vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE - CRA OLIVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 juin 2024 et le 1er juillet 2024, M. H A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de l'Eure lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de cinq ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de cette interdiction ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
M. A soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en considérant qu'il constituait une menace pour l'ordre public ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement et de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- l'annulation de cette décision devra entraîner l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Par un mémoire enregistré le 4 juillet 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. G pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les observations de Me Gasner, représentant M. A, et du requérant lui-même, assisté par M. E, interprète en langue peule.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue après ces observations orales, à 15 heures 10.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. Au cours de l'audience, M. A a demandé son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions citées au point précédent et d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de la requête :
3. M. A, ressortissant mauritanien né le 31 décembre 1987, est entré en France le 10 octobre 2008. Le 21 janvier 2009, il s'est vu accorder le statut de réfugié en application du principe d'unité de la famille. Par un arrêt du 13 novembre 2019, la cour criminelle de la Seine-Maritime l'a condamné à une peine principale de huit années d'emprisonnement pour des faits de viol aggravé commis au mois de juin 2016. Par une décision du 16 août 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a mis fin à son statut de réfugié, en application du 2° de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Libéré le 28 juin 2024, M. A a fait l'objet le même jour d'un placement au centre de rétention administrative d'Olivet, en vue de l'exécution de l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de l'Eure lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de cinq ans et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de cette interdiction. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
4. L'arrêté attaqué a été signé par M. F D, chef du bureau des migrations et de l'intégration de la préfecture de l'Eure. Par l'article 6 de son arrêté n° DCAT-SJIPE-2023-28 du 2 novembre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. C B, préfet de l'Eure, a donné délégation à M. D à l'effet de signer tous arrêtés dans la limite des attributions du bureau " dont notamment les arrêtés préfectoraux d'expulsion, les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français, les arrêtés portant interdiction de retour, les arrêtés portant pays de renvoi () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
6. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui rappelle les dispositions citées au point précédent, indique, d'une part, que l'OFPRA a mis fin au statut de réfugié de M. A le 19 août 2021 et que par suite il ne dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français et se trouve ainsi en situation irrégulière, d'autre part, que l'intéressé a été condamné à huit ans d'emprisonnement pour des faits de viol, représentant une menace grave à l'ordre public. Le préfet de l'Eure, qui n'avait pas à rappeler l'ensemble des éléments de la situation, notamment familiale, du requérant, a ainsi indiqué avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour lui faire obligation de quitter le territoire français.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné à une peine principale de huit années d'emprisonnement pour des faits de viol commis au mois de juin 2016. Il ressort plus précisément des énonciations de l'arrêt de la cour criminelle de Seine-Maritime que le requérant a imposé des actes de pénétration sexuelle, par usage d'une importante contrainte physique et de violences, à une jeune femme particulièrement fragile et affaiblie à raison de sa consommation d'alcool et de stupéfiants. Il ressort également des pièces du dossier que M. A avait fait l'objet de deux condamnations antérieures pour des faits de cession ou offre de stupéfiants à une personne en vue de sa consommation personnelle commis en 2010, ainsi que pour des faits d'usage illicite de stupéfiants commis en 2014, mais également qu'il était connu des services de police pour des faits d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique commis le 18 février 2014, pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants et usage illicite de stupéfiants commis le 14 février 2017 et pour des faits de violence en état d'ivresse manifeste commis le 28 mai 2018, deux jours avant son placement en détention provisoire. Eu égard à la gravité des faits commis par M. A, et nonobstant les efforts de réinsertion dont il fait état - dont au demeurant les seuls éléments produits ne permettent pas d'apprécier la réalité, en l'absence notamment de tout projet professionnel précis qui aurait pu être préparé pendant les six années de détention -, le préfet de l'Eure n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que son comportement constituait une menace pour l'ordre public et en l'obligeant, pour ce motif, à quitter le territoire français.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. A, qui réside en France depuis le mois d'octobre 2008, fait valoir que toute sa famille réside en France et qu'il n'a plus de lien avec son pays d'origine. Toutefois, le requérant est célibataire sans enfant. S'il produit des lettres de soutien de sa mère et de ses sœurs, le préfet de l'Eure fait valoir sans être contredit qu'il n'avait que peu de relations avec elles durant sa détention. Ainsi, et eu égard à la gravité des faits qu'il a commis, la mesure d'éloignement prise à son encontre ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport au but d'ordre public poursuivi par le préfet de l'Eure. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
10. En quatrième lieu, M. A ne peut utilement invoquer les risques encourus en Mauritanie à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui est distincte de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire à M. A, qui cite les articles L. 612-2 (1° et 3°) et L. 612-3 (8°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que l'intéressé entre dans le champ d'application de ces articles, dès lors qu'il est démuni de tout document d'identité ou de voyage en cours de validité. Cette décision est ainsi suffisamment motivée.
12. En deuxième lieu, dès lors qu'il résulte de ce qui est dit aux points 4 à 10 ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée des illégalités alléguées, le moyen tiré de ce que la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
13. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du même code : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
14. La décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, qui constitue une mesure distincte de l'obligation de quitter le territoire français, doit faire l'objet d'une motivation spécifique.
15. L'arrêté attaqué, qui fait obligation à M. A de quitter le territoire français " à destination de tout pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible ", permet ainsi de procéder à l'éloignement du requérant à destination de la Mauritanie, pays dont il a la nationalité. L'arrêté vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de l'Eure a fait application et indique que M. A est de nationalité mauritanienne. Toutefois, l'arrêté attaqué ne se prononce pas sur l'existence éventuelle de risques auxquels l'intéressé pourrait être exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Dans les circonstances de l'espèce, alors qu'il ressort des pièces du dossier que plusieurs membres de la famille de M. A, dont sa mère, ont fui la Mauritanie et résident en France en qualité de réfugié - statut dont il a lui-même bénéficié entre le 23 janvier 2009 et le 16 août 2021 -, la décision fixant le pays de destination ne peut être regardée comme suffisamment motivée. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, M. A est fondé à en demander l'annulation.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
17. En premier lieu, l'arrêté attaqué cite l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ayant par ailleurs rappelé que M. A était entré en France le 10 octobre 2008, et mentionné la condamnation dont il a fait l'objet pour viol, l'arrêté précise que la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. L'interdiction de retour sur le territoire français est ainsi suffisamment motivée, alors même que le préfet de l'Eure - qui n'avait pas à rappeler l'ensemble des éléments de la situation, notamment familiale, du requérant - n'indique pas expressément qu'aucune circonstance humanitaire ne s'oppose en l'espèce à l'édiction de cette mesure.
18. En deuxième lieu, dès lors qu'il résulte de ce qui est dit aux points 4 à 12 ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire français et la décision refusant un délai de départ volontaire ne sont pas entachées des illégalités alléguées, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions doit être écarté.
19. En troisième lieu, M. A réside en France depuis plus de quinze années - dont, il est vrai, six années d'emprisonnement - à la date de l'arrêté attaqué. Il n'avait pas fait l'objet d'une mesure d'éloignement avant l'intervention de l'arrêté du 27 juin 2024 contesté. Toutefois, eu égard à la gravité des faits qu'il a commis, et alors que le requérant, célibataire sans enfant, ne justifie pas de l'intensité de ses relations avec sa mère et ses sœurs - nonobstant les lettres de soutien qu'elles ont signées pour les besoins de la présente instance -, le préfet de l'Eure a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, fixer à cinq années la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. A.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il fixe le pays de destination de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette mesure d'éloignement elle-même, contre la décision refusant un délai de départ volontaire et contre l'interdiction de retour sur le territoire français doivent en revanche être rejetées.
21. L'annulation prononcée par le présent jugement, qui ne fait pas obstacle à ce que le préfet de l'Eure prenne une nouvelle décision pour fixer le pays à destination duquel M. A sera éloigné, n'implique aucune mesure d'exécution, et notamment pas qu'une autorisation provisoire de séjour soit délivrée au requérant. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 27 juin 2024 susvisé du préfet de l'Eure est annulé en tant qu'il fixe le pays de destination de la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. A.
Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. H A et au préfet de l'Eure.
Prononcé à l'audience publique le 5 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Frédéric G
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026