jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL FREDERIC ALQUIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 juillet 2024 et le 21 février 2025, M. C, représenté par Me Alquier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2024 du préfet de Loir-et-Cher portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros au titre de ses frais de défense sous réserve de la renonciation de son conseil au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- le préfet devra établir que les membres de la commission du titre de séjour étaient régulièrement nommés ;
- c'est à tort que le préfet s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé serait défavorablement connu des services de police ;
- la décision attaquée méconnaît les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux motifs qu'il vit en France depuis 2012, est marié depuis près de dix ans avec une compatriote en situation régulière avec laquelle la communauté de vie n'a pas cessé et n'a plus de contact avec son pays d'origine ;
- il n'entre pas effectivement dans les catégories ouvrant droit au regroupement familial, ses enfants vivent avec leur mère au Canada et il a pu exercer une activité professionnelle régulière entre 2016 et 2019 lorsqu'il était titulaire de titres de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale du fait de l'ancienneté de son mariage.
Par une production du 17 février 2025, le préfet de Loir-et-Cher a informé le tribunal de la notification à M. B, le 14 février 2025, d'un arrêté du 11 juillet 2024 portant assignation à résidence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2025, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ;
- le refus de titre de séjour peut être motivé, par substitution, par la circonstance que le requérant entre dans les catégories ouvrant droit au regroupement familial.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions contestées dans le cadre des procédures visées au titre II du livre IX du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de M. B, requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14 h 15.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérian, est entré en France le 16 avril 2012 sous une fausse identité et a sollicité l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande par une décision du 30 avril 2015 confirmée, le 6 novembre 2015, par la Cour nationale du droit d'asile. Il a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement le 23 mai 2016, le 20 février 2019 et le 24 août 2021, dont la légalité a été confirmée mais auxquelles il n'a pas déféré. Il a formé le 7 avril 2023 auprès du préfet de Loir-et-Cher une nouvelle demande en vue de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en se fondant sur les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a pris, le 29 avril 2024, un arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination dont M. B a demandé l'annulation par sa requête enregistrée le 14 juillet 2024. Par une production du 17 février 2025, le préfet de Loir-et-Cher a informé le tribunal de la notification au requérant, le 14 février 2025, d'un arrêté du 11 juillet 2024 portant assignation à résidence.
Les conclusions dirigées contre l'arrêté du 29 avril 2024 en tant qu'il porte refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que lors de l'examen de la situation de M. B, le 6 décembre 2023, la commission du titre de séjour était composée conformément aux dispositions de l'arrêté préfectoral du 3 juillet 2023 fixant sa composition, arrêté régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si l'arrêté litigieux mentionne que le requérant " a eu un comportement déloyal vis-à-vis des institutions françaises, connu des services de police pour obtention, usage et détention frauduleuse de faux documents ainsi que pour conduite d'un véhicule sans permis ", il ne résulte ni de cette mention ni d'aucune autre que le préfet se serait fondé sur la circonstance que la présence en France de M. B constituerait un risque de trouble à l'ordre public. Par suite, le requérant ne peut utilement prétendre que c'est à tort que le préfet se serait fondé sur la circonstance que l'intéressé serait défavorablement connu des services de police.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories () qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
5. En l'espèce, dès lors qu'il est constant que l'épouse de M. B est salariée et réside régulièrement en France, le requérant entre dans les catégories ouvrant droit au regroupement familial. Par suite, et alors même qu'il ne pourrait pas effectivement bénéficier d'un titre de séjour au titre du regroupement familial, M. B n'est pas fondé à prétendre que le refus qui lui est opposé méconnaît l'article L. 423-23 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. "
7. En l'espèce, M. B soutient qu'il vit en France depuis 2012, est marié depuis près de dix ans avec une compatriote en situation régulière avec laquelle la communauté de vie n'a pas cessé, n'a plus de contact avec son pays d'origine, ses deux enfants vivant avec leur mère au Canada, et qu'il a pu exercer une activité professionnelle régulière entre 2016 et 2019 lorsqu'il était titulaire de titres de séjour. Toutefois, à l'exception de son acte de mariage, d'un avis d'impôt sur les revenus du couple au titre des revenus de l'année 2022 et des passeports canadiens de ses enfants, le requérant ne produit aucune justification notamment de son insertion en France. Par suite, il n'est pas fondé à prétendre qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions citées au point précédent, le préfet de Loir-et-Cher aurait entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
Les conclusions dirigées contre l'arrêté du 29 avril 2024 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.
10. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
12. Le rejet des conclusions d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Les frais de l'instance :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que réclame Me Alquier, avocat de M. B, au titre de cet article et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet de
Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
Le magistrat délégué,
Denis A
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026