à M. Stéphane Costaglioli, secrétaire général, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret () " à l'exception des arrêtés portant élévation de conflit et des réquisitions de comptable public. Dès lors que l'arrêté du 23 octobre 2023, qui constitue un acte réglementaire, a été régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Loiret, l'administration n'a pas à produire cet arrêté. Par ailleurs, l'arrêté attaqué vise la décision de délégation de signature précitée. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. L'arrêté attaqué vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 611-1, L. 612-2 (1° et 3°), L. 612-6, L. 612-10, L. 612-12, L. 613-5 et L. 721-3 dont la préfète a fait application. Il indique de manière précise les considérations de faits propres à la situation de M. C, en particulier s'agissant de ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire français, de sa situation familiale et du fait qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes justifiant l'octroi d'un délai de départ volontaire ou qu'il ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire propre à empêcher une interdiction de retour sur lesquelles la préfète - qui n'était pas tenue de mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments de la situation personnelle du requérant - s'est fondée pour lui faire obligation de quitter le territoire français sans délai, fixer le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononcer à son encontre une interdiction de retour. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
5. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des mentions de l'arrêté attaqué, que la préfète du Loiret n'aurait pas procédé, comme elle y était tenue, à un examen particulier de la situation de M. C. La seule circonstance qu'elle n'a pas fait mention de la présence sur le territoire français de la sœur du requérant ainsi que de son frère et d'une tante est sans incidence dès lors, comme cela a été dit au point précédent, qu'elle n'a pas à reprendre de manière exhaustive dans sa décision l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservé dans son pays d'origine.
7. M. C fait valoir qu'il est entré sur le territoire français en 2017 et qu'y résident de manière régulière plusieurs membres de sa famille. Toutefois, d'une part, il est constant que depuis son entrée sur le territoire français, il n'a jamais cherché à régulariser sa situation au regard de son droit au séjour, et d'autre part, s'il n'est pas contesté que des membres de sa famille y résident, il n'établit pas entretenir avec eux des liens particuliers. Par ailleurs, s'il se prévaut d'une ancienneté de présence de sept ans à la date de la décision attaquée, il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement auxquelles il n'a pas déféré. Dès lors, alors qu'il est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français, M. C, qui n'établit pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine qu'il n'aurait quitté qu'à l'âge de trente-trois ans, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis et ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
9. Si M. C entend soutenir que, dès lors qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation, la préfète du Loiret en considérant qu'il constituait une menace pour l'ordre public aurait commis une erreur d'appréciation en prenant la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, il ressort des mentions mêmes de l'arrêté attaqué que la préfète du Loiret a fondé sa décision d'éloignement non sur les dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur celles du 1° du même article. Or, il n'est pas contesté que M. C ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il s'ensuit que la préfète du Loiret a pu légalement fonder sa décision sur ce seul motif sans méconnaître les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise la préfète du Loiret en édictant à l'encontre du requérant une mesure d'éloignement pour un motif tiré de la menace pour l'ordre public qu'il constituerait doit être écarté comme inopérant.
Sur la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
10. D'une part, dès lors que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. D'autre part, les éléments exposés par M. C, rappelés au point 7, ne permettent pas d'établir que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, dès lors que l'illégalité de la décision d'éloignement n'est pas établie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
13. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraire à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article
L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstances particulières, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentations suffisantes () ".
14. M. C fait valoir que la préfète du Loiret a commis une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire au motif qu'il constituait une menace pour l'ordre public dès lors qu'il n'a jamais été condamné. Toutefois, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que la préfète du Loiret pour refuser d'accorder à M. C un délai de départ volontaire s'est fondée à la fois sur les dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur celles du 3° du même article. Or, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que le requérant ne peut justifier être entré de manière régulière sur le territoire français et avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a explicitement fait part lors de son audition le 15 avril 2024 par les services de police de son refus de quitter le territoire, qu'il s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement et qu'enfin il n'a justifié lors de son interpellation ni de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, ni de ressources suffisantes ou d'un lieu de résidence personnel et stable. Dans ces conditions, si la préfète du Loiret s'est aussi fondée sur le fait que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public, la circonstance qu'il n'ait jamais été condamné est sans incidence sur la légalité de la décision contestée dès lors que l'autorité administrative pouvait, sur le fondement du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, justifier sa décision sur le seul motif que le requérant présentait un risque de se soustraire à la mesure d'éloignement.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, dès lors que l'illégalité de la décision d'éloignement sans délai n'est pas établie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
16. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise les motifs pour lesquels la préfète prononce une interdiction de retour sur le territoire français, au regard des critères fixés par la loi. Par suite la décision est suffisamment motivée en droit et en fait.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
18. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
19. Il ressort des pièces du dossier que le requérant déclare être en France selon les moments depuis 2015, 2016 ou 2017, qu'il s'est maintenu sur le territoire français sans titre de séjour malgré deux précédentes mesures d'éloignement, qu'il est célibataire et sans enfant et qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge d'au moins trente-et-un ans. S'il fait état de la présence régulière sur le territoire français de son frère, de sa sœur et d'une tante, il n'établit pas entretenir des liens avec eux. Il ressort également de l'arrêté attaqué qu'il a été interpellé le 11 janvier 2023 pour des faits d'infraction à la législation sur les stupéfiants et le 22 juin 2023 pour des faits de vol avec violence commis dans un véhicule affecté au transport collectif de voyageurs, recel de biens, prise du nom d'un tiers et utilisation frauduleuse de carte bancaire. Le requérant ne fait en outre état d'aucune circonstance humanitaire qui ferait obstacle à la mesure contestée. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prenant à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'effacement de son signalement sur le système d'information Schengen et celles présentées à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Loiret.
Lu en audience publique le 24 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Stéphane D
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026