jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KONATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2024, M. A B, représenté par Me Konate, demande au tribunal :
1°) d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2024 du préfet de Loir-et-Cher portant assignation à résidence pour une durée de 45 jours et fixation des obligations de présentation aux autorités de gendarmerie ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros au titre de ses frais de défense.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne comporte que des motifs stéréotypés ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que le préfet ne pouvait, sans méconnaître l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, renouveler une deuxième fois l'assignation à résidence édictée sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du même code ;
- le renouvellement de l'assignation à résidence pour une durée de 45 jours est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu du périmètre d'assignation à résidence, de l'interdiction d'en sortir sans autorisation et de la fréquence de présentation aux autorités de gendarmerie à laquelle le requérant est astreint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lacassagne, président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1 à L. 777-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lacassagne a été lu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 1er janvier 1992 déclare être entré de manière irrégulière sur le territoire français au cours de l'année 2016. Il a fait l'objet d'une mesure de réadmission vers l'Italie le 30 janvier 2018. Le 7 juin 2018, il a formulé une nouvelle demande d'asile qui a été placée en procédure Dublin. Après accord implicite des autorités italiennes de prendre en charge la demande d'asile de M. B, celui-ci a été déclaré en fuite ce qui a fait échec à la procédure de réadmission. Le 2 juin 2023, il a sollicité auprès du préfet de Loir-et-Cher son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 20 décembre 2023, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de faire droit à cette demande, a fait obligation à M. B de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire national pendant deux ans. Par un arrêté du 1er mars 2024, le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter les mardis et jeudis à 8 heures 30 auprès de la brigade de gendarmerie de Lamotte-Beuvron. Par un arrêté du 17 avril 2024, le préfet de Loir-et-Cher a renouvelé l'assignation à résidence pour une nouvelle période de 45 jours et l'obligation de présentation aux autorités de gendarmerie. Puis, par l'arrêté attaqué du 30 mai 2024, il a renouvelé l'assignation à résidence pour un période de 45 jours et maintenu l'obligation de présentation aux autorités de gendarmerie.
Les conclusions à fin d'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Les conclusions dirigées contre l'arrêté d'assignation à résidence :
3. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. " Enfin, aux termes de l'article L. 732-3 du même code, dans sa rédaction issue de l'article 49 de la loi du 26 janvier 2024 : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. "
4. En premier lieu, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait, notamment les textes applicables, les conditions de séjour de M. B en France et sa soumission à une mesure d'éloignement, qui en constituent le fondement. Il est, par suite, motivé conformément aux exigences des dispositions de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En deuxième lieu, il résulte des termes de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur issue de la loi du 26 janvier 2024, que l'assignation à résidence peut être prononcée pour une durée de 45 jours renouvelable deux fois, soit 135 jours au total. Par suite, en assignant M. B à résidence pour une troisième période de 45 jours, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas entaché son arrêté du 30 mai 2024 d'erreur de droit au regard de ces dispositions.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure d'assignation à résidence pour une durée de 45 jours serait disproportionnée compte tenu des perspectives d'éloignement de M. B.
7. Enfin, en se bornant à affirmer que les limites géographiques de l'assignation à résidence, l'interdiction de sortie de cet espace sans autorisation ainsi que la fréquence du pointage portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée, au regard de l'objectif poursuivi, sans assortir cette affirmation d'aucune précision sur la consistance de sa vie privée sur le territoire, M. B ne met pas le juge en mesure d'apprécier l'atteinte alléguée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision d'assignation à résidence.
Les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que réclame Me Konate, avocat de M. B, au titre de cet article et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle est accordé à titre provisoire à M. B.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Loir-et-Cher et à Me Konate.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Denis LACASSAGNE
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026