vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402398 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ESNAULT-BENMOUSSA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée, sous le n° 2402398, le 13 juin 2024, Mme O H, représentée par Me Esnault-Benmoussa, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel la préfète du Loiret a décidé son transfert aux autorités portugaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile ainsi que l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel cette même autorité l'a assignée à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours.
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de transfert :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article 19 ou 20 du règlement n° 343-2003 et des dispositions des articles L. 741-4 et L. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète du Loiret n'apporte pas la preuve qu'elle a, conformément à l'article 3.4 du règlement (CE) n° 343/2003 et à l'article 10 de la directive 2005/85/CE, informé la requérante dans une langue qu'elle comprend des modalités d'application, des effets et des délais du règlement ;
- la préfète n'apporte pas non plus la preuve qu'elle l'a informée de la possibilité d'accéder aux informations échangées avec les autorités slovènes, conformément à l'article 21-9 du règlement (CE) n° 343/2003, et aux informations échangées dans le cadre de l'application du règlement n° 2725/2000 F, conformément à l'article 18 de ce règlement et à l'article 39 de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 ;
- la préfète ne lui a pas laissé assez de temps pour présenter des observations préalables ;
- l'entretien n'a pas été réalisé ou du moins pas avec les garanties prévues par l'article 5 du règlement n° 604/2013/UE ;
- la préfète aurait dû faire usage de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement Dublin dès que son transfert vers le Portugal aura pour effet de retarder la prise en charge médicale concernant son enfant, dont les conséquences peuvent être graves, ce qui peut constituer un traitement inhumain et dégradant ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de transfert.
Par un mémoire enregistré le 18 juin 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête enregistrée, sous le n° 2402399, le 13 juin 2024, M. Q D, représenté par Me Esnault-Benmoussa, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel la préfète du Loiret a décidé son transfert aux autorités portugaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile ainsi que l'arrêté du 23 avril 2024 par lequel cette même autorité l'a assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours.
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de transfert :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article 19 ou 20 du règlement n° 343-2003 et des dispositions des articles L. 741-4 et L. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète du Loiret n'apporte pas la preuve qu'elle a, conformément à l'article 3.4 du règlement (CE) n° 343/2003 et à l'article 10 de la directive 2005/85/CE, informé la requérante dans une langue qu'elle comprend des modalités d'application, des effets et des délais du règlement ;
- la préfète n'apporte pas non plus la preuve qu'elle l'a informé de la possibilité d'accéder aux informations échangées avec les autorités slovènes, conformément à l'article 21-9 du règlement (CE) n° 343/2003, et aux informations échangées dans le cadre de l'application du règlement n° 2725/2000 F, conformément à l'article 18 de ce règlement et à l'article 39 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ;
- la préfète ne lui a pas laissé assez de temps pour présenter des observations préalables ;
- l'entretien n'a pas été réalisé ou du moins pas avec les garanties prévues par l'article 5 du règlement 604/2013/UE ;
- la préfète aurait dû faire usage de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement Dublin dès que son transfert vers le Portugal aura pour effet de retarder la prise en charge médicale concernant son enfant, dont les conséquences peuvent être graves, ce qui peut constituer un traitement inhumain et dégradant ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de transfert.
Par un mémoire enregistré le 18 juin 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme N pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 777-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme N.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 2402398 et 2402399 visées ci-dessus, présentées pour Mme O H et M. Q D, concernent un couple de ressortissants étrangers, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme H et M. D, ressortissants angolais, nés respectivement le 18 avril 2000 et le 8 février 1987, sont entrés irrégulièrement en France le 27 septembre 2023 selon leurs déclarations. Ils ont, le 19 octobre 2023, présenté une demande d'asile et se sont vu, en application de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, remettre une attestation de demande d'asile selon la procédure " Dublin ", la consultation du fichier " Visabio " ayant constaté qu'ils étaient alors en possession d'un visa délivré par les autorités portugaises, périmé depuis moins de six mois. Les autorités portugaises, saisies le
7 décembre 2023 d'une requête aux fins de prise en charge, ont accepté leur responsabilité le
6 février 2024, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Par deux arrêtés du 22 avril 2024, la préfète du Loiret a ordonné la remise de Mme H et M. D aux autorités portugaises. Par deux arrêtés du 23 avril 2024 cette même autorité les a assignés à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours. Mme H et M. D, qui ont saisi le tribunal dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification, le 12 juin 2024, de ces arrêtés, en demande l'annulation.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme H et M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les arrêtés portant transfert aux autorités portugaises :
4. En premier lieu, les arrêtés attaqués portant transfert aux autorités portugaises ont été signés par Mme I K, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Loiret, qui bénéficiait, en vertu de l'article 3 de l'arrêté du 7 novembre 2023 de Mme E C, préfète du Loiret, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation de signature à l'effet de signer notamment " les décisions de transfert à un Etat responsable de l'examen de la demande d'asile ", " en cas d'absence ou d'empêchement concomitant de M. Stéphane Costagliolo, secrétaire général, de M. Adrien Meo, secrétaire général adjoint, et de M. B J, directeur de cabinet ". Il n'est établi ni même allégué que MM. Costagliolo, Meo et J n'étaient pas, à la date des arrêtés en cause, absents. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces arrêtés, qui manque en fait, doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que la procédure de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen des demandes d'asile n'a pas respecté l'article 3.4 du règlement (CE) n° 343/2003 du 18 février 2003, dès lors qu'il n'est pas établi qu'ils auraient été informés dans une langue qu'il comprend des modalités d'application, des effets et des délais de ce règlement, ils ne peuvent utilement se prévaloir de ces dispositions qui ont été abrogées par l'article 48 du règlement (UE) n° 604-2013 visé ci-dessus. A supposer que les requérants ont entendu invoquer l'article 4 de ce dernier règlement, il ressort des pièces du dossier qu'ils ont reçu les brochures A et B relatives à la détermination de l'Etat responsable de leur demande d'asile et à la procédure " Dublin " en langue française, langue qu'ils ont déclaré comprendre pendant leur entretien individuel. Il ne ressort pas des mentions portées sur les comptes rendus d'entretien signés le 4 mars 2023 qu'ils auraient contesté la remise de ces brochures. Dans ces conditions, les intéressés ont bien bénéficié d'une information complète sur leurs droits. Par suite, Mme H et M. D ne sont pas fondés à soutenir que les décisions de transfert contestées auraient été prises à l'issue d'une procédure irrégulière.
6. En troisième lieu, les requérants ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article 10 de la directive n° 2005/85/CE du Conseil du 1er décembre 2005 portant sur les garanties accordées aux demandeurs d'asile, dès lors que celles-ci ont été transposées de manière complète en droit français.
7. En quatrième lieu, il résulte de l'avis du Conseil d'Etat n° 406122 du 10 mai 2017, qu'à la différence de l'obligation d'information instituée par le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, qui prévoit un document d'information sur les droits et obligations des demandeurs d'asile, dont la remise doit intervenir au début de la procédure d'examen des demandes d'asile pour permettre aux intéressés de présenter utilement leur demande aux autorités compétentes, l'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, qui reprennent les dispositions de l'article 18, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 2725/2000 du 11 décembre 2000, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre de la décision par laquelle l'Etat français remet un demandeur d'asile aux autorités compétentes pour examiner sa demande. Il suit de là que le moyen invoqué par les requérants, tiré de ce qu'ils n'ont pas été informés de la possibilité d'accéder aux informations échangées avec les autorités portugaises conformément à l'article 21-9 du règlement, ni sur les possibilités d'accès aux informations échangées dans le cadre de l'application du règlement 2725/2000 dit F conformément à l'article 18 dudit règlement est inopérant. Par ailleurs et en tout état de cause, si les requérants se prévalent des dispositions de l'article 39 de la loi du 6 janvier 1978, relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, ils n'établissent pas avoir interrogé le responsable d'un traitement de données à caractère personnel en application de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article 39 ne peut qu'être écarté.
8. En cinquième lieu, les requérants soutiennent que les décisions de transfert ne sont pas suffisamment motivées au regard des dispositions de l'article 19 ou 20 du règlement n° 343/2003 et des dispositions des articles L. 741-4 et L. 531-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 5, le règlement (CE) n° 343/2003 du 18 février 2003 a été abrogé. Par ailleurs, les dispositions des article L. 741-4 et L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables au présent litige. Par suite, le moyen invoqué est inopérant. En tout état de cause, les arrêtés de transfert, qui comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, sont suffisamment motivés.
9. En sixième lieu, si Mme H et M. D soutiennent que la préfète ne leur a pas laissé assez de temps pour présenter des observations préalables, ils n'apportent aucune précision à l'appui de cette allégation. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que les requérants ont disposé d'un délai raisonnable pour faire valoir, le cas échéant, leurs observations entre le 19 octobre 2023, date à laquelle ils ont été reçus en entretien individuel dans les services de la préfecture du Loiret, et le 12 juin 2024, date à laquelle les arrêtés de transfert litigieux leur ont été notifiés.
10. En septième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". Il résulte de ces dispositions que si une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre et qu'en principe cet Etat est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par le chapitre III du règlement (UE) n° 604/2013, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un Etat membre. Cette faculté laissée à chaque Etat membre est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
11. Mme H et M. D font valoir que leur transfert vers le Portugal aura pour effet de retarder la prise en charge médicale dont bénéficie leur fils en France. Toutefois, il ne ressort ni des pièces médicales produites ni des autres pièces du dossier que leur enfant ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge appropriée à son état de santé au Portugal. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage des clauses dérogatoires de compétence prévues à l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de ce qui précède que Mme H et M. D ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 22 avril 2024 portant transfert aux autorités portugaises.
En ce qui concerne les décisions d'assignation à résidence :
14. En premier lieu, les arrêtés attaqués portant assignation à résidence ont été signés par Mme L G, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement de la préfecture du Loiret, qui bénéficiait, en vertu de l'article 3 de l'arrêté du 7 novembre 2023 de Mme E C, préfète du Loiret, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation de signature à l'effet de signer " En cas d'absence ou d'empêchement concomitant de M. Stéphane Costagliolo, de M. Adrien Meo, de M. B J, de Mme I K et de M. P A M () les décisions d'assignation à résidence ". Il n'est établi ni même allégué que MM. Costagliolo, Meo et J, Mme K et M. A M n'étaient pas, à la date des arrêtés en cause, absents. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces arrêtés, qui manque en fait, doit donc être écarté.
15. En second lieu, les requérants, qui n'établissent pas que les décisions portant remise aux autorités portugaises seraient illégales, ne sont pas fondés à soutenir que les décisions les assignant à résidence seraient illégales.
16. Il résulte de ce qui précède que Mme H et M. D ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 23 avril 2024 portant assignation à résidence.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme H et M. D doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme H et M. D sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les requêtes de Mme H et M. D sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme O H, à M. Q D et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La magistrate désignée,
Hélène N
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2402398, 2402399
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026