vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402270 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BRUNA-ROSSO MARINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, M. A C, représenté par Me Bruna-Rosso, demande au juge des référés :
1°) en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'annuler la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet d'Eure-et-Loir l'a invité à prendre rendez-vous avec le point d'accueil numérique ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui fixer un rendez-vous aux fins d'enregistrer sa demande de changement d'adresse et de résoudre la non-reconnaissance de son titre de séjour par l'administration française, dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 200 euros au titre de ses frais de défense.
Il soutient que :
- la décision du 26 mars 2024 affecte sa liberté d'aller et venir, sa liberté de travail, à son droit à la protection des données personnelles, son droit au respect de la vie privée et familiale et son droit à la dignité de la personne humaine ;
- elle porte à ces droits et libertés une atteinte grave du fait de la nature des droits et libertés affectés ;
- cette atteinte résulte d'une illégalité dès lors que, d'une part, elle n'est justifiée par aucun motif d'intérêt général, d'autre part, elle est disproportionnée au but recherché et méconnaît une décision de justice et, enfin, méconnait les articles R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 4 de l'arrêté du 1er août 2023 ;
- cette illégalité est manifeste du fait de ses incidences sur sa situation et de la méconnaissance de l'injonction délivrée par le tribunal administratif de Nîmes à son profit ;
- l'urgence résulte de l'atteinte grave et immédiate à sa situation.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 24 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant gabonais, s'est vu délivrer par le préfet de Vaucluse un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 19 juillet 2023 au 18 juillet 2024. Par courrier du 22 mars 2024, son conseil a sollicité du préfet d'Eure-et-Loir la fixation d'un rendez-vous afin qu'il régularise un changement d'adresse et dépose une demande de renouvellement de son titre de séjour, au motif que son titre de séjour n'est pas reconnu par le téléservice mis à sa disposition. M. C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'annuler le courriel du 26 mars 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir l'a invité à prendre rendez-vous avec le point d'accueil numérique de la préfecture.
Les conclusions aux fins d'annulation d'un refus de rendez-vous et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'étant pas de nature, par elle-même, à caractériser l'existence d'une situation d'urgence.
4. Pour justifier de l'urgence particulière à prendre les mesures demandées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. C soutient qu'il se trouve dans la même situation que s'il ne disposait pas de titre de séjour, qu'il risque de perdre son emploi, ne peut obtenir les allocations auxquelles il a droit, ni modifier ses données personnelles sur le site de l'ANEF et s'en trouve physiquement et moralement affecté. Toutefois, il résulte de l'instruction que les seules difficultés rencontrées par le requérant pour effectuer les démarches d'inscription en ligne auprès des services de l'agence France Travail, en février 2024, ou pour se connecter sur la plateforme numérique de l'ANEF en vue d'y déclarer son changement d'adresse et déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour, qui datent du mois d'avril 2024, pour regrettables qu'elles soient, ne privent pas le requérant de l'ensemble des droits associés au titre de séjour " vie privée et familiale " dont il bénéficie et qui n'expire que le 18 juillet 2024. Par ailleurs, la prétendue décision du préfet d'Eure-et-Loir dont le requérant demande l'annulation lui a été adressée par courriel du 26 mars 2024, près d'un mois et demi avant le dépôt, le 5 juin 2024, de sa requête en référé. Au regard de ces divers éléments, la situation dont fait état le requérant, qui perdure d'ailleurs depuis plusieurs semaines, n'est ainsi pas de nature à caractériser une urgence telle qu'il serait nécessaire pour le juge des référés d'intervenir à très bref délai dans le cadre des pouvoirs que lui confèrent les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'annulation d'un refus de rendez-vous et d'injonction de fixation d'un rendez-vous.
Les frais de l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que réclame M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet d'Eure-et-Loir.
Fait à Orléans, le 7 juin 2024.
Le juge des référés,
Denis B
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026