vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401789 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE - CRA OLIVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 4 mai 2024, le 6 mai 2024 et le 9 mai 2024, M. D A, représenté par Me Tournier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de faire procéder à l'effacement de son signalement au système d'information Schengen ;
4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Il soutient que :
S'agissant des moyens communs à l'arrêté :
- les décisions ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnait l'article 24 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation en ce qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, la préfète ne pouvant se fonder sur des mentions figurant dans le traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ;
- elle est illégale en ce que la préfète du Loiret s'est fondée sur des données personnelles issues du fichier TAJ en méconnaissance de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste quant aux conséquences qu'elle induit sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'annulation de la décision portant interdiction de retour doit entraîner l'effacement de du signalement aux fins de non-admission dans le système informatique Schengen.
Par un arrêté du 3 mai 2024, la préfète du Loiret a prononcé le placement de M. A en rétention administrative.
Par une ordonnance du 5 mai 2024, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. A pour une durée de vingt-huit jours.
Par une ordonnance du 9 mai 2024, le premier président de la cour d'appel d'Orléans a rejeté l'appel de M. A à l'encontre de cette ordonnance.
La requête a été communiquée à la préfète du Loiret qui n'a pas produit d'observations écrites.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive n°2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La préfète du Loiret a produit, par l'intermédiaire de son conseil Me Hervois, des pièces enregistrées le 10 mai 2024 à 10 heures lesquelles ont été communiquées à M. A avant la tenue de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Tournier, représentant M. A, qui persiste dans ses conclusions, précise ses moyens et demande que soit accordée à M. A l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
- et les observations de Me Hervois, représentant la préfecture du Loiret, qui conclut au rejet de la requête et se réfère aux pièces complémentaires qui ont été communiquées à M. A avant la tenue de l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 10 heures 41.
Le dispositif du jugement assorti de la formule exécutoire a été communiqué sur place aux parties présentes à l'audience qui en ont accusé réception.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 26 juin 2000, est entré irrégulièrement en France au cours de l'année 2016 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance à l'âge de 15 ans. Le 25 juillet 2019, la préfète du Loiret lui a délivré un titre de séjour en qualité d'étudiant valable un an. L'intéressé a fait l'objet de plusieurs condamnations par le tribunal correctionnel d'Orléans et a été incarcéré au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran pour l'exécution des peines prononcées à son encontre. Il a fait l'objet d'une audition en détention par les services de la direction interdépartementale de la police aux frontières le 2 mai 2024. Par arrêté du 2 mai 2024, la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant la Guinée comme pays de renvoi et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Par arrêté du 3 mai 2024, la préfète du Loiret a ordonné son placement en rétention administrative. M. A demande l'annulation de l'arrêté du 2 mai 2024.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne les moyens communs à l'arrêté :
4. En premier lieu, selon l'article 2 de l'arrêté n° 45-2023-10-23-00004 du 23 octobre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 45-2023-325 mis en ligne sur le site électronique de la préfecture dans la rubrique " Recueil des actes administratifs " dans des conditions permettant un accès facile et garantissant la fiabilité et la date de la mise en ligne de tout nouvel acte, ce qui est suffisant pour le rendre opposable aux tiers, la préfète du Loiret a donné délégation de signature à M. B E, directeur de cabinet de la préfète du Loiret, à l'effet de signer, lors des permanences qu'il est amené à assurer " les mesures d'éloignement des ressortissants étrangers en situation irrégulière ". Cette délégation de signature est suffisamment précise. Le requérant n'établit pas, ainsi qu'il lui incombe, ni même n'allègue, que M. B E a signé cet arrêté en dehors du cadre de sa permanence. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de fait et de droit qui en constitue le fondement et notamment les textes applicables ainsi que les conditions de séjour en France de M. A. Il comporte par ailleurs une motivation spécifique s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français. Il est, par suite, suffisamment motivé.
6. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des mentions de l'arrêté attaqué, que la préfète du Loiret n'aurait pas procédé, comme elle y était tenue, à un examen particulier de la situation de M. A.
7. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences induites par l'arrêté sur la situation personnelle de M. A, soulevé dans la requête introductive d'instance du 4 mai 2024, n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne les moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article 24 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres, lesquelles, d'une part, ne sont pas applicables à la situation de M. A et, d'autre part, ont fait l'objet d'une transposition en droit interne au sein du livre II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit donc être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
10. . D'une part, il n'est pas contesté que M. A ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet de quatre condamnations par le tribunal correctionnel d'Orléans pour des faits d'usage illicite de stupéfiants et recel de bien le 28 juillet 2020 (2 mois d'emprisonnement), de violence aggravée le 6 janvier 2021 (18 mois d'emprisonnement), de détention non autorisée de stupéfiants, non justification de son adresse par une personne enregistrée dans le fichier des auteurs d'infractions sexuelles et maintien irrégulier sur le territoire français, après placement en assignation à résidence le 25 mars 2022 (8 mois d'emprisonnement) et enfin pour acquisition non autorisée de stupéfiants, offre non-autorisée de stupéfiants et détention non autorisée de stupéfiants le 17 avril 2024 (2 ans d'emprisonnement). Eu égard à la nature, à la gravité ainsi qu'au caractère répété et récent de ces faits, la préfète du Loiret n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que M. A constituait, par son comportement, une menace pour l'ordre public. Il résulte de l'instruction que la préfète du Loiret aurait pris la même décision en se fondant sur ces seuls éléments. Le moyen doit par suite être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes du V de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure : " Il peut être procédé à des enquêtes administratives dans les conditions prévues au second alinéa du I du présent article pour la délivrance, le renouvellement ou le retrait d'un titre ou d'une autorisation de séjour sur le fondement de l'article L. 234-1, L. 235-1, L. 425-4, L. 425-10, L. 432-1 ou L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou des stipulations équivalentes des conventions internationales ainsi que pour l'application des articles L. 434-6, L. 511-7, L. 512-2 et L. 512-3 du même code ". Aux termes de l'article L. 234-1 du même code : " Un décret en Conseil d'Etat fixe la liste des enquêtes administratives mentionnées à l'article L. 114-1 qui donnent lieu à la consultation des traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 du code de procédure pénale, y compris pour les données portant sur des procédures judiciaires en cours, dans la stricte mesure exigée par la protection de la sécurité des personnes et la défense des intérêts fondamentaux de la Nation. Il détermine les conditions dans lesquelles les personnes intéressées sont informées de cette consultation ". Aux termes de l'article 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 du code de la sécurité intérieure et à l'article L. 4123-9-1 du code de la défense, les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code. () ".
12. En l'espèce, à supposer-même, comme le fait valoir le requérant, que la décision soit fondée sur des données issues du fichier TAJ en méconnaissance des dispositions précitées, il résulte de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement que la préfète du Loiret aurait pris la même décision en se fondant, comme elle l'a fait de manière prépondérante, sur les seuls faits pour lesquels M. A a été condamné, données dont il n'est pas contesté qu'elles ont été légalement recueillies. Le moyen doit, par suite et en tout état de cause, être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire () à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, () ".
14. A l'appui de sa requête, M. A fait valoir qu'il a grandi en France, qu'il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfant à l'âge de 15 ans jusqu'à sa majorité et qu'il a obtenu un titre de séjour. Pour établir son intégration, il se prévaut de son diplôme de CAP commerce obtenu à l'issue de sa scolarité ainsi que d'une promesse d'embauche d'une part, et allègue avoir exercé des emplois en intérim d'autre part. Il fait enfin valoir qu'il ne dispose plus d'attaches dans son pays d'origine.
15. Il résulte toutefois de ce qui a été exposé précédemment qu'au regard de la gravité et du caractère récent et répété des faits imputés à M. A, il constitue, par son comportement, une menace pour l'ordre public, circonstance caractérisant une absence d'intégration dans la société française. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. A est célibataire et sans enfant, qu'il ne justifie, par les pièces qu'il produit, d'aucune attache suffisamment forte en France ou d'une intégration professionnelle significative alors qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 15 ans en Guinée. Par suite, la mesure d'éloignement ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels elle a été édictée. Pour les mêmes motifs, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste quant aux conséquences qu'elle induit sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant fixation du pays de renvoi :
16. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15, la décision fixant le pays de destination ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
18. Aux termes de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4. Les États membres peuvent prévoir dans leur législation nationale que ce délai n'est accordé qu'à la suite d'une demande du ressortissant concerné d'un pays tiers. Dans ce cas, les États membres informent les ressortissants concernés de pays tiers de la possibilité de présenter une telle demande () 4. S'il existe un risque de fuite, ou si une demande de séjour régulier a été rejetée comme étant manifestement non fondée ou frauduleuse, ou si la personne concernée constitue un danger pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale, les États membres peuvent s'abstenir d'accorder un délai de départ volontaire ou peuvent accorder un délai inférieur à sept jours ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
19. En premier lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article 7 de la directive susvisée qui ont fait l'objet d'une transposition en droit interne.
20. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, M. A constitue, par son comportement, une menace pour l'ordre public. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au titre de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
21. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
22. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
23. M. A soutient qu'il ne pouvait exécuter la mesure d'éloignement déjà prise à son encontre en raison de son incarcération. Il fait également valoir, pour les mêmes raisons que celles exposées au point 14 du présent jugement, que l'interdiction de retour sur le territoire français présente un caractère disproportionné.
24. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A est célibataire et sans enfant, qu'il ne justifie, par les pièces qu'il produit, ni d'attaches fortes en France ni d'une intégration professionnelle significative alors qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 15 ans en Guinée. Il constitue, par ailleurs, par son comportement, une menace pour l'ordre public circonstance démontrant son absence d'intégration dans la société française. Il ressort enfin des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement laquelle, bien que non exécutée en raison de sa détention, pouvait être prise en compte comme élément d'appréciation au titre de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée pour une durée de cinq années ne présente pas un caractère disproportionné.
25. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été exposé précédemment, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fins d'injonction et d'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète du Loiret.
Lu en audience publique le 10 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Paul C
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026