Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402970

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402970
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantESSOH EKOUE

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Orléans, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait l’obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de la Haute-Garonne. Le requérant invoquait des craintes pour sa sécurité en cas de retour au Bangladesh, mais n’a produit aucun élément probant à l’appui de ses allégations. Le tribunal a considéré que l’arrêté attaqué ne méconnaissait pas l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, d’autant que sa demande d’asile avait été rejetée par l’OFPRA et la CNDA. La décision s’appuie sur le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 juin 2024 du préfet de la Haute-Garonne l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le Bangladesh comme pays de destination de sa reconduite.

Il soutient qu'il ne peut rentrer dans son pays d'origine sans craindre pour sa sécurité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant du Bangladesh né le 5 avril 1998, a déclaré être entré en France le 21 juin 2023 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Le 27 juin 2023, il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du

27 octobre 2023 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 29 mars 2024 par la cour nationale du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 17 juin 2024, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du Bengladesh.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la requête :

4. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

5. Le requérant soutient qu'il ne peut retourner dans son pays d'origine en raison des menaces et des violences dont il a été victime. Toutefois, il ne produit aucun élément ou document à l'appui de ses allégations. Au demeurant, sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile. Par suite, l'arrêté attaqué ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Jean-Michel DELANDRE

La greffière,

Florence PINGUET-COMMEREUCLa République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.