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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402214

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402214

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402214
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP PETIT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024 sous le n° 2402214, Mme B A, représentée par Me Petit, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel la préfète du Loiret a décidé de la remettre aux autorités allemandes ;

2°) d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa demande d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que l'arrêté de transfert aux autorités allemandes :

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'erreur de droit ;

- est entaché d'erreur de fait.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, la préfète du Loiret, représentée par le cabinet Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

II - Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024 sous le n° 2402215, Mme B A, représentée par Me Petit, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le préfet du Loiret l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) à titre subsidiaire, de limiter son obligation de présentation au commissariat d'Orléans à une fois par semaine ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que l'arrêté d'assignation à résidence est entaché d'erreur de fait dès lors que l'obligation de présentation au commissariat d'Orléans deux fois par semaine est disproportionnée eu égard à sa mobilité réduite.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 et 5 juin 2024, la préfète du Loiret, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gauthier, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du contentieux des décisions de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile et d'assignation à résidence.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 juin 2024 à 10h00 :

- le rapport de M. Gauthier, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Petit, représentant Mme A, en présence de celle-ci.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante togolaise née le 5 août 1981, déclare être entrée en France le 4 janvier 2024 sans justifier d'une entrée régulière. Elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile auprès des services de la préfecture du Loiret. La consultation du fichier Visabio a révélé que l'intéressée était en possession d'un visa périmé depuis moins de 6 mois délivré par les autorités allemandes. La préfète a saisi les autorités allemandes, le 18 mars 2024, d'une demande de reprise en charge de Mme A. Les autorités allemandes ont accepté leur responsabilité dans l'examen de la demande d'asile de l'intéressée, par un accord explicite le 16 mai 2024. La préfète du Loiret a pris à l'encontre de Mme A deux arrêtés des 21 et 22 mai 2024 par lesquels elle a décidé respectivement de la remettre aux autorités allemandes et de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête n° 2402214, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 21 mai 2024. Et par sa requête n° 2402215, elle demande l'annulation de l'arrêté du 22 mai 2024.

2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2402214 et 2402215 concernent la situation d'un même ressortissant étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités allemandes :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est ainsi suffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Si le demandeur est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / 2. Si le demandeur est titulaire d'un visa en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, sauf si ce visa a été délivré au nom d'un autre État membre en vertu d'un accord de représentation prévu à l'article 8 du règlement (CE) no 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas (14). Dans ce cas, l'État membre représenté est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. / 3. Si le demandeur est titulaire de plusieurs titres de séjour ou visas en cours de validité, délivrés par différents États membres, la responsabilité de l'examen de la demande de protection internationale incombe, dans l'ordre suivant : / a) à l'État membre qui a délivré le titre de séjour qui confère le droit de séjour le plus long ou, en cas de durée de validité identique, à l'État membre qui a délivré le titre de séjour dont l'échéance est la plus lointaine ; / b) à l'État membre qui a délivré le visa ayant l'échéance la plus lointaine lorsque les visas sont de même nature ; / c) en cas de visas de nature différente, à l'État membre qui a délivré le visa ayant la plus longue durée de validité ou, en cas de durée de validité identique, à l'État membre qui a délivré le visa dont l'échéance est la plus lointaine. / 4. Si le demandeur est seulement titulaire d'un ou de plusieurs titres de séjour périmés depuis moins de deux ans ou d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres () ".

5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de sa demande d'asile en France Mme A était en possession d'un visa délivré par les autorités allemandes le 21 décembre 2023 valable du 28 décembre 2023 au 1er février 2024, soit un visa périmé depuis moins de 6 mois. Ainsi, par application du critère prévu à l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, les autorités allemandes étaient responsables de l'examen de la demande de protection internationale. Par suite, l'arrêté attaqué n'est entaché ni d'erreur de droit ni d'erreur de fait.

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

6. Si Mme A soutient que l'arrêté d'assignation à résidence est entaché d'erreur de fait dès lors que l'obligation de présentation au commissariat d'Orléans deux fois par semaine est disproportionnée eu égard à sa mobilité réduite, la seule production d'une ordonnance et d'un " compte-rendu radiographique standard " ne permet pas d'établir que la requérante, qui est hébergée rue Vieille Levée à Orléans, ne pourrait pas se rendre deux fois par semaine au commissariat d'Orléans situé rue du faubourg Saint-Jean et desservi par plusieurs lignes d'autobus. Par suite, le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme A ne peuvent qu'être rejetées en toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Loiret.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.

Le magistrat désigné,

Eric GAUTHIER

La greffière,

Nathalie ARCHENAULT

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2402214

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