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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403098

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403098

vendredi 2 août 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403098
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantHOCHART

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. C, ressortissant tunisien, contestant l'arrêté du préfet d'Eure-et-Loir du 22 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour de trois ans. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, et de l'erreur d'appréciation concernant la menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), en particulier les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-10.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Kanté, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à l'effacement de son signalement au système d'information Schengen.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale compte tenu de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'annulation de la décision portant interdiction de retour doit entraîner l'effacement de du signalement aux fins de non-admission dans le système informatique Schengen.

Par un mémoire enregistré le 29 juillet 2024, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un arrêté du 22 juillet 2024, le préfet d'Eure-et-Loir a prononcé le placement de M. C en rétention administrative.

Par une ordonnance du 27 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. C pour une durée de vingt-six jours.

Par une ordonnance du 30 juillet 2024, le magistrat délégué du premier président de la Cour d'appel d'Orléans a confirmé la prolongation de la rétention administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant des procédures prévues au titre II du livre IX du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Kanté, représentant M. C, qui persiste dans ses conclusions et moyens, demande le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, et soulève les moyens nouveaux suivants :

o la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée en ce qu'elle ne précise pas en quoi la mesure d'éloignement ne porte pas atteinte à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

o il ne pouvait légalement faire l'objet d'un éloignement en ce qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour, en sa qualité de conjoint de française, au titre de l'admission exceptionnelle au séjour ou de l'article L. 433-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- et les observations de M. C, qui expose son parcours et indique que, bien que travaillant de manière irrégulière, il contribue à économiquement à la vie de son foyer, constitué de sa partenaire, et que son éloignement aurait pour effet de la placer dans une situation financièrement insoutenable.

La clôture de l'instruction a été prononcée à 15 h 12.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien né le 29 avril 2000, est, selon ses déclarations, entré en France au cours de l'année 2015. Il a été interpellé par les services de la Gendarmerie nationale le 22 mai 2024. Par un arrêté du 22 juillet 2024, le préfet d'Eure-et-Loir lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un second arrêté du même jour, le préfet d'Eure-et-Loir a ordonné son placement en rétention. M. C demande l'annulation de ce premier arrêté.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par G E, sous-préfet de l'arrondissement de Dreux. Selon l'article 11 de l'arrêté du 19 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet d'Eure-et-Loir, a donné délégation de signature à M. G E en cas d'empêchement de Mme Agnès Bonjean, secrétaire générale de la préfecture d'Eure-et-Loir et de M. F B, directeur de cabinet, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " incluant ainsi les décisions attaquées. Par suite, alors qu'il n'est pas établi que Mme Agnès Bonjean et M. F B n'étaient pas en situation d'empêchement simultané, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, si le préfet a indiqué que l'intéressé était marié alors qu'il était en réalité uni par un pacte civil de solidarité (PACS), cette erreur est, en l'espèce, sans incidence sur l'appréciation par l'autorité administrative, de la situation personnelle et familiale du requérant. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut d'examen sérieux doivent être écartés.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales () ".

7. A l'appui de sa requête, M. C fait valoir qu'il est entré en France en 2015, y a poursuivi sa scolarité, et y travaille en qualité de chauffeur-livreur. Il fait également valoir qu'il réside avec une ressortissante française depuis janvier 2022, avec laquelle il est uni par un PACS et que sa tante réside en France.

8. Toutefois, M. C n'établit pas, par les pièces qu'il produit, sa présence en France depuis 2015. Il ressort en effet des énonciations de l'obligation de quitter le territoire français pris à son encontre le 5 avril 2022 par le préfet des Hauts-de-Seine, que la présence en France de M. C n'est attestée, en l'état de l'instruction, qu'à compter du mois de mars 2020. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que l'intéressé n'a jamais bénéficié de titre de séjour et a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement le 21 mars 2020 par le préfet de la Seine-Saint-Denis et le 5 avril 2022 par le préfet des Hauts-de-Seine, auxquelles il n'a pas déféré. Il ressort également des pièces du dossier que la communauté de vie entre le requérant et sa partenaire de PACS est récente eu égard, d'une part, à la date de conclusion de leur PACS au mois d'avril 2024 et, d'autre part, aux justificatifs de résidence commune coïncidant avec l'adresse déclarée pour ce PACS produits par le requérant, lesquels remontent au mois de février 2023. En outre, le requérant n'établit pas qu'il disposerait d'autres attaches en France alors qu'il a vécu dans son pays d'origine, où résident encore ses parents et ses sœurs, la majeure partie de sa vie. Enfin, M. C ne justifie pas, par la seule production de bulletins de salaires datés de novembre 2021, décembre 2021 et février 2022, d'une insertion professionnelle significative. Dans ces conditions, eu égard aux conditions de séjour en France de M. C, au caractère récent de sa vie familiale et à son absence d'intégration professionnelle significative, la mesure d'éloignement ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels elle a été édictée.

9. En quatrième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.

10. Le requérant fait valoir qu'il pouvait, en sa qualité de conjoint de français, bénéficier d'un titre de séjour qui ferait obstacle à son éloignement, au titre de l'admission exceptionnelle au séjour et de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. Toutefois, premièrement, si le préfet a examiné, sans y être tenu, la situation de M. C au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement que la situation de M. C ne répond pas à des considérations exceptionnelles ou à des circonstances humanitaires de nature à justifier son admission exceptionnelle au séjour.

12. Deuxièmement, l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 régit de manière exclusive la délivrance des cartes de résident en son article 10. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lesquelles portent sur un titre de séjour analogue à celui de l'article 10 de l'accord précité.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

14. En l'espèce, pour caractériser la menace à l'ordre public que constituerait M. C, le préfet s'est exclusivement appuyé sur les données mentionnées dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ). Il doit donc être regardé comme ayant fait application du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

15. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les faits pour lesquels M. C a fait l'objet d'une mention dans ce fichier n'ont donné lieu à aucune poursuite pénale. Ces faits ne sont par ailleurs corroborés par aucune autre pièce du dossier. Le requérant produit enfin un extrait de casier judiciaire faisant état de son absence de condamnation pénale récente. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur d'appréciation en caractérisant sa présence comme menace à l'ordre public.

16. Cependant, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant exclusivement, comme il l'a également fait, sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle demeure légalement fondée.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, faute de bénéficier d'une délégation de signature, doit être écarté.

18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, faute de bénéficier d'une délégation de signature, doit être écarté.

21. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

22. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

23. En l'espèce, le requérant justifie de l'existence d'une vie privée avec sa partenaire de PACS et partage une communauté de vie avec celle-ci depuis au moins un an et cinq mois. Dès lors, la décision en litige aura pour effet de faire obstacle au retour en France de M. C, pour qu'il puisse rendre visite à sa partenaire. Il résulte par ailleurs de ce qui a été dit au point 15 du présent jugement que l'intéressé ne représente pas une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, quand bien même la partenaire de M. C pourrait lui rendre visite en Tunisie, et alors même qu'il aurait déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement auxquelles il n'a pas déféré, la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans présente, en l'espèce, un caractère disproportionné par rapport aux buts en vue desquels elle a été édictée. Dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, le requérant est fondé à en demander l'annulation.

24. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, M. C est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français contenue dans l'arrêté du 22 juillet 2024.

Sur les conclusions à fins d'injonction :

25. Aux termes de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ".

26. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, n'implique ni la délivrance d'un titre de séjour provisoire à M. C ni le réexamen de sa situation. En revanche, l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français implique nécessairement l'effacement du signalement du requérant dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission, dans la mesure de l'annulation prononcée au point 24. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de prendre toutes les mesures propres à assurer cet effacement dans un délai de quinze jours. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La décision portant interdiction de retour sur le territoire français, contenue dans l'arrêté du 22 juillet 2024 est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au préfet d'Eure-et-Loir de prendre les mesures propres à assurer l'effacement du signalement aux fins de non-admission de M. C dans le système d'information Schengen, dans la mesure de l'annulation prononcée au point 24 du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Eure-et-Loir.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2024

Le magistrat désigné,

Paul D

La greffière,

Nathalie ARCHENAULT

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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