lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403019 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ECHCHAYB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 24 juillet 2024, Mme B A, représenté par Me Echchayb, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret a ordonné son transfert aux autorités portugaises ;
3°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret l'a assignée à résidence dans le département du Loiret pour une durée de 45 jours ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un dossier de demande d'asile dans le délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision de transfert aux autorités portugaises :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée, notamment compte tenu de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 4 du règlement Dublin III relatif au droit à l'information ;
- il n'est pas démontré que les autorités portugaises aient donné leur accord ;
- elle justifie de circonstances particulières dès lors qu'elle doit subir une intervention déjà programmée en France, de sorte à ce que le transfert aura des conséquences particulièrement graves sur sa situation personnelle ;
- le Portugal n'est pas responsable de sa demande d'asile dès lors qu'elle n'a pas été prise en charge sur le plan sanitaire dans ce pays et a été contrainte de rejoindre la France pour être prise en charge médicalement ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision d'assignation à résidence :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle l'a privée d'un délai de recours plus important contre la décision de transfert ;
- elle est illégale dès lors que la décision de transfert est elle-même illégale ;
- elle est non nécessaire dès lors qu'elle ne présente pas un risque de soustraction ;
- l'obligation de pointage est disproportionnée et porte atteinte à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nehring, premier conseiller, pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 777-3 du code de justice administrative, dans sa version applicable au litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juillet 2024 à 14 heures 30.
- le rapport de M. Nehring ;
- et les observations de Me Echechayb, représentant Mme A, qui persiste dans ses conclusions, par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante angolaise née en 2002, a sollicité l'asile auprès des autorités portugaises et une attestation de demande d'asile lui a été remise le 4 avril 2023. Elle est entrée irrégulièrement sur le territoire français.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulations :
4. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par ces dernières dispositions, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
5. En soutenant qu'elle justifie de circonstances particulières justifiant le traitement de sa demande d'asile en France, Mme A doit être regardée comme se prévalant des dispositions citées ci-dessus. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du compte rendu d'IRM pelvienne du 16 juin 2024 que Mme A est atteinte de lésions kystiques ovariennes bilatérales avec multiples végétations endo et exo kystiques, classées ORADS 4, compatibles avec un cyastédénome sérieux borderline générant d'intenses douleurs. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'une intervention chirurgicale a été programmée au centre hospitalier universitaire d'Orléans pour traiter ces lésions et que Mme A doit se présenter, dans cet établissement, à une consultation préopératoire le 20 août 2024. Enfin, Mme A soutient, sans être contestée, avoir sollicité une prise en charge médicale de la part des autorités portugaises sans succès et qu'elle s'est rendue en France afin d'y trouver une aide médicale. Ainsi, l'état de santé de la requérante caractérise une situation de vulnérabilité telle qu'elle nécessiterait l'examen de sa demande d'asile par les autorités françaises. Par suite, la préfète du Loiret, en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées a entaché son appréciation d'une erreur manifeste au regard des dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret a ordonné le transfert de Mme A aux autorités portugaises doit être annulé. Par voie de conséquence, l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret l'a assignée à résidence dans le département du Loiret pour une durée de 45 jours doit également être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'annulation de l'arrêté du 10 juin 2024 par lequel a préfète du Loiret a décidé la remise de Mme A aux autorités portugaises implique nécessairement le traitement de sa demande d'asile en France. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Loiret d'enregistrer la demande d'asile de Mme A et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que le conseil de Mme A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Echechayb de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à Mme A.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret a ordonné le transfert de Mme A en vue de sa remise aux autorités portugaises est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 10 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret a assignée Mme A à résidence dans le département du Loiret pour une durée de 45 jours est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Loiret d'enregistrer la demande d'asile de Mme A et de lui délivrer une attestation de demande d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Echechayb renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Echechayb, avocate de Mme A, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à Mme A.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Virgile NEHRING
La greffière,
Nathalie ARCHENAULT
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026