lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PERVEYRIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2024 à 15 h 45, M. H E, représenté par Me Perveyrie, avocate, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 30 juillet 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, à défaut et sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte, de procéder au réexamen de sa situation et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation qui résulte du défaut d'examen de son entière situation personnelle ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne procédant pas à un examen plus précis de sa situation, notamment au regard de son intégration et de ses liens personnels et surtout familiaux en France ;
- le préfet a commis une erreur de fait en considérant qu'il était dépourvu de documents d'identité ou de voyage lui permettant de se maintenir et de circuler sur le territoire français et qu'il serait dans l'incapacité de démontrer la réalité de son concubinage avec une ressortissante française, alors qu'il est régulièrement hébergé chez sa compagne et que des démarches sont engagées auprès de la CAF, et ce n'est que parce qu'il était convoqué devant le juge des enfants le 24 juillet 2024 qu'il n'a pas pu justifier de l'intégralité de sa situation ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : après son divorce, il tente de subvenir autant que faire se peut à l'entretien et à l'éducation des deux enfants issus de cette union et leur rend régulièrement visite ; par ailleurs, il entretient une relation avec une autre jeune femme, qui l'héberge et avec laquelle il va avoir un enfant ; les deux infractions pour lesquelles il a été condamné ne permettent pas de considérer qu'il constitue une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire enregistré le 8 août 2024 à 11 h 19, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme G pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G ;
- les observations de Me Perveyrie, représentant le requérant, qui reprend les conclusions et les moyens exposés dans la requête et précise en outre que le requérant demeure chez sa compagne et mère de son futur enfant ; qu'il est entré en France, non pas en 2020, mais en mars 2021, après avoir été contraint de quitter le domicile familial sur ordre de son père, qui a pu être violent à son égard ; qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français mais a souhaité engager des démarches pour régulariser sa situation et s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français et conjoint d'une ressortissante française, ce titre ayant été renouvelé jusqu'en juillet 2024 ; que son placement en garde à vue a eu lieu à la suite d'une soirée festive à la fin de laquelle il a été ramené en voiture par un ami de nationalité française qui lui a cédé le volant pour quelques centaines de mètres lorsqu'il a constaté la présence des forces de l'ordre ; que l'arrêté est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'il n'a pas pu se rendre au rendez-vous qui lui avait été fixé pour le 24 juillet 2024 par les services de la préfecture en raison d'une convocation devant le juge aux affaires familiales à F et que le courrier de convocation des services préfectoraux n'est parvenu à son adresse qu'après son départ pour F ; que par ailleurs, il avait rendez-vous avec son assistante sociale pour établir son dossier, et il est compliqué d'avoir un tel rendez-vous ; s'agissant des faits du 30 juillet 2024 qui lui sont reprochés, et à la suite d'une ordonnance d'homologation, il lui a été infligé une peine de trois mois de détention à domicile ; que les premiers faits de violence qui lui ont été reprochés s'inscrivaient dans la continuité de la perte de son téléphone, qui lui servait à conserver tous ses documents importants ; que l'arrêté méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention des droits de l'enfant : l'intéressé fait les allers et retours à F pour être présents aux visites médiatisées qui sont organisées avec ses enfants et qui sont établies par les attestations qu'il produit ; que la mère de ses enfants a quitté le domicile familial avec leur fils, alors qu'elle était enceinte de leur second enfant, et elle a d'importants problèmes psychologiques ; qu'il a fait la connaissance de Mme D après la séparation d'avec Mme A, son ex-épouse ; que Mme D a deux enfants dont il s'occupe, et elle attend leur enfant commun, dont la naissance est prévue pour le mois de septembre 2024 ; que toutes ses attaches sont en France, et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ; que les éléments médicaux le concernant n'ont pas été évoqués, et l'arrêté est ainsi entaché d'une insuffisance de motivation ;
- et les observations de M. E, requérant, qui indique n'avoir aucun élément complémentaire à faire valoir.
En application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue après les observations orales, à 15 h 30.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1.Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2.Il y a lieu, en application des dispositions citées au point précédent, d'admettre M. E, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de la requête :
3. M. E, ressortissant algérien né le 5 décembre 2000, est entré en France en mars 2021, selon les indications de son conseil à l'audience, et non au cours de l'année 2020 comme indiqué par le préfet d'Indre-et-Loire. Par un arrêté du 5 juin 2021, la préfète
d'Indre-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour pour une durée d'un an. Le 22 mars 2022, il s'est vu délivrer un certificat de résidence algérien au titre de la vie privée et familiale valable jusqu'au 19 juillet 2023, puis jusqu'au 19 juillet 2024 à la suite du renouvellement qui avait été demandé, en raison de son mariage avec une ressortissante française et de la naissance d'un enfant. M. E n'a pas présenté de demande de renouvellement et ne s'est pas présenté au rendez-vous du 24 juillet 2024 qui lui avait été fixé par les services de la préfecture d'Indre-et-Loire. A la suite de son interpellation par les forces de l'ordre le 30 juillet 2024 pour conduite sans permis, conduite en état d'ivresse et refus de se soumettre à un dépistage aux stupéfiants, le préfet d'Indre-et-Loire, par un arrêté du 30 juillet 2024, notifié à 15 h 45, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, notifié à 16 h 00, il l'a assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi à 10 h 00, hors jours fériés, à la brigade de gendarmerie de Loches. M. E, qui a saisi ce tribunal dans les délais qui lui étaient impartis, demande l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2024 portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement, et portant interdiction de retour d'une durée d'un an.
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions dont le préfet
d'Indre-et-Loire a fait application tant en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français sans délai qu'en ce qui concerne le pays de destination de cette mesure d'éloignement et la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an - à savoir les articles L. 611-1 (1°), L. 611-3, L. 612-1, L. 612-2, L. 612-3, L. 612-6, L. 612-10, L. 612-12, L. 613-1 à L. 613-5, L. 614-1, L. 711-1, L. 711-2, et L. 721-3 à L. 721-5, L. 722-3, L. 722-7 et R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers -, rappelle les conditions dans lesquelles M. E, de nationalité algérienne, est entré sur le territoire français et s'y est maintenu malgré une première obligation de quitter le territoire, avant de se voir délivrer un certificat de résident algérien qui a été renouvelé et qui expirait le 19 juillet 2024, sans qu'il en ait demandé le renouvellement ni se soit présenté au rendez-vous qui lui avait fixé pour le 24 juillet 2024. L'arrêté indique en outre qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il est divorcé et ne démontre pas participer à l'entretien de son enfant et qu'il n'apporte pas la preuve d'une nouvelle relation de concubinage et de la grossesse de sa nouvelle compagne, et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Il mentionne par ailleurs que l'intéressé est dépourvu de documents d'identité et de voyage lui permettant de se maintenir et de circuler en France, qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, qu'il constitue une menace pour l'ordre public et qu'il n'est pas contrevenu aux articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet d'Indre-et-Loire, qui n'était pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments de la situation du requérant, et notamment des pathologies dont il est atteint et le traitement qui lui est prescrit, a ainsi indiqué avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait sur lesquels il s'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni de cette motivation, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet d'Indre-et-Loire, avant de prendre la mesure d'éloignement contestée, n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation personnelle de M. E.
6. En troisième lieu, M. E fait valoir, d'une part, que c'est en raison d'une convocation à l'audience du tribunal pour enfants de F à la date du 24 juillet 2024 qu'il n'a pu se rendre au rendez-vous fixé par les services de la préfecture d'Indre-et-Loire pour la même date, dont il n'a été informé qu'à son retour de F, et, d'autre part, qu'il a eu des difficultés à obtenir un rendez-vous avec l'assistante sociale l'accompagnant dans ses démarches au regard de sa situation sur le territoire français. M. E doit être regardé comme soutenant ainsi qu'il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire au motif qu'il n'entrait pas dans le champ des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes desquelles : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ", sur lesquelles le préfet d'Indre-et-Loire s'est fondé pour prendre la mesure d'éloignement contestée.
7. Cependant, alors au demeurant que le rendez-vous du 24 juillet 2024 avait été fixé par les services de la préfecture d'Indre-et-Loire en vue de vérifier la réalité des relations entretenues avec son enfant, et non à la suite de démarches entreprises pour faire procéder au renouvellement de son titre de séjour, il est constant qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. E n'était plus titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Par ailleurs, est sans incidence la circonstance que l'assistante sociale suivant sa situation, qui, au demeurant, lui a indiqué le 17 juillet 2024 qu'elle pouvait lui proposer un rendez-vous pour le 22 juillet 2024 s'il ne souhaitait pas faire
lui-même le dépôt des pièces justificatives pour une demande de carte de séjour. Au surplus, en se bornant à produire une convocation à avocat pour l'audience prévue pour le 24 juillet 2024, M. E n'établit ni sa présence à cette audience, ni même qu'il avait été dans l'incapacité de recevoir la convocation faite par les services préfectoraux. Dans ces conditions, le moyen analysé au point précédent doit être écarté.
8. En quatrième lieu, M. E soutient que le préfet d'Indre-et-Loire a entaché sa décision d'erreurs de fait en considérant qu'il était dépourvu de documents d'identité ou de voyage lui permettant de se maintenir et de circuler sur le territoire français et qu'il serait dans l'incapacité de démontrer la réalité de son concubinage avec une ressortissante française, alors qu'il est régulièrement hébergé chez sa compagne et que des démarches sont engagées auprès de la CAF, et soutient en outre que ce n'est que parce qu'il était convoqué devant le juge des enfants le 24 juillet 2024 qu'il n'a pas pu justifier de l'intégralité de sa situation.
9. Cependant, d'une part, en relevant que M. E était dépourvu des documents lui permettant de se maintenir et de circuler sur le territoire français, et dès lors qu'il est constant que le certificat de résidence algérien avait expiré le 19 juillet 2024 et qu'il n'y avait eu aucune demande de renouvellement, le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas commis l'erreur de fait qui lui est reprochée, sans que le requérant puisse utilement invoquer les raisons de son absence au
rendez-vous du 24 juillet 2024.
10. D'autre part, alors que l'attestation d'hébergement versée au dossier, qui n'est pas datée, et que la déclaration faite le 22 juillet 2024 par Mme D auprès de la CAF
d'Indre-et-Loire fait état d'une relation maritale mais pas d'une adresse commune, à supposer même que le préfet ait commis une erreur de fait en considérant que la vie en concubinage de l'intéressé avec Mme D n'était pas justifiée, il résulte de l'instruction que l'autorité préfectorale aurait pris la même décision si elle n'avait pas commis cette erreur, laquelle n'est, par suite et en tout état de cause, pas de nature à entraîner l'annulation de l'arrêté contesté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Pour soutenir que l'arrêté en cause méconnaît les stipulations précitées, M. E se prévaut des relations qu'il entretient avec ses deux enfants domiciliés à F et des efforts entrepris pour les maintenir malgré l'éloignement, dans un contexte de séparation difficile avec leur mère, ainsi que de sa relation de concubinage avec Mme D, qui attend leur enfant commun et dont la naissance devrait intervenir dans le courant du mois de septembre 2024.
13. Cependant, s'il ressort des attestations établies par les référents de l'aide sociale à l'enfance de la situation des enfants B E et C A, nés respectivement le 25 janvier 2022 et le 5 juin 2023 du mariage du requérant avec Mme A, dont il est désormais divorcé, qu'il a été présent aux rencontres médiatisées mensuelles accordées par le juge des enfants depuis le mois d'avril 2023, il ne produit aucun élément postérieur à l'attestation du 10 janvier 2024 de nature à établir qu'il aurait poursuivi ces visites entre le mois de janvier 2024 et le mois de juillet 2024. S'il produit la preuve d'un virement d'un montant de cent euros au profit B E le 29 février 2024, et alors qu'aucune contribution à l'entretien des enfants n'a été fixée par le jugement de divorce, en raison de la mesure de placement dont
ceux-ci font l'objet, ce seul élément n'est pas de nature à établir qu'il aurait ainsi continué à participer de cette manière à l'entretien et à l'éduction de ses enfants. Par ailleurs, s'il est établi que dès le mois de mars 2024, M. E a reconnu avec Mme D l'enfant à naître en septembre prochain, il ressort des mentions de l'acte de reconnaissance qu'à cette date, il avait une adresse différente de celle de Mme D, rue du Godet à Loches, adresse qui figure également sur la convocation à avocat du 26 juin 2024. A supposer que la déclaration de concubinage faite par Mme D auprès de la CAF d'Indre-et-Loire le 22 juillet 2024 puisse être regardée comme de nature à établir l'existence d'une communauté de vie, cette communauté de vie est particulièrement récente à la date de l'arrêté attaqué, alors même que, depuis leur rencontre en décembre 2023, le requérant se serait occupé des deux premiers enfants de Mme D. Ainsi, alors même qu'il ne constituerait pas une menace pour l'ordre public à raison des faits de violence qui lui ont été reprochés et de la peine légère qui lui a été récemment infligée à la suite d'une ordonnance d'homologation, et malgré le traitement qu'il suit en raison d'une fibromyalgie, le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas, en prenant les mesures attaquées, porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en vue desquelles elles ont été prises.
14. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
15. Le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas méconnu ces stipulations dès lors qu'il n'est pas établi que M. E aurait conservé des liens avec les enfants B et C. Par ailleurs, ces stipulations ne peuvent être utilement invoquées s'agissant de la situation de l'enfant porté par Mme D, encore à naître à la date de l'arrêté en cause.
16. En septième lieu, eu égard aux éléments mentionnés au point 11 du présent jugement, le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de M. E.
17. Il suit de là que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2024 qu'il conteste.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. E tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2024 attaqué doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction. et les conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H E et au préfet
d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2024.
La magistrate désignée,
Véronique G
Le greffier,
Sébastien BIRCKELLa République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026