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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2401864

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401864

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2401864
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantPATUREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, M. A B représenté par Me Patureau, demande au tribunal :

1°) d'annuler le refus implicite né le 1er décembre 2023 que lui a opposé le préfet du Loiret à sa demande tendant à son admission au séjour déposée le 31 juillet 2023 ;

2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 € par jour de retard ou, à défaut, de lui enjoindre de réexaminer sa demande sous astreinte de 50 € par jour de retard sur le fondement respectif des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision de refus implicite contestée est illégale au motif que :

- elle n'est pas motivée au regard des exigences des articles R. 432-1 et R. 432-2 du CESEDA ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du CESEDA car il justifie de motifs exceptionnels en raison de sa résidence habituelle de longue durée en France depuis 2016, soit depuis plus de 8 années, d'une activité professionnelle dans le domaine du nettoyage depuis 7 ans ainsi que d'une intégration sociale et professionnelle ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du CESEDA et l'article 8 de la CEDH car il a en France ses attaches sociales et matérielles depuis son arrivée en 2016 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2024, le préfet du Loiret demande au tribunal de constater le non-lieu à statuer.

Il soutient que la requête de M. B a perdu son objet en raison de la délivrance le 10 septembre 2024 d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 4 septembre 2025.

Par une lettre du 23 septembre 2024, M. B a été invité sur le fondement de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer expressément le maintien de ses conclusions dans le délai d'un mois et informé qu'à défaut de réponse dans le délai imparti, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions.

Par une lettre en date du 24 septembre 2024, M. B a indiqué vouloir maintenir sa requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et les administrations ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant ivoirien né le 28 août 1975 à Maranama en Côte d'Ivoire, a déposé le 31 juillet 2023 une demande d'admission au séjour auprès des services de la préfecture du Loiret sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Une décision implicite est née du silence gardé pendant 4 mois en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code précité dont M. B demande l'annulation.

2. Selon l'article R. 222-1 du même code : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".

3. Par mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2024, le préfet du Loiret a indiqué au tribunal avoir informé M. B le 5 septembre 2024 de la délivrance prochaine d'un titre de séjour. Il produit à cet effet la copie d'écran extraite de l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France (AGDREF) attestant de la fabrication d'une carte de séjour temporaire (CST) d'une durée de validité d'une année pour la période du 5 septembre 2024 au 4 septembre 2025 ayant été éditée le 10 septembre 2024. Dans ces conditions, les conclusions aux fin d'annulation et d'injonction de la requête sont dépourvues d'objet. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur de telles conclusions.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée de 1.000 euros à verser à en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. B.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1.000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au préfet du Loiret.

Fait à Orléans, le 1er octobre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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