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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402812

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402812

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402812
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPHILIPPON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Philippon, demande juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision 48 SI prétendument notifiée le 5 août 2013 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

* Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

- il n'est pas établi qu'une telle décision existerait ;

- aucune infraction n'ayant été commise, aucun point n'a pu être retiré et son permis n'a pu être annulé ;

- si un justificatif d'infractions était produit, il n'apparaît pas qu'elle aurait bénéficié à chaque retrait de points d'une information, la procédure suivie étant alors irrégulière ;

- le caractère définitif des infractions n'est pas établi dès lors qu'elle n'a payé aucune amende forfaitaire pour les différentes infractions qui n'ont pas fait l'objet de l'émission d'un titre exécutoire, d'une composition pénale ou d'une condamnation définitive ;

* La condition d'urgence est remplie : elle a un besoin impérieux de son permis de conduire tant pour son travail que pour s'occuper de sa fille de 4 ans ;

Par un mémoire en défense enregistré le 17 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête au fond est irrecevable car elle est tardive et par voie de conséquence le référé doit être rejeté ;

- l'urgence n'est pas constituée au regard de l'intérêt public en jeu ; l'invalidation de son permis n'est pas définitive ; la requérante s'est placée elle-même dans une situation d'urgence ;

- il n'y a pas de doute sérieux sur la légalité de la décision : les mentions relatives au permis de plus de dix ans n'apparaissent plus sur le relevé d'information intégral mais n'en restent pas moins opposables à la requérante.

Vu la requête au fond par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision 48 SI.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". La demande de suspension de l'exécution d'une décision non attaquée dans les délais ne peut être accueillie.

2. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

3. Il ressort des pièces du dossier et particulièrement des pièces produites en défense, non contestées en réplique, d'une part, que le relevé d'information intégral de Mme B mentionne que son permis de conduire a été annulé le 5 août 2013, d'autre part, qu'une décision 48 SI a été notifiée à Mme B le 5 août 2013, l'accusé de réception du pli portant la signature de la requérante. Mme B doit ainsi être regardée comme ayant eu connaissance de la décision 48 SI lui notifiant l'annulation de son permis à la date du 5 août 2013. Par voie de conséquence, la requête n° 2402718 formée le 3 juillet 2024, aux fins d'annulation de la décision notifiée le 5 août 2013, n'a pas été présentée dans un délai raisonnable, est par suite tardive et est dès lors irrecevable. La requête au fond étant irrecevable, la présente requête en référé tendant à la suspension de cette décision ne peut être accueillie. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie ou si un ou plusieurs des moyens soulevés sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, la présente requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Orléans, le 19 juillet 2024.

La juge des référés,

Armelle C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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