mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE - CRA OLIVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2024, M. C B, représenté par Me Bouzid, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2024 par lequel le préfet du Morbihan a décidé son maintien en rétention administrative durant le temps de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire.
Il soutient que :
- la décision est signée par une autorité incompétente et est insuffisamment motivée, notamment en ce qu'elle se réfère à M. A E né le 4 avril 2002 à Oujda, qui n'est pas l'un des alias qu'il a utilisés ;
- sa situation est menacée dans son pays d'origine, en raison des activités politiques de membres de sa famille, ainsi la décision méconnaît l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.
Par un mémoire enregistré le 18 juin 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un arrêté du 30 avril 2024, le préfet du Morbihan a placé M. B au centre de rétention administrative d'Olivet.
Par une ordonnance du 3 mai 2024, le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. B pour une durée de vingt-huit jours.
Par une ordonnance du 5 mai 2024, le juge des libertés et de la détention à la cour d'appel d'Orléans a confirmé l'ordonnance de prolongation de la rétention de M. B pour une durée de vingt-huit jours.
Par une ordonnance du 31 mai 2024, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé le maintien de M. B pour une durée de trente jours à compter du 30 mai 2024.
Par une ordonnance du 2 juin 2024, le juge des libertés et de la détention à la cour d'appel d'Orléans a confirmé l'ordonnance de prolongation de la rétention de M. B pour une durée de trente jours.
Par une décision du 17 juin 2024, le directeur de l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'asile présentée le 4 mai 2024 par M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Bouzid, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et précise qu'il renonce à se prévaloir du moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience publique.
Le dispositif du jugement assorti de la formule exécutoire a été communiqué sur place aux parties présentes à l'audience qui en ont accusé réception.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de police de Paris le 15 septembre 2022, assortie d'un arrêté du même jour décidant d'une interdiction de retour d'une durée de trois ans, puis d'un arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 19 juin 2023, assorti d'une interdiction de retour d'une année. Il a été interpellé le 29 avril 2024 pour blanchiment d'argent. Il ressort des pièces du dossier qu'il avait été interpellé le 14 avril 2024 et placé en garde à vue pour violences conjugales et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Par un arrêté du 30 avril 2024, le préfet du Morbihan a placé le requérant en rétention administrative au centre de rétention d'Olivet. Le 4 mai 2024, le requérant a présenté une demande d'asile auprès du greffe du centre de rétention d'Olivet, qui a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 17 juin 2024. Par l'arrêté litigieux du 4 mai 2024, le préfet du Morbihan a prolongé la rétention du requérant durant le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions en annulation de la décision de maintien en rétention :
3. Aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. ".
4. L'arrêté du 4 mai 2024 en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est suffisamment motivé, alors même que le requérant soutient, sans l'établir, qu'il se réfère à un patronyme erroné qui ne correspondrait pas à un des alias qu'il a utilisés. Dès lors, cet arrêté répond à l'exigence de motivation prescrite par les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionnées au point 3. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. L'arrêté du 4 mai 2024 du préfet du Morbihan précise que le maintien en rétention administrative de M. B repose sur les motifs tirés de ce que le requérant a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de police de Paris le 15 septembre 2022, assortie d'un arrêté du même jour décidant d'une interdiction de retour d'une durée de trois ans, puis d'un arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 19 juin 2023, assorti d'une interdiction de retour d'une année, que celui-ci n'a pas exécuté et qu'il ne justifie pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et qu'ainsi sa demande d'asile présentée en rétention est dilatoire et doit être regardée comme n'ayant été introduite qu'en vue de faire échec à son éloignement. Si M. B soutient qu'il craint pour sa vie en cas de retour en Tunisie, en raison notamment de l'appartenance de son père à la police et de ses opinions politiques, les éléments qu'il produit au soutien de cette allégation ne sont pas de nature à établir sa réalité. Au demeurant, l'OFPRA a rejeté la demande d'asile du requérant. Il ne ressort par suite pas des pièces du dossier que le préfet du Morbihan a méconnu les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : L'aide juridictionnelle provisoire est accordée à M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Morbihan.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc D
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026