mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402479 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024, M. A B, représenté par la SCP Artaud Belfiore Castillon Grébille-Romand, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 7 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur l'informe de la perte de validité de son permis de conduire et les décisions de retrait de points relatives aux infractions au code de la route commises les 17 janvier et 30 mars 2022 et 20 juin, 14 septembre et 17 octobre 2023 ;
2) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire et de reconstituer son capital de points dans le délai de huit jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu notification des décisions de retrait de points ;
- la réalité des infractions n'est pas établie ;
- il n'a pas reçu l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la constatation des infractions ;
- il y a lieu d'appliquer la loi pénale plus douce pour les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h.
Par ordonnance du 28 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 décembre 2024 à 12 heures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 novembre 2024, l'instruction a été rouverte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur la notification des décisions de retraits de points :
1. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route précitées, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que le ministre de l'intérieur ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité. Ainsi, le moyen du requérant tiré de ce qu'il n'a pas reçu les décisions de retraits de points est inopérant.
Sur la réalité des infractions :
2. Il résulte de l'ensemble des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°) du code de la route, les informations mentionnées aux 6° et 7° de l'article L. 30, devenus les 5° et 6° de l'article L. 225-1 du code de la route que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, soit la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les trente jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, soit la mention d'une décision de condamnation prononcée par le juge pénal.
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du requérant, extrait du système national du permis de conduire, que les cinq infractions contestées des
17 janvier et 30 mars 2022 et 20 juin, 14 septembre et 17 octobre 2023 ont fait l'objet de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Le requérant ne produit aucun document de nature à remettre en cause les mentions du relevé d'information intégral et, notamment, qu'il aurait présenté une requête en exonération dans les trente jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Dans ces conditions, la réalité des cinq infractions précitées doit être tenue pour établie au sens de l'article L. 223-1 du code de justice administrative.
Sur la délivrance de l'information préalable :
4. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
5. En premier lieu, le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal électronique établi lors de la constatation de l'infraction commise le 17 janvier 2022, signé par le requérant et qui mentionne le retrait de quatre points du permis de conduire mais pas les autres informations exigées par les dispositions rappelées au point 4. Le ministre ne produit pas de document de nature à établir que ces autres informations auraient été délivrées pour cette infraction du
17 janvier 2022 ou qu'elles auraient été délivrées lors de la constatation d'infractions antérieures suffisamment récentes ce qui ne ressort pas davantage du relevé d'information intégral. Il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait payé l'amende forfaitaire due à raison de l'infraction. Par suite, le retrait de quatre points du permis de conduire relatif à cette infraction est intervenue selon une procédure irrégulière.
6. En deuxième lieu, le ministre de l'intérieur produit les avis de contravention relatifs aux infractions commises les 20 juin et 14 septembre 2023 qui mentionnent l'ensemble des informations exigées par les dispositions rappelées au point 4. Toutefois, il ne justifie pas de l'envoi de ces avis de contravention au requérant. Il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait payé l'amende forfaitaire due à raison de l'infraction. Par suite, les deux retraits d'un point relatifs à ces deux infractions sont intervenus selon une procédure irrégulière.
7. En troisième lieu, le ministre de l'intérieur produit l'avis d'amende forfaitaire majorée du 1er février 2024 relatif à l'infraction du 17 octobre 2023, qui comporte l'ensemble des informations exigées par les dispositions rappelées au point 4, ainsi que l'avis de la poste relatif au pli contenant cet avis d'amende forfaitaire majorée, qui comporte la mention " présenté/ avisé le 6 février 2024 ". Ainsi, le ministre justifie que l'avis d'amende forfaitaire a été régulièrement adressé au requérant. Il suit de là qu'il doit être regardé comme ayant délivré l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le retrait d'un point relatif à cette infraction est intervenu selon une procédure régulière.
8. Enfin, le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal électronique établi lors de l'infraction commise le 30 mars 2022 qui mentionne l'ensemble des informations exigées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et que le requérant a refusé de signer. Il suit de là qu'il doit être regardé comme ayant délivré l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le retrait de trois points relatif à cette infraction est intervenu selon une procédure régulière.
Sur l'application de la loi pénale plus douce :
9. Si le requérant soutient qu'il doit bénéficier des dispositions du III de l'article
R. 413-14 du code de la route, dans sa rédaction applicable à compter du 1er janvier 2024, qui a pour objet de supprimer le retrait de points pour les excès de vitesse de moins de 5 km/h, il ressort de l'avis de contravention de l'infraction du 17 octobre 2023, seule en litige sur ce point, que l'excès de vitesse de l'intéressé était de 10 km/h. Par suite, sa demande ne peut être accueillie.
10. Il résulte de ce qui précède que le requérant est seulement fondé à demander l'annulation des décisions de retraits de quatre points, un point et un point opérés à raison des infractions au code de la route commises les 17 janvier 2022 et 20 juin et 14 septembre 2023. Par ailleurs, compte tenu de cette annulation, il résulte de l'instruction que le solde de points du permis de conduire du requérant est positif. Par suite, le requérant est également fondé à demander l'annulation de la décision du 7 mai 2024 du ministre de l'intérieur en tant qu'elle constate la perte de validité de son permis de conduire.
Sur les conclusions en injonction :
11. Le présent jugement, qui annule les décisions de retrait de points du permis de conduire du requérant relatives aux infractions commises les 17 janvier 2022 et 20 juin et
14 septembre 2023 et la décision du 7 mai 2024 du ministre de l'intérieur en tant qu'elle constate la perte de validité de son permis de conduire, implique nécessairement que le ministre de l'intérieur restitue les points retirés à raison des infractions précitées ainsi que le permis de conduire de l'intéressé.
Sur les frais du litige :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros que demande le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de retrait de quatre points, un point et un point relatives aux infractions au code de la route commises les 17 janvier 2022 et 20 juin et 14 septembre 2023 par
M. B et la décision du 7 mai 2024 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité de son permis de conduire sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. B les quatre points, un point et un point retirés de son permis de conduire suite aux infractions au code de la route commises les 17 janvier 2022 et 20 juin et 14 septembre 2023 ainsi que son permis de conduire.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.
Le magistrat désigné,Le greffier,
Jean-Michel DELANDRE Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026