Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi par Mme B..., adjointe d'animation territoriale, d'un recours pour excès de pouvoir contre la décision implicite du maire de Ferrières-en-Gâtinais refusant son reclassement professionnel pour inaptitude. La requérante s'est désistée de ses conclusions principales en annulation, mais a maintenu sa demande de frais de justice. Par une ordonnance, le tribunal a donné acte de ce désistement et a rejeté les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, aucune des parties n'étant considérée comme perdante. La solution retenue est donc un non-lieu à statuer sur le fond, fondé sur le désistement de la requérante.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2024, Mme A... B..., représentée par Me Batot, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision née le 24 mars 2024 par laquelle le maire de la commune de Ferrières-en-Gâtinais a implicitement refusé de faire droit à sa demande de reclassement en date du 22 janvier 2024;
2°) d’enjoindre au maire de procéder à son reclassement ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Ferrières-en-Gâtinais la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision contestée est illégale en raison :
- de l’insuffisance de motivation ;
- de l’erreur de droit ;
- de l’erreur d’appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2025, la commune de Ferrières-en-Gâtinais, représentée par Me Tissier-Lotz, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un courrier du 2 décembre 2025, Mme B... a été invitée par le tribunal, sur le fondement des dispositions de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer expressément, dans le délai d’un mois, le maintien des conclusions de sa requête.
La clôture de l'instruction a été fixé au 5 janvier 2026 par ordonnance du 5 décembre 2025.
Par un mémoire enregistré le 31 décembre 2025, Mme B... déclare se désister purement et simplement de ses conclusions aux fins d’annulation, tout en maintenant ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2006-1693 du 22 décembre 2006 ;
- le décret n° 2022-626 du 22 avril 2022 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Il ressort des pièces du dossier que Mme B..., adjointe d’animation territoriale principale de 2ème classe, a exercé les fonctions de responsable d’accueil de loisirs au sein de la commune de Ferrières-en-Gâtinais (45210). A la suite d’une chute survenue en 2017 à l’origine d’une fracture malléolaire gauche avec complications, Mme B... a été reconnue par le conseil médical départemental (CMD) du Loiret dans son avis du 9 novembre 2011 inapte à l’exercice de ses fonctions comme à celles correspondant aux emplois de son grade, mais apte à l’exercice des fonctions relevant d’un autre grade. Elle a bénéficié par arrêté du 22 février 2022 complété par la conclusion le 2 mai 2022 d’une convention d’une période de préparation au reclassement (PPR) d’une durée de six mois du 19 mai 2022 au 22 novembre 2022. Par courrier en date du 9 janvier 2023, le maire l’a informée de l’absence de poste vacant au sein de la commune et de la saisine du centre départemental de gestion (CDG) de la fonction publique territoriale du Loiret. Par arrêté en date du 4 juillet 2023 assorti de la mention des voies et délais de recours, le maire a constaté l’impossibilité de la reclasser. Par un courrier en date du 22 janvier 2024, reçu le 24 janvier 2024, Mme B... a mis en demeure le maire de procéder à son reclassement. Par la présente requête, Mme B... demande au tribunal l’annulation de la décision implicite née le 24 mars 2024.
Sur le cadre juridique applicable :
En premier lieu, aux termes de l’article L. 826-3 du code général de la fonction publique : « Les fonctionnaires territoriaux reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions peuvent être reclassés dans les emplois d'un autre cadre d'emploi, emploi ou corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. ». Selon l’article L. 826-2 du même code : « Le fonctionnaire à l'égard duquel une procédure tendant à reconnaître son inaptitude à l'exercice de ses fonctions a été engagée a droit à une période de préparation au reclassement avec traitement d'une durée maximale d'un an. Cette période est assimilée à une période de service effectif. Pendant son congé pour raison de santé, le fonctionnaire peut, sur la base du volontariat et avec l'accord de son médecin traitant, suivre une formation ou un bilan de compétences. Pendant cette période, l'agent peut également être mis à disposition du centre de gestion pour exercer une mission définie au deuxième alinéa de l'article 25 de la présente loi. ».
En second lieu, aux termes de l’article 2 du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : « Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du conseil médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article L. 826-2 du code général de la fonction publique. L'agent est informé de son droit à une période de préparation au reclassement dès la réception de l'avis du conseil médical, par l'autorité territoriale dont il relève ». Aux termes de l’article 2-2 de ce décret : « L'autorité territoriale et le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion établissent conjointement avec l'agent, par voie de convention, un projet qui définit le contenu de la préparation au reclassement, les modalités de sa mise en œuvre et en fixe la durée, au terme de laquelle l'intéressé présente sa demande de reclassement (…) ». Selon les dispositions de l’article 2-3 du décret du 30 septembre 1985 susmentionné : « Le projet de convention mentionné au premier alinéa de l'article 2-2 est notifié au fonctionnaire en vue de sa signature au plus tard deux mois après le début de la période de préparation au reclassement. Le fonctionnaire qui ne signe pas cette convention dans un délai de quinze jours à compter de la date de sa notification est réputé refuser la période de préparation au reclassement pour la durée restant à courir ». L’article 3 du même décret dispose : « Le fonctionnaire territorial qui a présenté une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps ou cadre d'emplois se voit proposer par l'autorité territoriale, le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion plusieurs emplois pouvant être pourvus par la voie du détachement. L'impossibilité, pour l'autorité territoriale, le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, de proposer de tels emplois fait l'objet d'une décision motivée. (…) ».
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Selon l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements (…) ». Selon l’article R. 636-1 du même code : « Le désistement peut être fait et accepté par des actes signés des parties ou de leurs mandataires et adressés au greffe. / Il est instruit dans les formes prévues pour la requête. ».
Par un mémoire enregistré le 31 décembre 2025, Mme B... déclare se désister purement et simplement de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il lui en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune de Ferrières-en-Gâtinais la somme de 2 000 euros demandée par Mme B... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme B....
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et à la commune de Ferrières-en-Gâtinais.
Fait à Orléans, le 12 janvier 2026.
Le président de la 5e Chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.