vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402857 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LEGRAND |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, sous le numéro 2402857, M. H B, représenté par Me Legrand, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 par lequel le préfet du Cher lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Cher de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
- l'arrêté est entachée d'un vice d'incompétence ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pour but que de l'empêcher de " circuler librement sur le territoire français " et de " faire valoir ses droits les plus légitimes " ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire l'empêchera de " circuler librement sur le territoire français " et de " faire valoir ses droits en France " ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire enregistré le 16 juillet 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, sous le numéro 2402858, M. J A B, représenté par Me Legrand, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 par lequel le préfet du Cher l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Indre de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
- l'arrêté est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 16 juillet 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme G pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme G.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2402857 et 2402858 appellent à juger des mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. A B, ressortissant tunisien né le 2 juillet 1999 déclare être entré en France en août 2022. Le 9 juillet 2024, il a été interpellé par les fonctionnaires du commissariat de police de Bourges lors d'un contrôle routier. Par un arrêté du 9 juillet 2024, le préfet du Cher l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet du Cher l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département du Cher. Par les requêtes susvisées, M. A B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté n° 18-2024-100 du 9 juillet 2024 faisant obligation à M. A B de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prenant à son encontre une interdiction de retour :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. D F, directeur de cabinet du préfet du Cher. Par un arrêté du 13 mai 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. E C, préfet, a donné délégation à Mme Camille de Witasse Thézy, secrétaire générale de la préfecture du Cher, à l'effet de signer notamment " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Cher ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas l'acte attaqué. Aux termes de l'article 2 de cet arrêté, cette délégation est exercée par M. D F, sous-préfet, directeur de cabinet, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme I. Il n'est pas établi ni même allégué, pas plus qu'il ne ressort des pièces du dossier, que Mme I n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de l'arrêté en cause. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Le requérant fait valoir qu'il réside en France depuis août 2022 et qu'il a entamé des démarches d'insertion professionnelle. Toutefois, l'intéressé, qui ne produit aucune pièce justificative autre que la copie de son passeport, n'établit pas sa présence sur le territoire français à compter de 2022, et ne justifie d'aucune intégration professionnelle sur le territoire français. En outre, l'intéressé est célibataire et sans charge de famille en France et reconnaît disposer d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans. Par suite, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a pas méconnu les stipulations citées au point précédent. Le préfet n'a pas plus entaché d'une erreur manifeste l'appréciation qu'il a portée sur les conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de M. A B.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
6. Le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai n'a pour but que de l'empêcher de " circuler librement sur le territoire français " et de " faire valoir ses droits les plus légitimes " n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
7. La décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
8. Le moyen tiré de ce que la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire l'empêche de " circuler librement sur le territoire français " et de " faire valoir ses droits en France " n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
S'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
9. La décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté du 9 juillet 2024 portant assignation à résidence :
10. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
11. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. D F, directeur de cabinet du préfet du Cher. Par un arrêté du 13 mai 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. E C, préfet, a donné délégation à Mme Camille de Witasse Thézy, secrétaire générale de la préfecture du Cher, à l'effet de signer notamment " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Cher ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas l'acte attaqué. Aux termes de l'article 2 de cet arrêté, cette délégation est exercée par M. D F, sous-préfet, directeur de cabinet, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme I. Il n'est pas établi ni même allégué, pas plus qu'il ne ressort des pièces du dossier, que Mme I n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de l'arrêté en cause. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
12. En second lieu, pour les mêmes éléments que ceux exposés aux points 5, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A B à fin d'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du 9 juillet 2024 du préfet du Cher portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour ainsi que de la décision du 9 juillet 2024 l'assignant à résidence, doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. J A B et au préfet du Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Fatoumata G
La greffière,
Florence PINGUETLa République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2402857
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026