jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | WEINKOPF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2024, et des pièces complémentaires enregistrées le 16 juillet 2024, la société civile immobilière Les Bords de l'Ouanne et M. A B, en sa qualité de représentant légal de C, représentés par Me Weinkofp, demandent au tribunal :
1°) de suspendre sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative l'exécution, d'une part, de l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel le maire de Gy-les-Nonains a pris un nouvel arrêté de péril ordinaire en continuité de celui pris le 23 novembre 2023 pour un ensemble immobilier situé rue des Arcis, cadastré section B N° 908 et a mis en demeure C de déblayer les gravats issus de la démolition du site et de clôturer le site au plus tard au 31 mai 2024, d'autre part, de l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le maire de Gy-les-Nonains a mis en œuvre l'astreinte administrative en matière de lutte contre l'habitat indigne ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Gy-les-Nonains la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'urgence est caractérisée par la circonstance que la décision contestée est un arrêté de péril mais également à raison tant de la possibilité pour la commune d'effectuer des travaux qui seront mis à sa charge de la SCI alors que leur utilité est contestée et que certains d'entre eux porteraient atteinte à l'environnement, que parce que la commune liquidant l'astreinte administrative fait peser une charge financière disproportionnée et immédiate sur la SCI qui est une SCI familiale aux ressources faibles ;
- les décisions sont manifestement illégales :
* la décision est entachée d'un défaut de contradictoire : en l'absence de signalement ou de soupçon le maire ne pouvait visiter le site sans en informer le propriétaire ; le site est clos et sécurisé pour empêcher l'intrusion du public ainsi qu'en atteste un commissaire de justice et le maire a donc dû forcer l'entrée du terrain ;
* la commune aurait dû saisir un expert indépendant désigné par le président du tribunal administratif conformément à l'alinéa 1 de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation ;
* les deux décisions sont insuffisamment motivées ;
* l'arrêté du 2 mai 2024 a été pris en méconnaissance des articles L. 511-1 et L.511-2 du code de la construction et de l'habitation ; le maire a utilisé ses pouvoirs de police spéciale pour l'habitat indigne pour contrôler la bonne exécution d'un chantier de démolition en cours entachant sa décision d'une erreur de droit ; aucune des mesures prescrites ne vise à réparer ou préserver la solidité des bâtiments existants ;
* l'arrêté du 2 mai 2024 est entaché d'une erreur de fait : les murs ne risquent pas de s'effondrer et le site est clos ;
* les deux arrêtés sont entachés d'une erreur d'appréciation : les fenêtres sont certes cassées mais ne présentent pas de danger ; l'accès au site sécurisé est impossible ; des chauve-souris et des martinets noirs d'Afrique ont élu domicile dans l'ensemble ; la liquidation de l'astreinte n'a pas lieu d'être : les travaux de sécurisation ont été réalisés et par ailleurs, le montant de l'astreinte est disproportionné ;
* les deux arrêtés sont entachés d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 et 15 juillet 2024, la commune de Gy-les-Nonains représentée par Me Petit, conclut dans le dernier état de ses écritures à ce qu'il soit prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- il a été procédé à une mainlevée des arrêtés de péril puisque les travaux nécessaires ont été exécutés ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Best-De Gand en qualité de juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juillet 2023 à 14 h :
- le rapport de Mme Best-De Gand, juge des référés,
- les observations de Me Weinkofp représentant C et M. B, présent, qui reprend les moyens de sa requête et insiste sur le fait qu'il n'y a pas de non-lieu à statuer dès lors que l'arrêté liquidant l'astreinte n'a pas été formellement abrogé, qu'il y aurait éventuellement un défaut d'urgence en ce qui concerne l'astreinte qui n'évoluera désormais plus dès lors que l'arrêté de péril a été levé, que l'ensemble de la procédure dans laquelle se sont mélangés actes issus du code de l'urbanisme et actes prévus par le code de la construction et de l'habitation révèle un acharnement du maire de la commune dont l'objectif est l'acquisition de l'ensemble immobilier, que le site était sécurisé dès le constat du maire en mai 2024 en lien avec le chantier de démolition en cours, et que la circonstance que des fenêtres sont cassées ce qui permet l'accueil notamment de martinets noirs ne rend pas les lieux dangereux pour le public ;
- les observations de Me Petit représentant la commune de Gy-les-Nonains qui précise que l'arrêté initial date du mois de novembre 2023, qu'il y a non-lieu à statuer sur l'ensemble de la requête, que l'astreinte ne sera pas mise en recouvrement, que la procédure ne révèle pas un acharnement du maire mais une crainte au regard des accès au site non sécurisés et potentiellement dangereux pour le public, craintes étayées par l'architecte des bâtiments de France et des constats effectués sur place en juin et en septembre 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. C a acquis en 1998, un ensemble immobilier désaffecté situé rue des Arcis à Gy-les-Nonains dans le Loiret. Le 30 mars 2023, la SCI s'est vue délivrer un permis de démolir une partie de l'ensemble immobilier. Après des constats effectués en septembre 2023, et après procédure contradictoire préalable, le maire de la commune a pris un arrêté de péril ordinaire le 23 novembre 2023 et a prescrit les mesures nécessaires pour mettre fin à la situation de péril. Par le premier arrêté attaqué du 2 mai 2024, le maire de la commune a pris un nouvel arrêté de péril ordinaire accordant à la SCI un délai courant jusqu'au 31 mai 2024 pour exécuter des travaux de déblaiement du site et de sécurisation du même site nécessaires pour lever le péril. Par un second arrêté attaqué du 5 juin 2024, le maire a liquidé l'astreinte administrative jusqu'à réalisation des mesures prescrites dans l'arrêté du 2 mai 2024. C et M. B, son gérant, demandent la suspension de l'exécution de ces deux arrêtés.
Sur l'exception de non-lieu à statuer en ce qui concerne l'arrêté du 2 mai 2024 :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. La commune de Gy-les-Nonains fait valoir que, par arrêté du 5 juillet 2024, son maire a retiré l'arrêté litigieux et prononcé la mainlevée de l'arrêté du 2 mai 2024, suite au constat par le maire de l'achèvement des travaux prescrits. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de statuer sur les conlusions à fin de suspension de l'exécution de la décision du 2 mai 2024.
Sur le surplus des conclusions en litige :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge de référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. D'une part, l'arrêté du 5 juin 2024 ne pouvant être regardé comme ayant été retiré par l'annotation apposée par le maire sur son constat du 1er juillet 2024, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions afférentes à la suspension de l'arrêté du 5 juin 2024.
7. D'autre part, l'arrêté de péril ordinaire du 2 mai 2024 ayant fait l'objet d'une mainlevée, le décompte de l'astreinte administrative qui courait jusqu'à la réalisation des mesures prescrites est désormais arrêté et n'évoluera plus. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à leur situation au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Dès lors, la condition d'urgence n'est pas remplie.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que les conclusions présentées par C et M. B tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 juin 2024 doivent être rejetées.
Sur les frais restant en litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tenant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 mai 2024.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière Les Bords de l'Ouanne et à la commune de Gy-les-Nonains.
Fait à Orléans le 18 juillet 2024.
La juge des référés
Armelle BEST-DE GAND
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026