Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403505
mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403505 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SELARL FREDERIC ALQUIER |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 août 2024, M. A C, représenté par Me Frédéric Alquier, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 du préfet d'Indre-et-Loire rejetant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant la République du Congo comme pays de destination de sa reconduite ;
2) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer le titre de séjour sollicité et, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son avocat, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que le préfet a méconnu les dispositions de l'article 2 du décret n° 2001-492 du 6 juin 2021.
La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Brazzaville le 31 juillet 1993 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République du Congo né le 16 septembre 1991, est entré en France le 8 juin 2022 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de court séjour de trente-cinq jours. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du 22 novembre 2023 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 25 avril 2024 par la cour nationale du droit d'asile. Le 22 mars 2024, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour temporaire portant la mention " salarié ". Par l'arrêté attaqué du 9 juillet 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de la République du Congo.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la requête :
4. aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, reprenant les dispositions de l'article 2 du décret n° 2001-492 du 6 juin 2011 : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. Le délai mentionné à l'article L. 114-3 au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée acceptée ne court qu'à compter de la réception des pièces et informations requises.
Le délai mentionné au même article au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée rejetée est suspendu pendant le délai imparti pour produire les pièces et informations requises. Toutefois, la production de ces pièces et informations avant l'expiration du délai fixé met fin à cette suspension. La liste des pièces et informations manquantes, le délai fixé pour leur production et la mention des dispositions prévues, selon les cas, au deuxième ou au troisième alinéa du présent article figurent dans l'accusé de réception prévu à l'article L. 112-3. Lorsque celui-ci a déjà été délivré, ces éléments sont communiqués par lettre au demandeur. ".
5. Le requérant soutient que le préfet d'Indre-et-Loire indique que le requérant n'est pas en mesure de présenter le visa de long séjour, le certificat médical établi deux mois avant son départ et le contrat de travail visé par l'autorité compétente et qu'il revenait au préfet de l'informer des pièces manquantes de son dossier et de la nécessité de le compléter en lui fixant un délai lui permettant de présenter les pièces manquantes.
6. Toutefois, en rappelant dans l'arrêté attaqué, les termes des articles 4 et 5 de l'accord franco-congolais relatifs aux conditions dans lesquelles les ressortissants congolais pouvaient exercer une activité professionnelle salariée en France et en mentionnant dans l'arrêté que le requérant n'est pas en mesure de présenter le visa de long séjour, le certificat de contrôle médical ainsi que le contrat de travail visé par les autorités compétentes et que dès lors, il ne peut prétendre à la délivrance de plein droit d'une carte de séjour, le préfet d'Indre-et-Loire ne s'est pas fondé sur la circonstance que l'intéressé n'avait pas produit les pièces précitées mais sur le motif qu'il ne remplissait pas les conditions exigées par les stipulations de la convention franco-congolaise susvisée pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité de salarié. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel DELANDRE
La greffière,
Florence PINGUET-COMMEREUCLa République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.