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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402908

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402908

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402908
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDEZALLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2024, M. C B, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 2 juillet 2024 par laquelle le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 relative à l'aide juridique, sous réserve de renonciation par son avocat à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- s'agissant de l'urgence, la décision de refus de titre met en péril son avenir dès lors que la régularité de sa situation administrative est une condition d'inscription auprès de l'établissement dans lequel il souhaite poursuivre ses études ;

- s'agissant du doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dans l'étude de son dossier dès lors que le préfet d'Eure-et-Loir a omis d'instruire sa demande sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui constituait sa demande principale.

La requête a été communiquée au préfet d'Eure-et-Loir qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- la requête en annulation enregistrée sous le n° 2402907 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique du 26 juillet 2024 à 10 heures, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, né en 2006 et ressortissant algérien, est entré sur le territoire français le 14 octobre 2019, muni d'un visa de court séjour. Il a sollicité son admission au séjour le 5 décembre 2023 au titre de la vie privée et familiale et, subsidiairement, à titre d'étudiant. Par décision du 2 juillet 2024 le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande. Par la requête ci-dessus analysée, M. B demande la suspension de cette décision, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard au délai dans lequel doit statuer le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'étranger.

4. Pour justifier de l'urgence de sa situation, M. B soutient que la décision porte atteinte à sa situation scolaire en ce qu'en l'absence de document justifiant de la régularité de son séjour, il se trouve dans l'impossibilité de signer un contrat d'apprentissage et de s'inscrire en formation de diplôme de comptabilité et de gestion en trois ans au sein d'une école de commerce. Toutefois le requérant n'établit pas qu'il ne pourrait ni s'inscrire au sein d'un autre établissement où la signature d'un contrat de professionnalisation n'est pas exigée pour l'obtention du même diplôme, ni réaliser une spécialisation équivalente dans son pays d'origine ni, enfin, bénéficier d'un report d'inscription pour l'année académique suivante. Par suite, il ne démontre pas que la décision en litige porte une atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue. En conséquence, la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er: M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au préfet d'Eure-et-Loir.

Fait à Orléans le 26 juillet 2024.

Le juge des référés,

Virgile A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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