jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402542 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TOUBALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2024, Mme D B, représentée par Me Toubale, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024, notifié le 20 juin 2024, par lequel la préfète du Loiret a ordonné son transfert en vue de sa remise aux autorités portugaises ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024, notifié le 20 juin 2024, par lequel la préfète du Loiret l'a assignée à résidence dans le département de Loir-et-Cher pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de faire droit à sa demande d'admission provisoire et d'accomplir les démarches en vue de la saisine de l'office français de protection des réfugiés et apatrides ;
4°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la preuve de l'acceptation de sa remise aux autorités portugaises n'est pas établie ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ; son état de santé est fragile ;
- l'arrêté d'assignation à résidence est dépourvu de base légale.
Par un mémoire enregistré le 25 juin 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 777-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Toubale, représentant Mme B, qui déclare renoncer au moyen fondé sur l'article 3-1 de la convention sur les droits de l'enfant, précise que l'état de santé de la requérante est satisfaisant, et les observations de Mme B, assistée de M. C, interprète, qui soutient qu'elle craint l'enlèvement de ses enfants en cas de retour au Portugal, en raison de ses orientations sexuelles.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante angolaise, est entrée irrégulièrement sur le territoire français le 26 novembre 2023 avec sa fille née en 2019 en Angola, en provenance du Portugal. Une attestation de demande d'asile en procédure Dublin lui a été remise le 11 décembre 2023. Les autorités portugaises, saisies d'une demande de réadmission présentée sur le fondement du 4 de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013, ont donné leur accord le 25 mars 2024. Par un arrêté du 22 avril 2024, la préfète du Loiret a ordonné la remise de la requérante aux autorités portugaises, responsables de la demande d'asile. Par un arrêté du 23 mai 2024, notifié le 20 juin 2024, la préfète du Loiret a assigné Mme B à résidence dans le département de Loir-et-Cher pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence à statuer sur la requête de Mme B, il y a lieu de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la décision portant remise aux autorités portugaises :
3. Aux termes de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Si le demandeur est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, l'État membre qui l'a délivré est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. 4. Si le demandeur est seulement titulaire d'un ou de plusieurs titres de séjour périmés depuis moins de deux ans ou d'un ou de plusieurs visas périmés depuis moins de six mois lui ayant effectivement permis d'entrer sur le territoire d'un État membre, les paragraphes 1, 2 et 3 sont applicables aussi longtemps que le demandeur n'a pas quitté le territoire des États membres ". Les pièces du dossier établissent que Mme B est titulaire d'un visa délivré par les autorités portugaises, valable du 20 août au 24 octobre 2023. La préfète du Loiret produit la demande reçue par les autorités portugaises le 2 février 2024, présentée sur le fondement des dispositions précitées ainsi que l'accord expresse des autorités portugaises du 25 mars 2024. Le moyen doit dès lors être écarté.
4. Si Mme B soutient qu'elle encourt des traitements dégradants de la part de membres de la famille de son mari résidant au Portugal, elle n'assortit toutefois ce moyen d'aucun commencement de preuve suffisant, qu'elle est seule à même de produire. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de renvoi au Portugal doit dès lors être écarté.
Sur l'assignation à résidence :
5. Si Mme B, dont il ressort des pièces du dossier qu'elle possède des garanties de représentation et dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, soutient que l'arrêté de la préfète du Loiret est dépourvu de base légale en raison de l'illégalité de l'arrêté ordonnant sa remise aux autorités portugaises, le moyen doit être écarté pour les motifs exposés aux points précédents.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris en ce qui concerne les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'aide juridictionnelle provisoire est accordée à Mme B.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc A
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026