mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUEREKOBAYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, transmise par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand le 14 mai 2024, enregistrée le même jour auprès du greffe du tribunal administratif d'Orléans, et un mémoire enregistré le 17 mai 2023, Mme D A B, représentée par Me Guerekobaya, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2024 par lequel la préfète de l'Allier l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a fixé comme pays de destination la République Dominicaine ;
2°) d'enjoindre à la préfère de l'Allier de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a méconnu les principes du contradictoire et du droit à un procès équitable dès lors que son conseil n'a été informé de la date de l'audience fixée au 17 mai 2024 à 13 heures 45 seulement le 16 mai 2024, qu'en outre sa demande de renvoi de l'audience a été rejetée ce qui l'a empêché de disposer du temps nécessaire pour répondre aux allégations de la partie adverse, dont les écritures lui ont été communiquées le 16 mai 2024 ;
- sa requête est recevable dès lors que la notification de l'arrêté d'assignation à résidence porte la mention selon laquelle cette notification a été faite par téléphone, ainsi le délai de recours contentieux lui est inopposable ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur de droit ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est entachée des mêmes vices que la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 2 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, la préfète de l'Allier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nehring, conseiller, pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nehring,
- et les observations de Me Guerekobaya, représentant Mme A B, qui conclut aux mêmes fins, par les mêmes moyens, et qui ajoute que sa requête n'est pas irrecevable, dès lors qu'il ne conteste que l'arrêté de la préfète de l'Allier portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français et non l'arrêté de la préfète du Loiret d'assignation à résidence ; qu'il n'est pas démontré que l'arrêté contesté lui a été régulièrement notifié de sorte à ce que délai de recours n'avait pas expiré à la date de l'introduction de sa requête devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B ressortissante dominicaine née en 2005, est, selon ses dires, entrée il y a deux ans sur le territoire français alors qu'elle était en possession d'un visa touristique, délivré par les autorités espagnoles, valable entre le 30 septembre 2020 et le 28 février 2021. Elle a été place en retenue le 15 avril 2024 pour vérification de son droit au séjour par les services de gendarmerie. Estimant qu'elle ne disposait pas d'un droit au séjour, la préfète de l'Allier a, par arrêté du même jour, obligé Mme A B à quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et a fixé comme pays de destination la République Dominicaine. Par arrêté du même jour, la préfète du Loiret l'a assignée à résidence dans le département du Loiret pour une durée de 45 jours. Par la requête ci-dessus analysée, Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
2. Aux termes de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ". Aux de l'article R. 776-4 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai de recours contentieux contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1 en cas de placement en rétention administrative ou d'assignation à résidence en application des articles L. 731-1 ou L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de quarante-huit heures. Ce délai court à compter de la notification de la décision par voie administrative ".
3. Il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de notification produit en défense que l'arrêté du 15 avril 2024 par lequel la préfète de l'Allier a fait obligation à Mme A B de quitter le territoire français sans délai a été notifié à la requérante par voie administrative le 15 avril 2024 à 17 heures 30, concomitamment de la notification de l'arrêté l'assignant à résidence. Il ressort également de cette pièce que la notification a été réalisée en main propre et que seul le concours d'un interprète a été effectué par voie téléphonique. En outre, elle comportait la mention des voies et délais de recours. Ainsi, cette notification a fait courir le délai de quarante-huit heures dont Mme A B disposait pour contester cet arrêté en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la requête de Mme A B, enregistrée le 11 mai 2024 à 18 heures 42 au greffe du tribunal administratif de Clermont-Ferrand, est tardive et doit être rejetée comme irrecevable.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B et à la préfète de l'Allier.
Copie en sera adressée à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Virgile NEHRING
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026