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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402282

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402282

vendredi 7 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402282
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCP LE METAYER & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 juin 2024, M. A B , représenté par Me Petit, demande au juge des référés :

1°) en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 29 janvier 2024 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de faire droit à ses demandes de renouvellement de sa carte de résident et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux, née le 16 avril 2024 ;

2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer, à titre principal, une carte de résident portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente du jugement au fond de sa requête, dans le délai de 48 heures à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus de renouvellement de son titre de séjour affecte sa liberté d'entreprendre et sa liberté d'aller et venir ;

- l'urgence résulte de la gravité des atteintes découlant du refus de renouvellement litigieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Les conclusions à fin de suspension :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'étant pas de nature, par elle-même, à caractériser l'existence d'une situation d'urgence.

3. A l'appui de ses conclusions tendant à ce que le juge des référés prononce la suspension de l'exécution des refus de renouvellement de sa carte de résident valable dix ans, M. B, ressortissant turc, se borne à faire valoir, pour justifier de l'urgence particulière à prendre les mesures demandées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il a prévu de quitter le territoire national pour une mission professionnelle et qu'il doit également se rendre en Turquie pour des congés familiaux à compter du 16 juin 2024, sans d'ailleurs préciser la date de son retour à l'issue de cette mission et de ces congés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le refus de renouvellement lui a été opposé le 29 janvier 2024 et a été implicitement confirmé le 16 avril 2024, alors que le juge des référés n'a été saisi que par sa requête du 6 juin 2024. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est dès lors pas remplie.

4. Au surplus, M. B se borne à faire valoir que le refus de renouvellement affecte sa liberté d'entreprendre et sa liberté d'aller et venir. Toutefois, le requérant ne soulève à l'appui de ses conclusions aucun moyen tendant à établir que l'atteinte aux libertés dont il se plaint est manifestement illégale, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution du refus de renouvellement de sa carte de résident valable dix ans ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction de délivrance d'un titre de séjour ou d'une autorisation provisoire de séjour.

Les frais de l'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que réclame M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

ORDONNE:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée, pour information, à la préfète du Loiret.

Fait à Orléans, le 7 juin 2024.

Le juge des référés,

Denis C

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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