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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403426

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403426

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403426
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence et par un juge unique, a rejeté la requête de M. B, ressortissant nigérian, qui contestait l'arrêté du 10 juillet 2024 de la préfète du Loiret lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le requérant invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, un défaut de motivation et une méconnaissance des articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ainsi que de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a estimé que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, considérant que la délégation de signature au secrétaire général était régulière et que la décision était suffisamment motivée. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes de M. B, incluant l'annulation des décisions contestées et les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 août 2024, M. C B, représenté par Me Nadia Echchayb, demande au tribunal :

1) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2024 de la préfète du Loiret rejetant sa demande d'admission au séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le Nigéria comme pays de destination de sa reconduite ;

2) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir et, à défaut, une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa demande sous astreinte de 100 euros à compter du jugement à intervenir ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire ont été pris par une autorité incompétente, ne sont pas motivés, n'ont pas été précédés par un examen de sa situation personnelle, sont entachés d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été entendu et n'a pu faire valoir ses observations orales, méconnaissent les articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur et la préfète s'est crue en situation de compétence liée ;

- la décision fixant le pays de renvoi a été prise par une autorité incompétente, n'est pas motivée et méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- les décisions l'obligeant à se présenter aux autorités de police et à remettre son passeport ont été prises par une autorité incompétente, ne sont pas motivées, méconnaissent les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l'homme et sont disproportionnées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, la préfète du Loiret, représentée par la Selarl Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Echchayb, avocate de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant nigérian né le 18 octobre 1980, a déclaré être entré en France le 30 août 2016 sous couvert d'un visa de court séjour valable du 14 août 2016 au

5 septembre 2016 délivré par les autorités consulaires françaises à Lagos. Il s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration de son visa. Le 31 mars 2017, il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du 13 octobre 2017de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 27 mars 2018 par la cour nationale du droit d'asile. Le 21 juin 2018, il a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du 28 juin 2018 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, notifiée le 19 juillet 2018. Le 26 juillet 2018, il a déposé une demande d'asile auprès de la cour nationale du droit d'asile qui a pris une décision d'admission notifiée le 24 août 2018. L'intéressé n'a pas introduit de requête devant la cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 9 juillet 2019, le préfet du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français. Le 18 décembre 2018, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour pour raison de santé valable du 10 septembre 2019 au 9 mars 2020. Par un arrêté du 24 novembre 2020, le préfet du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un jugement n° 2004481 du 28 juin 2021, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa requête tendant à l'annulation de cet arrêté. Par une ordonnance n° 21VE02333 du 17 novembre 2022, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté son recours dirigé contre le jugement du tribunal. Le 22 février 2023, le requérant a sollicité, à nouveau, son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 10 juillet 2024, la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du Nigéria.

Sur le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Stéphane Costaglioli, secrétaire général de la préfecture du Loiret. Selon l'article 1er de l'arrêté n° 45-2024-05-29-00001 du

29 mai 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture

n° 45-2024-142 et mis en ligne sur le site de la préfecture, la préfète du Loiret a donné délégation à M. Stéphane Costaglioli, secrétaire général, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret () " à l'exception des arrêtés portant élévation de conflit et des réquisitions de comptable public. Cette délégation de signature n'est pas générale et mentionne le nom du délégataire. Dès lors que l'arrêté du 29 mai 2024, qui constitue un acte réglementaire, a été régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Loiret, l'administration n'a pas à produire cet arrêté que le tribunal n'a pas davantage l'obligation de communiquer au requérant. Par ailleurs, l'arrêté attaqué vise la décision de délégation de signature précitée. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".

4. En l'espèce, l'arrêté attaqué du 10 juillet 2024 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionne les éléments de fait propres à la situation du requérant, notamment relatif à sa situation familiale, à raison desquels la préfète a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine. Ainsi, la décision de refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire sont suffisamment motivés en application de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il n'a pas été entendu et mis en situation de présenter ses observations orales avant l'intervention de l'arrêté attaqué, il ressort des pièces du dossier que la préfète a statué sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Dès lors, aucune disposition législative ou réglementaire l'obligeait à l'entendre et à l'inviter à présenter des observations orales.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " ou des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile selon lesquelles : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. En se prévalant de ces dispositions et stipulations, le requérant soutient qu'il peut être admis au séjour en faisant valoir qu'il réside en France depuis huit ans, qu'il vit avec Mme A, qu'il s'est vu accorder une autorisation provisoire de séjour en raison de son état de santé et qu'il a produit aux services préfectoraux un contrat de travail à durée indéterminée à temps plein de la Sas To-Taverne à Orléans en qualité de plongeur ainsi que des bulletins de travail dans le cadre de contrat ou de missions d'intérim. Toutefois, il n'apporte aucun élément ou document à l'appui de ses allégations alors qu'il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que son contrat de travail avec la Sas To-Taverne n'a été signé que le 1er mars 2023, qu'il n'a travaillé que de février à juin 2020 dans cette société. Il ne justifie pas de la durée de sa communauté de vie avec Mme A. Il n'établit pas, ni même n'allègue, être dépourvu de liens familiaux dans son pays d'origine dans lequel il a résidé jusqu'à l'âge de trente-cinq ans. Dans ces conditions, eu égard aux conditions de séjour en France de l'intéressé, notamment à la circonstance qu'il n'a pas respecté les décisions administratives et juridictionnelles dont il est fait état au point 1, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Loiret a méconnu les dispositions et stipulations citées au point 7.

8. En cinquième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur, relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation.

9. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Loiret se serait crue en situation de compétence liée par rapport aux décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides et de la cour nationale du droit d'asile rappelées au point 1.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

10. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 2, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi a été prise par une autorité incompétente.

11. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de renvoi rappelle la nationalité du requérant et les décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides et de la cour nationale du droit d'asile et mentionne que le requérant n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi n'est pas motivée.

12. Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si le requérant soutient qu'il craint pour sa sécurité en cas de retour dans son pays, il n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Par suite, la décision fixant le pays de renvoi attaquée ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les décisions portant obligation de présentation aux services de police et de remise du passeport :

13. Aux termes de l'article L. 721-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être contraint de résider dans le lieu qui lui est désigné par l'autorité administrative. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. " Aux termes de l'article L. 721-7 du même code : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article L. 721-8 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ". Aux termes de l'article R. 721-6 du code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ". Aux termes de l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du

26 août 1789 : " Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression ". Aux termes de l'article 4 de la même Déclaration : " La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. ".

14. La préfète du Loiret a prescrit au requérant de se présenter auprès des services de police aux frontières à Olivet chaque mardi et jeudi à 9 heures afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'éloignement et pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ et de remettre son passeport à ce service.

15. En premier lieu, aux termes de l'article R. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour astreindre l'étranger aux obligations de présentation prévues à l'article L. 721-7 est le préfet de département () ". Aux termes de l'article R. 814-1 du même code : " L'autorité administrative habilitée à retenir le passeport ou le document de voyage d'un étranger en situation irrégulière en application de l'article L. 814-1 est le préfet de département () ". Ainsi, les décisions d'obligation de présentation aux services de police et de remise de passeport ont été prises par une autorité compétente.

16. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles L. 721-3 à L. 721-6 et L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, précise, dans son dispositif, les obligations de pointage et accorde un délai de départ volontaire au requérant. Ainsi, les décisions d'obligation de présentation aux services de police et de remise du passeport sont suffisamment motivées.

17. Enfin, le requérant soutient que les décisions portant obligation de présentation aux services de police et de remise du passeport sont disproportionnées et contreviennent à sa liberté d'aller et venir protégées par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Toutefois, l'obligation de présentation aux services de police est limitée à deux fois par semaine. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas que la remise de son passeport l'empêcherait de circuler sur le territoire français. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions portant obligation de présentation aux services de police et de remise du passeport porteraient une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir du requérant.

18 Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète du Loiret.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Jean-Michel DELANDRE

La greffière,

Florence PINGUET-COMMEREUCLa République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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